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Presse. Tout le monde demande le changement, sans avoir d'attentes très précises. Dans quelle mesure est-ce possible, à quelle échéance ? La presse tente de lancer des pistes.

Changer, mais comment ?

Il n'y a personne en Egypte qui ne parle pas de « changement ». Est-il oui ou non possible ? A court terme ou dans un délai très lointain ? Quelles sont les priorités de ce changement, et qui s'en chargera ? Est-ce le peuple égyptien lui-même, les intellectuels, le gouvernement, ou encore les Etats-Unis ? Beaucoup d'interrogations sont ainsi soulevées cette semaine par la presse égyptienne.

Très pessimiste, l'éminent économiste Galal Amine explique dans l'hebdomadaire Sout Al-Oumma que « nous traversons l'une des périodes les plus déprimantes de l'histoire moderne de l'Egypte. Du point de vue politique, économique, et culturel ». A l'écouter, « le changement est impératif et facile ».

Pour Galal Amine, les causes de la détérioration de la situation sont dues à deux raisons essentielles. « La première est mondiale, avec l'hégémonie d'une société de marché, qui a transformé l'être humain en un produit. La seconde raison est interne, et a débouché sur une forte tension de la société égyptienne. Il s'agit d'une forte baisse de la croissance accompagné d'une chute du PIB. La libéralisation de la livre égyptienne n'a fait qu'empirer les choses avec une hausse de l'inflation ». Galal Amine va encore plus loin, en soulignant qu'une des plus graves conséquences de notre politique économique est « la division en deux camps : celui des riches et celui des pauvres, qui se retrouvent à cohabiter sans aucun point commun ». Il estime qu'« il est fort possible que le prochain changement se fera à l'égyptienne, tout en prenant en considération la volonté américaine ».

L'écrivain Fahmi Howeidi dresse sa propre analyse dans l'hebdomadaire Al-Osboue. « Personne ne peut s'empêcher d'établir un lien entre ces deux éléments : une réforme à l'intérieur accompagnée d'une entente entre la société et le pouvoir, et une réforme à l'extérieur, où il y aurait une entente du pouvoir avec l'étranger ».

Howeidi appelle aussi « au dialogue national entre les différentes forces politiques, les intellectuels d'une part, et les représentants du pouvoir d'autre part. Il appelle aussi tout les pays arabes à l'établissement d'institutions de la société civile pouvant permettre aux ONG d'avoir un rôle actif ». Les Egyptiens ainsi que tous les Arabes doivent donc accélérer leurs réformes démocratiques avant qu'il ne soit trop tard.

Hoda Ghali
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Monastir, Monastir,
morne plaine

Une fois de plus, les Pharaons sont loin de mériter ce titre qu'on leur affuble, selon cette coutume haute en couleur qui attribue à chaque équipe nationale une appellation quasiment folklorique. Ne peut être pharaon qui veut. Et les Egyptiens l'ont appris à leurs dépens lors de la dernière Coupe d'Afrique des nations. Lions Indomptables et Fennecs se sont bien joués d'eux. Or, il n'y avait rien de nouveau à cette déconvenue, ni rien d'exceptionnel non plus. Au football comme ailleurs, on peut perdre par pure malchance. On peut gagner aussi sans le mériter, c'est la règle. Cela dit, ce n'est pas pour prendre la défense de l'équipe et de la fédération, ni pour leur fournir des excuses, mais simplement pour s'étonner de l'allure de débâcle nationale qu'a prise l'affaire. Le foot est certes le sport le plus populaire en Egypte comme un peu partout dans le monde. Il mobilise les foules, mais d'ici à vivre une défaite comme une humiliation nationale, il y a un pas que d'aucuns ont franchi allègrement. Dans certaine presse sportive, disons presque partout, ce n'est que demandes d'enquêtes, de limogeage, et autres chasses aux sorcières. La presse à scandales n'y est pas allée de main morte elle aussi en faisant des « révélations » sur le comportement des joueurs qui auraient festoyé en compagnie de jolies tunisiennes. Tant et si bien qu'un service d'ordre a été déployé à l'aéroport du Caire au retour de l'équipe pour éviter des agressions éventuelles de la part de supporters surchauffés. Et tout le monde de mettre l'accent sur une importance inouïe du foot pour le peuple qui a donc été bafoué et trahi par les stars du ballon rond et leurs dirigeants. Au-delà du fait que de tels comportements ne pourront résoudre de manière pratique les problèmes du football égyptien, il y a une véritable focalisation sur ce sport, qui fait de lui un véritable opium du peuple. Et au-dessus de tout, cette notion de fair-play qui est complètement mise à l'écart. Toute défaite devient intolérable. Ainsi, Monastir, où l'équipe égyptienne s'est inclinée, est quasiment devenue le triste lieu d'une défaite sanglante.

Ahmed Loutfi

 

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