Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Le monde en bref

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde
en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Portrait
Littérature
Livres
Arts
Société
Sport
Escapades
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Palestine . Les Palestiniens essayent de rallier l'Europe à leur combat contre la ligne de sécurité, alors qu'Israël tente d'obtenir le feu américain vert pour son plan de séparation.
Chacun cherche son camp

L'Autorité palestinienne cherche à mettre en échec l'offensive diplomatique israélienne sur le mur de sécurité, et tente de rallier l'Europe à son initiative juridique auprès de la Cour Internationale de Justice de La Haye (CIJ), saisie de la construction par Israël du « mur » en Cisjordanie.

Le premier ministre Ahmad Qorei a quitté dimanche Le Caire pour se rendre en Irlande puis en Italie, d'où il regagnera la Cisjordanie, avant de repartir pour des visites à Bruxelles, Londres, Paris et Berlin, a indiqué dimanche son bureau.

Bien que l'Europe s'oppose fermement à la construction de la ligne de séparation, elle a irrité les Palestiniens en considérant, comme les Etats-Unis et la Russie, que le recours à la CIJ était « inapproprié », comme le soutient Israël.

Hafez Al-Barghouti, le rédacteur du journal officieux de l'Autorité palestinienne Al-Hayat Al-Jadida, a déclaré que la position européenne sur la CIJ était « très décourageante ». Selon lui, M. Qoreï va tenter de la modifier en soulignant les « grands risques que comporte la situation présente ».

La CIJ doit examiner à partir du 23 février le dossier de la ligne de sécurité, après que l'Assemblée générale des Nations-Unies eut adopté, le 8 décembre, une résolution lui demandant de se prononcer sur les conséquences légales de l'édification par Israël de cet ouvrage que l'Assemblée générale a condamné. La ligne de sécurité était censée initialement épouser à peu près le tracé de la « ligne verte », séparant le territoire d'Israël de celui de la Cisjordanie occupée en 1967.

Elle a été qualifiée de « mur de l'Apartheid » par les Palestiniens, du fait qu'elle s'enfonce profondément par endroits en Cisjordanie pour protéger des colonies juives. Des dizaines de localités palestiniennes et des faubourgs de Jérusalem-Est vont, selon le tracé prévu actuellement, être encerclés par cette barrière, qui isolera à terme 350 000 Palestiniens.

Dans une tentative israélienne de calmer la tension, le quotidien israélien Haaretz a indiqué dimanche que le tracé pourrait être corrigé et la ligne déplacée vers l'ouest, plus près de la « ligne verte ». Selon le journal, Dov Weisglass, chef de cabinet du premier ministre israélien, Ariel Sharon, a indiqué que le tracé définitif de la ligne de séparation s'étirera sur 600 km, soit sur 100 km de moins que celui approuvé par le gouvernement israélien. Ce nouveau tracé doit être présenté à trois responsables américains attendus dans les prochains jours à Jérusalem, Steve Hadley et Elliot Abrams, du Conseil national de sécurité, ainsi que William Burns, secrétaire d'Etat adjoint chargé du Proche-Orient.

Toutefois, cette déclaration est loin de répondre aux attentes des Palestiniens. Le ministre palestinien des Collectivités locales, Jamal Choubaki, a averti que les Palestiniens ne se satisferaient pas d'une telle modification, dans la mesure où la ligne continuera à s'enfoncer en Cisjordanie. « Israël est libre de construire un mur sur son territoire, le long de la ligne verte mais pas en Cisjordanie et l'ouvrage actuel doit être démantelé, car il est un obstacle à la paix », a-t-il rappelé.


Israël compte sur l'appui américain

Sur un autre plan, le premier ministre israélien, Ariel Sharon, tentait dimanche de rallier les ministres réticents de son parti à son plan unilatéral de séparation d'avec les Palestiniens. « M. Sharon a rencontré Sylvan Shalom (Affaires étrangères) et doit s'entretenir dans les jours à venir avec d'autres ministres du Likoud pour expliquer les principes de son plan unilatéral de séparation qu'il tente de finaliser », a indiqué son porte-parole, Assaf Shariv. Il a précisé que le premier ministre va dans le même but discuter avec les ministres des Finances, de l'Education et de l'Agriculture. Tous sont hostiles au plan de séparation qui prévoit notamment le démantèlement de 17 colonies de la bande de Gaza et de plusieurs autres isolées en Cisjordanie.

Selon M. Shalom, ce plan — totalement contraire à l'idéologie de la droite nationaliste — doit inéluctablement provoquer l'effritement de la coalition gouvernementale, avec le départ des formations ultras, le Parti national religieux, et l'Union nationale. Une douzaine de députés de la mouvance « dure » du Likoud, sur les quarante qui le représentent à la Chambre, ont indiqué vouloir s'opposer à ce plan.

Sharon compte non seulement convaincre son cabinet de son plan mais aussi les Etats-Unis. Un officiel israélien a affirmé sous couvert d'anonymat « qu'en l'absence de partenaire palestinien, Israël espère obtenir le feu vert de principe de Washington pour l'intégration future à son territoire de trois blocs de colonies dans les secteurs d'Ariel, Maalé Adoumim et Goush Etzion » en Cisjordanie. M. Sharon, qui doit être reçu en principe fin février à la Maison Blanche par le président George W. Bush, envisage de demander l'accord des Etats-Unis pour agrandir des colonies en Cisjordanie, en échange d'un retrait de colonies isolées dans ce territoire palestinien occupé et de celles de la bande de Gaza.

Le vice-premier ministre israélien Ehud Olmert, en visite à Washington, a estimé que les Américains approuveraient au moins tacitement ce « plan de séparation » qui est selon lui conforme à la « vision » du règlement du conflit du président George W. Bush tel qu'il l'avait présentée en juin 2002.

« Je sors de mes entretiens renforcé dans l'idée que les Etats-Unis ne s'opposent pas à des mesures unilatérales » envisagées par M. Sharon, a déclaré M. Olmert après des entretiens jeudi avec le vice-président Dick Cheney et le secrétaire d'Etat, Colin Powell.

Rania Adel
Retour au sommaire
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631