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Liban .
Après trois années de croissance
ralentie, les indicateurs économiques sont repartis au vert
en 2003, grâce aux aides accordées par des bailleurs de fonds.
Mais l'Etat a du mal à enclencher son programme de privatisation
et à éponger les dettes publiques. |
Timidement,
la reprise se dessine |
L'année
2003 annonce le début de l'essor de l'économie libanaise. |
| Le
pays a enregistré une croissance de 3 % en 2003, soit 1 %
de plus que l'année précédente. Même si elle est qualifiée de
« timide » par une étude britannique réalisée
par The Economic Intellengence Unit (cellule d'analyse
de la revue britannique The Economist), cette croissance
— encourageante quand on sait que le pays avait une croissance
de 0 % — serait due aux effets positifs de la conférence
de Paris II. Lors de cette réunion, qui s'est tenue le
23 novembre 2002 afin de collecter des aides pour faire sortir
le Liban de sa grave crise économique, les bailleurs de fonds
internationaux ont accordé au Trésor public libanais 2,6 milliards
de dollars à des taux préférentiels en 2003. « L'apport
financier de Paris II a permis de contourner une crise immédiate.
L'injection de cette somme dans le Trésor public a poussé les
Libanais à reprendre confiance dans leur monnaie nationale »,
explique le rapport, qui prévoit pour 2004 un taux de croissance
de 2,6 %, grâce à la hausse de la consommation privée et
aux investissements. De même, le gouverneur de la Banque Centrale
du Liban (BCL), Riyad Salamé, explique que « les
sommes accordées par les donateurs ont fini par convaincre les
banques privées de souscrire aux bons du Trésor à hauteur de
3,6 milliards de dollars à taux zéro, sur deux ans. Ceci a eu
des effets positifs sur la structure des taux d'intérêt, qui
ont chuté de plus de 60 % en 2003 ».
Riyad Salamé estime
que cette situation a eu de bonnes répercussions sur la performance
du secteur bancaire et de la Bourse libanaise, qui ont profité
du retour de la confiance dans l'économie libanaise. Le total
des dépôts bancaires a atteint, à son avis, 50 milliards de
dollars en 2003. De même, les profits réalisés par les banques
ont enregistré une hausse de 85 % au cours des 9 premiers
mois de 2003, et les actifs bancaires ont augmenté de 12 %,
enregistrant 58 milliards de dollars en octobre 2003.
Par ailleurs, les
réserves en devises ont atteint un record, avec quelque 12 milliards
de dollars. « La conversion en livre de l'équivalent
de 3 milliards de dollars a porté les réserves à un niveau jamais
atteint », a indiqué le ministre libanais des Finances,
Fouad Sanioura, lors d'une conférence de presse. Quant à la
Bourse de Beyrouth, la capitalisation s'élève à 2,51 milliards
de dollars en 2003. Le rapport estime qu'elle souffre d'un manque
de liquidités, les transactions ayant augmenté au premier semestre
2003 grâce au climat favorable, avant de faiblir au cours du
second semestre. Le volume des échanges est passé à 117 millions
de dollars en 2003, contre 94 millions de dollars en 2002.
En fait, cette
bonne performance se répercute sur la balance des paiements,
qui a enregistre un excédent historique de 3,4 milliards de
dollars en 2003, d’après les chiffres officiels de la BCL publiés
jeudi dernier. Selon Fouad Sanioura, « cet excédent
est dû aux transferts de fonds des Libanais vivant à l'étranger
et dans les pays arabes. Ainsi que des revenus du tourisme,
un secteur qui a dépassé pour la première fois depuis la guerre
civile (1975-1990) la barre d'un million de touristes ». |
Une dette publique qui pèse lourd
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Toutefois, le
cabinet d'audit Standards & Poors a maintenu
pour 2003 une analyse négative de l'économie libanaise à cause
de l'échec du gouvernement à activer la politique stratégique
des réformes proposée lors de la conférence Paris II. Cette
stratégie vise à réduire les dettes publiques à travers la
privatisation et la réduction du déficit budgétaire. En effet,
le gouvernement a rencontré d'énormes difficultés à réduire
les dettes publiques, qui s'élevaient à 33 milliards de dollars
en décembre 2003 (plus de 180 % du Produit Intérieur
Brut, PIB). « Et ce en raison des dépenses contractées
par le gouvernement », explique le gouverneur de
la BCL. Le gouvernement n'a pas non plus réussi à maîtriser
un déficit budgétaire récurrent, supérieur à 13 % du
PIB, en raison des services de la dette, du poids démesuré
de l'Etat et de la corruption. En fait, toutes les tentatives
du gouvernement étaient insuffisantes.
Au début, le
gouvernement a utilisé les crédits accordés lors de Paris
II pour remplacer les dettes, dont le taux d'intérêt était
trop élevé, par d'autres aux taux d'intérêt plus faibles.
Et ce pour réduire les services des dettes publiques annuelles
qui s'élèvent à 400 millions de dollars. Un résultat donc
modeste. Le ratio dette/PIB a baissé à 180 % en 2003.
La deuxième mesure
prise comprenait le lancement de bons du Trésor pour 150 milliards
de livres libanaises en novembre 2003, avec un taux d'intérêt
de 7,84 % remboursable sur 3 ans. Ces sommes seront utilisées
pour financer les services des dettes et le déficit budgétaire.
Le ministère des Finances avait également annoncé le lancement
de bons du Trésor tous les quinze jours en cas de besoin pour
combler le déficit budgétaire. « Le montant des dettes
publiques atteindra en moyenne 35 milliards de dollars en
2004 si le gouvernement n'applique pas la politique de réforme.
Il ne faut pas s'attendre à un Paris III qui devrait succéder
à Paris II si le gouvernement n'arrive pas à appliquer cette
stratégie dans les délais les plus brefs », avertit
Fouad Sanioura.
De son côté,
Agustin Carstens, directeur général adjoint du Fonds Monétaire
International (FMI), estime que le Liban doit augmenter ses
taxes et améliorer la gestion de ses revenus pour réduire
les dettes publiques. Mais les syndicats et les employés refusent
de leur côté toute augmentation de la Taxe sur la Valeur Ajoutée
(TVA). Ils rejettent toute augmentation des impôts et réclament
en revanche une hausse des salaires, bloqués depuis 1996.
Le gouvernement
a échoué dans la mise en place de son programme de privatisation,
qui aurait pourtant permis d'augmenter les ressources étatiques
de 5 milliards de dollars. « Cette somme pourrait
entraîner une baisse des dettes publiques et des services
des dettes de 5 % », souligne un économiste
sous couvert d'anonymat. Cependant, aucune mesure n’a été
adoptée pour accélérer la privatisation en raison des tensions
et des tiraillements politiques entre le premier ministre,
Rafiq Hariri, et le président de la République Emile Lahoud.
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Gilane
Magdi |
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Taux de croissance
de l'économie libanaise (en pourcentage)
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Source :
Al-Ahram Hebdo et Banque mondiale
Croissance inattendue
Le Liban est passé
par une très grave crise économique depuis l'année 2000, où
le taux de croissance était nul. Cette situation a poussé le
gouvernement à faire appel aux bailleurs internationaux pour
remplir ses caisses. En 2003, l'économie libanaise a toutefois
enregistré un taux de croissance inattendu de 3 %. Certains
analystes prévoient une croissance de 2,6 % en 2004.
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