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La vie mondaine
Cinéma . De jeunes scénaristes et de jeunes réalisateurs parviennent enfin à sortir le cinéma égyptien de l'ornière. Le meilleur exemple, le dernier film de Tamer Habib, Hob al-banate.

Enfin des films qui parlent vrais

Le jeune cinéaste Tamer Habib a su en peu de temps gagner le cœur des cinéphiles. C'est à lui que j'adresse ma lettre. Vous avez su attirer les jeunes et les moins jeunes, car vous avez su traduire nos paroles, nos sentiments. Votre deuxième film Hob al-banate (l'amour des filles) nous a profondément touchés, tout comme le premier, Sahar al-layali (Veillée nocturne), dont vous avez écrit le scénario, et qui a eu un franc succès. Hob al-banate évoque nos problèmes quotidiens. Chacun de nous s'identifie en quelque sorte à l'un de ces personnages. Vous cherchez dans votre film toute sorte d’amour et d’assurance. L’amour paternel et fraternel, l’amour envers les autres, cousins, voisins … L’histoire est très attirante. Parfois les films traitent de vrais problèmes avec de bonnes histoires. Mais malheureusement, les acteurs ne jouent pas leurs rôles parfaitement, et d’autres jouent très bien.

Mais ce film regroupe les deux, vous avez présenté une bonne histoire avec de bons acteurs qui ont très bien joué leur rôle. Nous étions convaincus par tous. Le film a exposé plusieurs problèmes sociaux, dont celui du père qui se marie avec plusieurs femmes. Et peut-être les enfants qui connaissent des problèmes psychologiques. D’autres qui craignent le mariage. Parfois, aussi la mère ne peut pas avouer un jour à sa fille qu’elle était fautive avec son père, et puis à la fin la fille arrive à avoir peur de tous les garçons et les déteste. Alors, à la fin nous parvenons à l'idée que l’amour peut parfois effacer tous les défauts.

Mirette Maurice Kamel,
Alexandrie.



A la mémoire de Rachel Corrie, martyre de la paix

Rachel Corrie, 23 ans, habitant Washington, a été brutalement tuée par l'armée israélienne à Gaza, le 16 mars 2003. Rachel était à Gaza pour s'opposer à la démolition illégale d'une maison palestinienne par l'armée israélienne, en tant que volontaire travaillant avec le Mouvement solidarité internationale. D'autres volontaires qui étaient avec elle ce jour-là ont assuré que le conducteur du bulldozer qui a tué la jeune femme savait que Rachel était là. Elle était vêtue de couleur orange, et utilisait une corne de brume électronique pour faire connaître sa présence. Mais le conducteur a continué à détruire la maison. Au début, il a laissé tomber le sable et d'autres débris lourds sur elle, puis le bulldozer l'a poussée à terre, où il a écrasé ses bras, ses jambes, son crâne. Elle a été transférée à l'hôpital, où elle est finalement décédée.

Rachel Corrie est morte en protégeant les droits des Palestiniens innocents qui ont été collectivement punis par le gouvernement israélien et son armée. Nous demandons que le gouvernement américain mène une enquête sur la mort de cette jeune fille, qu'il dénonce publiquement le gouvernement israélien pour son comportement irresponsable, et réévalue son soutien aux activités illégales et violentes du gouvernement israélien dans les territoires palestiniens occupés. Rachel a représenté le meilleur de l'Amérique dans son combat pour la justice, mais c'est un bulldozer américain qui l'a tuée.

Ahmed Negm,
Alexandrie.



Soyons plus tolérants !

Entre l'Egypte et moi, c'est une grande histoire d'amour. Histoire d'amour que je poursuis à distance grâce à ce magazine. J'ai toujours été passionnée par ce pays, par sa culture et son histoire. J'ai attendu 20 ans avant de réaliser mon rêve de découvrir enfin ce pays. Cela a été une révélation, des paysages magnifiques, des sites extraordinaires et un peuple accueillant, généreux et chaleureux. Quant à la première fois que j'ai pénétré dans la Grande Pyramide, j'ai pleuré.

Depuis mon premier séjour, j'y suis retournée deux autres fois et il y en aura sûrement d'autres. Tout ceci pour vous dire mon attachement à ce pays et à son peuple que je trouve très « doux » et tolérant.

C'est pourquoi ce que je lis et entends en ce moment m'attriste et me chagrine. Cette polémique autour du foulard islamique et de la laïcité. J'ai un peu l'impression d'être prise entre deux feux. Je ne veux pas juger ou prendre parti pour l'un ou pour l'autre. Je veux simplement donner ma vision des choses telles que je les perçois actuellement.

D'un côté, il y a la France qui a toujours été une alliée des pays arabes et une terre d'accueil pour tous les peuples. C'est l'un des rares pays à avoir une telle liberté de culte. Tous les ans, sont organisés des cérémonies et des défilés, et des quartiers entiers sont bloqués et fermés pour célébrer fêtes hindoues, juives, musulmanes, nouvel an chinois, etc. Les écoles et les administrations publiques sont laïques, aucune distinction n'est faite entre les enfants à l'école. En revanche, dans les écoles privées, les enfants reçoivent une éducation religieuse..

Il est vrai qu'en France une femme est une femme, on ne dit pas c'est une catholique, une juive ou une musulmane. La religion est propre à chacun dans son intimité, sa vie privée. C'est ainsi.

Il y a ensuite eu cette loi et ses conséquences très dures. Tout à coup, la France est apparue comme l'empêcheur de tourner en rond. Après avoir été acclamée pour son soutien contre la guerre en Iraq, voilà qu'à présent elle est montrée du doigt.

D'un autre côté, lorsque je me rends en Egypte, je fais très attention à ma tenue vestimentaire, je ne porte pas de vêtements trop courts, trop moulants ou trop décolletés, parce que je respecte et aime ce pays et ses usages. Par ailleurs, si vous vous rendez en Iran, les touristes femmes doivent avant même de quitter l'avion, porter des jupes longues ou des pantalons et mettre un foulard sur leur tête en public et ce pendant toute la durée de leur séjour dans le pays indépendamment du fait qu'elles ne sont que touristes et pas forcément musulmanes. C'est la loi du pays, on la respecte et on s'adapte.

A l'inverse, en Egypte même, d'après ce que j'ai lu dans le n°489 d'Al-Ahram Hebdo, certains secteurs d'activités interdisent le port du foulard.

Je ne dis pas que ce soit une bonne chose, cette histoire prend de trop grandes proportions de part et d'autre. On ne peut bien sûr en France tolérer une femme voilée tel qu'on l'entend, mais en quoi par exemple un simple bandana serait choquant si cela lui permet d'être en paix avec elle-même tout en se sentant pleinement française ? On ne peut pas non plus les « forcer » sinon la devise française « Liberté, Egalité, Fraternité » n'aurait plus aucun sens.

Je pense qu'il faut relativiser les choses, essayer de se comprendre un peu plus les uns les autres, avoir un peu plus de tolérance de part et d'autre et essayer de s'accepter tels que nous sommes pour, idéalement, vivre ensemble le mieux possible.

Nathalie Rigo,
Paris.

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