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L'Autorité
palestinienne cherche à mettre en échec l'offensive diplomatique
israélienne sur le mur de sécurité, et tente de rallier l'Europe
à son initiative juridique auprès de la Cour Internationale
de Justice de La Haye (CIJ), saisie de la construction par Israël
du « mur » en Cisjordanie.
Le premier ministre
Ahmad Qorei a quitté dimanche Le Caire pour se rendre en Irlande
puis en Italie, d'où il regagnera la Cisjordanie, avant de repartir
pour des visites à Bruxelles, Londres, Paris et Berlin, a indiqué
dimanche son bureau.
Bien que l'Europe
s'oppose fermement à la construction de la ligne de séparation,
elle a irrité les Palestiniens en considérant, comme les Etats-Unis
et la Russie, que le recours à la CIJ était « inapproprié »,
comme le soutient Israël.
Hafez Al-Barghouti,
le rédacteur du journal officieux de l'Autorité palestinienne
Al-Hayat Al-Jadida, a déclaré que la position européenne
sur la CIJ était « très décourageante ». Selon
lui, M. Qoreï va tenter de la modifier en soulignant les « grands
risques que comporte la situation présente ».
La CIJ doit examiner
à partir du 23 février le dossier de la ligne de sécurité, après
que l'Assemblée générale des Nations-Unies eut adopté, le 8
décembre, une résolution lui demandant de se prononcer sur les
conséquences légales de l'édification par Israël de cet ouvrage
que l'Assemblée générale a condamné. La ligne de sécurité était
censée initialement épouser à peu près le tracé de la « ligne
verte », séparant le territoire d'Israël de celui de
la Cisjordanie occupée en 1967.
Elle a été qualifiée
de « mur de l'Apartheid » par les Palestiniens,
du fait qu'elle s'enfonce profondément par endroits en Cisjordanie
pour protéger des colonies juives. Des dizaines de localités
palestiniennes et des faubourgs de Jérusalem-Est vont, selon
le tracé prévu actuellement, être encerclés par cette barrière,
qui isolera à terme 350 000 Palestiniens.
Dans une tentative
israélienne de calmer la tension, le quotidien israélien Haaretz
a indiqué dimanche que le tracé pourrait être corrigé et la
ligne déplacée vers l'ouest, plus près de la « ligne
verte ». Selon le journal, Dov Weisglass, chef de cabinet
du premier ministre israélien, Ariel Sharon, a indiqué que le
tracé définitif de la ligne de séparation s'étirera sur 600
km, soit sur 100 km de moins que celui approuvé par le gouvernement
israélien. Ce nouveau tracé doit être présenté à trois responsables
américains attendus dans les prochains jours à Jérusalem, Steve
Hadley et Elliot Abrams, du Conseil national de sécurité, ainsi
que William Burns, secrétaire d'Etat adjoint chargé du Proche-Orient.
Toutefois, cette
déclaration est loin de répondre aux attentes des Palestiniens.
Le ministre palestinien des Collectivités locales, Jamal Choubaki,
a averti que les Palestiniens ne se satisferaient pas d'une
telle modification, dans la mesure où la ligne continuera à
s'enfoncer en Cisjordanie. « Israël est libre de construire
un mur sur son territoire, le long de la ligne verte mais pas
en Cisjordanie et l'ouvrage actuel doit être démantelé, car
il est un obstacle à la paix », a-t-il rappelé.
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Sur un autre
plan, le premier ministre israélien, Ariel Sharon, tentait dimanche
de rallier les ministres réticents de son parti à son plan unilatéral
de séparation d'avec les Palestiniens. « M. Sharon a
rencontré Sylvan Shalom (Affaires étrangères) et doit
s'entretenir dans les jours à venir avec d'autres ministres
du Likoud pour expliquer les principes de son plan unilatéral
de séparation qu'il tente de finaliser », a indiqué
son porte-parole, Assaf Shariv. Il a précisé que le premier
ministre va dans le même but discuter avec les ministres des
Finances, de l'Education et de l'Agriculture. Tous sont hostiles
au plan de séparation qui prévoit notamment le démantèlement
de 17 colonies de la bande de Gaza et de plusieurs autres isolées
en Cisjordanie.
Selon M. Shalom,
ce plan — totalement contraire à l'idéologie de la
droite nationaliste — doit inéluctablement provoquer
l'effritement de la coalition gouvernementale, avec le départ
des formations ultras, le Parti national religieux, et l'Union
nationale. Une douzaine de députés de la mouvance « dure »
du Likoud, sur les quarante qui le représentent à la Chambre,
ont indiqué vouloir s'opposer à ce plan.
Sharon compte non
seulement convaincre son cabinet de son plan mais aussi les
Etats-Unis. Un officiel israélien a affirmé sous couvert d'anonymat
« qu'en l'absence de partenaire palestinien, Israël
espère obtenir le feu vert de principe de Washington pour l'intégration
future à son territoire de trois blocs de colonies dans les
secteurs d'Ariel, Maalé Adoumim et Goush Etzion » en
Cisjordanie. M. Sharon, qui doit être reçu en principe fin février
à la Maison Blanche par le président George W. Bush, envisage
de demander l'accord des Etats-Unis pour agrandir des colonies
en Cisjordanie, en échange d'un retrait de colonies isolées
dans ce territoire palestinien occupé et de celles de la bande
de Gaza.
Le vice-premier
ministre israélien Ehud Olmert, en visite à Washington, a estimé
que les Américains approuveraient au moins tacitement ce « plan
de séparation » qui est selon lui conforme à la « vision »
du règlement du conflit du président George W. Bush tel qu'il
l'avait présentée en juin 2002.
« Je sors
de mes entretiens renforcé dans l'idée que les Etats-Unis ne
s'opposent pas à des mesures unilatérales » envisagées
par M. Sharon, a déclaré M. Olmert après des entretiens jeudi
avec le vice-président Dick Cheney et le secrétaire d'Etat,
Colin Powell. |