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A l'occasion
de la Saint-Valentin, nous publions un extrait du livre des
Chansons, de Mounakhkhal,
poète antéislamiste, un superbe chant d'amour.
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| « Sermonneuse
chagrine, tu veux me détourner d'aimer. Mais va donc du côté
de l'Iraq, à Hirat, et renonce à me contrarier.
Ne t'informe
pas de ce que sont mes richesses ; que t'importe ?
Parle de ma générosité, de mes bienfaits.
Quand le souffle
des vents nous assiège et soulève le bord frémissant de nos
tentes, tu me trouves alors heureux de pouvoir te faire mes
largesses en jouant les premières flèches non empennées du
miçar (jeu de hasard).
Abou-Khouffi
me défend de prodiguer mes biens, mais il est venu à me lâcher
la bride.
J'ai d'autres
chamelles d'ailleurs, de leurs queues se battant les cuisses,
chamelles à longues tailles élancées, aux flancs agiles. Elles
courent, m'emportent tout poudreux, mes vêtements en désordre
et abîmés, mais je vais jusqu'au bout de la course.
Je vais et mes
vêtements traînent sur le dos du chemin, c'est à toi que je
vais ainsi, ô Alkhamah, fils de Syr.
A toi, l'homme
des bienfaits, le généreux, toi qui donnes les chamelles et
tout ce que tu élèves, esclaves, troupeaux.
Qui que tu sois,
qui vient à Alkhamah, il te donnera d'un cœur pur et sincère
ses mets savoureux et sucrés ; des vêtements et ses parures
sans nombres.
Il te fournira,
s'il le faut, des cavaliers ardents comme l'ardeur du feu,
choisis parmi les plus nobles têtes de la tribu.
Cavaliers à longues
côtes de maille, qu'ils savent retrousser jusqu'au cou, jusqu'aux
épaules, comme savent si bien faire les braves au fort des
batailles.
Cavaliers aux
nobles coursiers, ayant toujours le poitrail en avant dans
les combats, cavaliers vrais éperviers de carnage.
Hind bien-aimée,
qui jamais me consolerait si je venais à te perdre !
Chère Hind, qui me consolerait, moi ton captif, ton esclave !
Oh oui !
J'aime Hind et elle m'aime.
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Arabesques |
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La poésie
arabe anté-islamiste abonde de poèmes d'amour. Mounira Al-Ghayati
récapitule les sources d'inspiration qui ont influencé le
poète arabe.
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Pour
juger avec impartialité et sans idées préconçues l'œuvre
des écrivains arabes, il faut se reporter à l'époque où
les rois mérovingiens régnaient en Gaule, et se transporter
en pensées à la péninsule arabique.
L'Arabie, par
sa situation géographique, vivait isolée, et la rigueur
du climat et du sol forçait l'habitant à se déplacer d'un
campement à l'autre. C'est donc l'Arabe nomade qui, par
le genre même de vie, pouvait avoir le loisir et le goût
de la poésie. Ces fils du désert, au cours de leurs longues
et dangereuses randonnées donnaient libre cours à leur génie
poétique. L'amour, la guerre, la vengeance, l'hospitalité,
les plaisirs étaient les thèmes favoris de leurs chants.
Les images ne leur faisaient pas défaut pour exprimer leurs
pensées. Ils les puisaient autour d'eux.
L'eau, par
exemple, ce liquide limpide et pur, ce breuvage précieux,
a joué forcément un rôle important dans la vie et la langue
même de l'Arabe. Ainsi, la bédouine s'écrierait : « Que
ton œil soit rafraîchi par tes enfants » ou encore
« mon fils est la fraîcheur de mon œil ».
En dépeignant l'avare, l'Arabe dira : « Sa
main ne suinte pas ».
La nature était
donc la grande inspiratrice. Quoi de plus frais que ce beau
vers d'Imrou Al-Qays : « Les oiseaux de la
vallée gazouillent de joie comme s'ils étaient enivrés d'un
vin piquant et délicieux ... ». Les images
abondent dans la bouche de ces rapsodies, citons-en quelques-unes
au hasard : « Le mont Taabir, au milieu des
nuées qui se résolvaient en pluies, ressemblait à un vieillard
vénérable enveloppé dans un manteau rayé. Quelle nuit !
Les étoiles immobiles semblaient attachées à des rochers
par d'invisibles liens ».
Voici de nouvelles
perles, nées dans le désert, « lorsque les Pléiades
paraissent dans le ciel, brillantes comme une ceinture,
parsemées de pierreries, je me suis introduit auprès de
mon amante ».
Et voici un
tableau qui vous parle : « Les petits de l'autruche
suivent comme une enseigne la tête de leur père. Ils cheminent
sous ses ailes étendues semblables aux porteurs d'un brancard
funèbre, sur lequel retombent les draps mortuaires ».
La lune, principalement, était le symbole de beauté ou de
la femme, et le poète disait : « Ma maîtresse
avançait, semblable à la lune dans son plein, et les jeunes
filles, qui l'accompagnaient, formaient autour d'elle comme
un cortège d'étoiles éclatantes ». Heureusement,
pour eux, ils n'ont pas eu la malchance de la voir comme
un fromage suisse ! Mais cette analogie existe toujours
de nos jours. Et souvent, nous entendons l'homme exprimant
son admiration pour une jolie femme en disant : « Ya
amar (Ô, nuit) ». Ces hommes, au caractère
plutôt rude, prennent des accents les plus délicats. Ainsi,
Al-Aacha parle de la femme qu'il aime : « Elle
n'exhale pas une odeur plus suave et délicieuse, et elle
n'offre pas aux regards un spectacle plus enchanteur au
déclin du jour, que la prairie verdoyante dont le sol sablonneux,
alors qu'il est arrosé par des torrents de pluie et changé
en un parterre frais, couronné de plantes vigoureuses et
couvert de fleurs dans tout leur éclat, semble le disputer
au soleil ». Ici, la femme, c'est la terre et la
vie même.
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