Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Livres

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Portrait
Littérature
Livres
Arts
Société
Sport
Escapades
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Histoire . A travers des documents authentiques, Jean-Jacques Luthi, chercheur français spécialiste de l'histoire de l'Egypte moderne, dévoile dans Egyptiens au temps des vice-rois 1801-1863 (Paris, L’Harmattan, 2003) de nouvelles vérités sur l'économie et la politique de l'Egypte des khédives.
« L’Egypte est devenue autonome grâce
à la détermination de ses gouverneurs
 »
Al-Ahram Hebdo : En quoi votre livre est-il différent de vos autres publications sur l'histoire de l'Egypte moderne ?

Jean-Jacques Luthi : C’est le dernier des quatre volumes que j’ai consacrés à la vie quotidienne en Egypte depuis la fin du XVIIIe siècle au milieu du XXe siècle. Ils n’ont pas paru dans l’ordre chronologique, mais les lois du marché dépassent les auteurs et leurs éditeurs.

J’ai découvert des sources inédites ou très peu connues, notamment au ministère des Affaires étrangères. Il s’agit de la correspondance des consuls de France en poste en Egypte avec le ministère à Paris. Ce sont des lettres et documents divers, quasi hebdomadaires, que le consul adressait à son ministre de tutelle. On peut suivre par le détail de la vie politique, économique, culturelle et sociale de la contrée à la façon d’un périodique. Je n’ai pas négligé, non plus, de consulter les Archives nationales, ni la bibliothèque de l’institut. Ces recherches m’ont révélé de curieuses trouvailles, dont la suivante : Ismaïl pacha n’est pas le premier à porter le nom de khédive, mais bien Abbass Ier, à cette différence près que ce dernier l’avait reçu du sultan à titre personnel et non pas héréditaire comme cela s’est fait plus tard pour Ismaïl pacha. Autre découverte, celle de l’hymne national égyptien composé par le cheikh Réfaï Al-Tahtawi pour le vice-roi Mohamad Saïd et traduit en français par le Dr Perron !

 Que pensez–vous de la vie quotidienne en Egypte dans la première moitié du XIXe siècle ?

— Il est intéressant de constater comment une contrée — ici l’Egypte — passa de l’état de province ottomane à un statut d’autonomie grâce à la détermination de ses gouverneurs. Ils encouragèrent les écoles étrangères à s’installer dans la contrée et à accueillir les Egyptiens comme les immigrants venus nombreux œuvrer à la modernisation du pays, depuis le début du XIXe siècle. Une administration moderne se mit en place. L’armée égyptienne remporta des victoires décisives sur les Turcs. L’Egypte fit irruption dans le concert des nations d’où elle avait disparu depuis des siècles. Si Mohamad Ali fut l’artisan du réveil de la contrée, ses successeurs immédiats ne se montrèrent pas toujours à la hauteur des ambitions du fondateur de la dynastie. Bon gré mal gré, les Egyptiens entrèrent dans la voie de la modernité. Les idées, les techniques, les objets nouveaux se répandant, les obligèrent à prendre en compte tout un ensemble de connaissances et à les appliquer à leur quotidien.

 Maintenant que vous avez achevé l’étude de cette période de plus de cent cinquante ans, qu’en avez-vous conclu ?

— Ces recherches m’ont passionné malgré la difficulté dans la façon d’appréhender certains thèmes tels que l’évolution des mentalités locales au cours de la période envisagée. Si la vie rurale a peu évolué, l’urbanisation, en revanche, a fait de grands progrès. Les communications, les relations et les objets du négoce ont connu un rapide développement. Le chemin de fer (vers 1843) désenclave les diverses régions de la contrée, le Canal de Suez (1869) ouvre une voie nouvelle dans les relations entre l’Occident et l’Extrême-Orient, et Port-Saïd devient une escale obligatoire dans le trafic maritime. Mutatis mutandis, le peuple se voit obligé de suivre le mouvement, alors que les traditions pèsent lourd encore sur les esprits.

Propos recueillis par Ahmed Youssef
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631