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Diplomatie . Le président Moubarak a reçu le 8 février, au Caire, le premier ministre palestinien, Ahmad Qorei. La situation dans les territoires palestiniens et la rencontre prévue entre Qorei et son homologue israélien, Ariel Sharon, étaient au cœur des discussions.
Le Caire pousse à une relance du dialogue

La situation dans les territoires occupés et la relance des négociations israélo-palestiniennes étaient au centre des discussions, dimanche, entre le président Moubarak et le premier ministre palestinien, Ahmad Qorei. La visite du responsable palestinien intervient quelques semaines avant sa rencontre attendue à la fin du mois avec le chef du gouvernement israélien, Ariel Sharon. Qorei a examiné avec Moubarak le plan évoqué le 2 février par Sharon concernant l'évacuation de 17 des 21 colonies israéliennes de la bande de Gaza. Le premier ministre palestinien a souhaité que ce plan israélien se concrétise réellement. « J'espère que c'est vrai et que nous le verrons avoir lieu. (...) Mais pour être clairs, cela doit être un pas vers le démantèlement des colonies de Cisjordanie », a affirmé Qorei en soulignant qu'il s'agit d'un seul et même processus. La terre contre la paix, en Cisjordanie et à Gaza.

Ariel Sharon avait provoqué une surprise la semaine dernière en indiquant dans une interview au quotidien Haaretz avoir donné ordre de planifier l'évacuation de 17 des colonies de la bande de Gaza. L'Egypte, comme l'Autorité palestinienne, ont accueilli favorablement cette décision. Mais les Palestiniens craignent que tout en évacuant Gaza, Israël étende ses colonies en Cisjordanie.

En recevant cette semaine Ahmad Qorei, Le Caire a voulu coordonner ses vues avec les Palestiniens avant la rencontre prévue entre Qorei et Sharon. Le Caire est conscient que la décision de Sharon est une manœuvre israélienne visant à tromper la communauté internationale tout en maintenant la main sur la Cisjordanie. Cependant, les responsables égyptiens pensent que mieux vaut avoir Gaza que rien. C'est cette idée que l'Egypte a tenté d'exprimer au premier ministre palestinien.


Gaza d'abord, mais pas seulement

Ahmad Maher, le ministre égyptien des Affaires étrangères, a ainsi qualifié la décision israélienne de développement positif. Il a estimé qu'il s'agissait d'un retour à l'idée de « Gaza d'abord », base de l'accord du Caire entre Israéliens et Palestiniens en 1994 sur l'autonomie palestinienne. Pourtant, Maher a averti : « Il ne faut pas que cela se transforme en Gaza seulement ». D'après les observateurs, Sharon envisage de demander l'accord des Etats-Unis pour agrandir les colonies en Cisjordanie, en échange d'un retrait des colonies isolées dans ce territoire palestinien occupé et de celles de la bande de Gaza. L'Egypte, elle, veut créer un climat favorable à la reprise des négociations entre Israéliens et Palestiniens, seule solution selon elle pour relancer la paix. « Le seul fait de s'asseoir à la table de négociations redonnera de l'espoir aux citoyens des deux parties », a affirmé le président Moubarak. Il a toutefois estimé qu'une action américaine et européenne était indispensable à une relance des négociations.

Ahmad Qorei a déclaré à l'issue de son entretien avec le président Moubarak « qu'il y aura une rencontre avec Sharon avant fin février ». Qorei a précisé qu'une deuxième rencontre préparatoire entre son chef de cabinet, Hassan Abou-Libdeh, et le ministre palestinien chargé des négociations, Saëb Eraqat, d'une part, et le chef de cabinet de M. Sharon, Dov Weisglass, d'autre part, aurait lieu le 15 février pour préparer le sommet. « J'espère qu'il s'agira de la dernière rencontre préparatoire pour ce sommet. Après, il pourra avoir lieu », a ajouté Qorei, rappelant que lors de la première réunion préparatoire la semaine dernière à Jérusalem, toutes les questions à l'ordre du jour du sommet ont été examinées. « Mais nous ne sommes pas arrivés à un accord sur toutes les questions », a affirmé Qorei.

Après l'Egypte, Qorei a entamé une tournée européenne incluant la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne et la Belgique. C'est sa première sortie hors du Proche-Orient depuis sa nomination à la tête du gouvernement palestinien en automne 2003.

Les Palestiniens ont été désorientés par les déclarations de plusieurs pays européens estimant que la Cour Internationale de Justice (CIJ) de La Haye, saisie pour examiner la légalité du mur érigé par Israël en Cisjordanie, n'est pas habilitée à se prononcer sur le plan politique. Au Caire, les responsables égyptiens et palestiniens ont dénoncé la construction de ce mur. En ce qui concerne la contradiction entre les plans de démantèlement annoncés par Sharon et l'incursion israélienne dimanche à Rafah, durant laquelle un Palestinien a été tué, Qorei a estimé au Caire que « telle est la politique israélienne. (...) Nous voulons nous tenir prêts à faire face aux incursions à Gaza et en même temps pour remplir nos engagements si l'évacuation a lieu ».

Par ailleurs, l'Egypte a récemment exhorté le président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, à procéder à des réformes au sein de son mouvement, le Fatah, où des démissions massives ont été signalées ces derniers jours. Une réforme des services de sécurité palestiniens est également souhaitée par Le Caire. Le président Moubarak avait fait parvenir un message à cet effet lors de la visite fin janvier d’Ahmad Maher dans les territoires palestiniens, en compagnie du chef du service des renseignements égyptiens, Omar Souleimane.

Chérif Ahmed

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