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dCinéma . Beaucoup plus riche que les années précédentes, la sélection officielle du 54e Festival de Berlin reflète presque tous les problèmes politiques d'aujourd'hui et même ceux du passé.
L'amour au travers de la politique

Berlin,
De notre envoyé spécial —

Représentant avec Cannes et Venise, les rendez-vous les plus importants du cinéma mondial, le Festival de Berlin (du 5 au 15 février) a choisi depuis longtemps d'être le plus politique parmi tous. Sans jamais tomber dans la propagande ni suivre les rêves-clichés, la sélection de Berlin parle politique à travers des histoires d'amour. Avec le film de l'ouverture, Cold Mountain (Montagne froide), on retrouve le réalisateur américain Anthony Minghela (qui a déjà signé Le Patient anglais, il y a quelques années).Ce film nommé pour plusieurs Oscars traite de la guerre civile américaine à travers le parcours d'un guerrier blessé qui fait l'impossible pour rejoindre sa bien-aimée. La compétition officielle, elle, mêle grands noms et nouveaux talents. Le réalisateur anglais Ken Loach aborde dans Ae Fond Kiss un sujet délicat, à savoir : l'amour compliqué entre une femme catholique et un immigré pakistanais. Son compatriote John Boorman ne s'éloigne pas lui aussi de la politique puisqu'il consacre son film à l'apartheid en Afrique du Sud, dix ans après la transition démocratique du pays. Son film In country of my Skull, dresse une autre histoire d'amour très étrange entre un journaliste américain noir et une femme sud-africaine blanche. Trilogy : The Weeping Meadow est le titre du film du grand réalisateur grec Théo Angelopoulos lequel évoque à son tour l'histoire de son pays de 1919 jusqu'à la fin de la deuxième guerre mondiale. Toujours par le biais d’une passion acharnée entre un homme et une femme, le film est le premier d'une trilogie qui a pour but de tracer l'histoire intégrale de la Grèce. Les Français ne s'éloignent pas eux aussi de ce champ ; puisque le réalisateur Eric Rohmer aborde dans Triple agent la guerre civile espagnole. Dans ce film, un jeune Russe s'échappe avec sa femme grecque à Paris et accepte de devenir espion. Du côté scandinave, le réalisateur norvégien Hans Peter Molland décrit, dans Beautiful Country, la situation difficile d'un Vietnamien qui part aux Etats-Unis à la recherche de son père ; entre-temps, il est accusé d'être un réfugié clandestin. Quant aux plus jeunes réalisateurs de la compétition, ils ne manquent pas de débattre des problèmes sociopolitiques de leurs pays suivant d'autres manières plus directes, parfois même agressives. Le héros du film argentin, El Abrazo partido (L'embrase perdu) de Daniel Burma, esquisse l’histoire de deux « égarés » de la société qui changent leur nationalité pour échapper à la pauvreté. Dans le film coréen Samaria (Filles de Samarie) de Kim Ki-Dunk, des filles se prostituent dans la simple perspective de voyager en Europe. L'Asie est présente pour sa part avec le film de Sylvia Chang, 20, 30, 40 qui suit trois femmes de trois générations différentes, relevant le défi de la vie actuelle à Hong-Kong. Le Colombien Joshua Marston raconte dans son film Maria Full of Grace (Marie pleine de grâces) comment une jeune fille colombienne de 17 ans qui cultive les fleurs devient trafiquante de drogue. Quant aux pays arabes, ils sont indirectement présents, grâce au film du jeune Libanais Omar Naïm (fils de l'actrice libanaise de renom Nidal Achqar). Ce dernier participe avec son premier long métrage The Final Cut, produit par une société américaine et interprété par les stars Robin Williams et Mira Sorvino. Ce jeune réalisateur a opté pour un sujet unique et nouveau. Il s'agit de l'invention d'une puce que l’on peut greffer dans le corps humain dès la naissance pour enregistrer toutes sortes d'émotions et d'expériences. Des compagnies de montage sont supposées alors prendre ces puces à la mort des gens pour en faire un film qui sera présenté durant leurs obsèques. Un monteur surdoué (Robin Williams) redécouvre sa propre vie, en disséquant celle de autres. L'Allemagne elle-même, se taille une part du gâteau politico-sentimental offert à Berlin. Head On (Tête nue), de l'Allemand-turc Fatih Akin, suit le destin de la deuxième génération des immigrés turcs en Allemagne. Une jeune fille ne réussit pas à se suicider, souffrant de contraintes familiales et religieuses propres à sa culture. Elle connaît l'amour stable avec un Allemand d'origine turque qui partage avec elle les mêmes soucis identitaires. Néanmoins, la sélection officielle n'est pas la seule section du festival où l’on retrouve les soucis politiques. Le Forum, le Berlinale Speciale et le panorama y accordent également un intérêt particulier. L'ours (icône et statut du festival) ira sans doute à la fiction la plus réelle, à l’image du monde d'aujourd'hui.

Ahmed Atef

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