| Al-ahram
hebdo : Que ressentez-vous suite à votre victoire aux élections
de la présidence de la Fédération internationale de handball
?
Hassan
Moustapha : Bien sûr, je suis très heureux. Mais mes sentiments
ont varié entre l’annonce de ma victoire et celle du résultat
du vote (85 voix contre 46). J’étais un peu déçu car je voulais
avoir une majorité écrasante face à mon adversaire suédois,
ce qui n’a pas été le cas.
—
Une différence de 39 voix n’est-elle pas suffisante ?
—
Si, mais j’espérais une plus grande majorité que les deux tiers.
L’absence de 15 membres du continent africain a réduit la marge
de la victoire, alors que tous les membres de l’Union Européenne
(UE) étaient présents pour soutenir Staffan Holmqvist et essayer
même d’attirer certaines autres voix. Puis le cheikh Ahmad Al-Fahd
Al-Sabah, président de la Confédération asiatique, était lui
aussi absent. Cependant, ce dernier n’a cessé de me contacter
pour m’assurer que j’avais toute sa confiance et aussi celle
des siens. Je voudrais le remercier vivement, ainsi que Christophe
Yapo Achy et Manoel Luiz Oliveira, présidents des Confédérations
africaine et sud-américaine pour leur support.
—
Avez-vous réalisé le programme que vous aviez exposé en 2000
lors de votre première élection ?
—
En grande partie, oui. J’ai réussi à procurer à la fédération
un siège permanent au lieu de l’ancien qui était sous contrat
de location, ce qui était très important pour préserver la dignité
et le prestige de la fédération. Mais le plus important est
que j’ai réussi à accroître les revenus de la fédération, fait
qui a énormément contribué au développement du jeu. A titre
d’exemple, j’ai signé un nouveau contrat avec une société de
marketing pour 18 millions de francs suisses sur trois ans au
lieu de l’ancienne société, qui avait offert 13 millions sur
13 ans. De même que j’ai réussi à négocier une élévation de
notre part des primes auprès du Comité olympique international
pour arriver à 8,12 millions de dollars à Athènes 2004, contre
5,55 millions à Sydney 2000.
—
Et à quoi cela a-t-il abouti ?
—
La multiplication de nos revenus nous a permis de développer
le jeu et de le répandre. Durant les quatre dernières années,
nous avons versé plus de 3 millions de francs suisses en subventions
à 111 fédérations nationales, sur un total de 156 affiliées
à la Fédération internationale, que ce soit en argent liquide
ou en équipements. De même que nous avons décidé de récompenser
par des primes les sélections qualifiées pour les Championnats
du monde, ce qui les a incitées à participer et par la suite
à développer leur niveau et acquérir de l’expérience.
—
Votre attention se porte-t-elle surtout sur les petites nations
dotées de peu de moyens financiers ?
—
Nous avions un plan de travail qui comprenait trois vecteurs.
Le premier concernait les petites et pauvres nations ; nous
essayons de leur fournir l’aide financière et technique pour
les inciter à participer aux compétitions internationales. Le
deuxième se dirigeait plutôt vers les pays riches en moyens
tels que la Chine, les Etats-Unis, le Japon, le Canada et autres
encore. Nous avons étudié le dossier relatif à l’extension du
jeu à ces pays en leur fournissant les moyens et l’assistance
technique nécessaires pour le développement de ce sport. Et
finalement, nous avons établi un réseau de communication et
de coopération avec les grandes nations de handball telles que
la Suède, la Russie et la France afin d’améliorer davantage
le système de jeu, mais aussi d’essayer de le situer parmi les
sports les plus populaires dans ces pays. Ce qui accroîtrait
sans doute la base des joueurs. Ces pays possèdent des championnats
très puissants, c’est pourquoi il faut travailler en coordination
avec leurs clubs pour finalement aboutir aux projets de développement
fixés par la Fédération internationale.
—
Et qu’en est-il du côté technique du jeu ?
—
Nous avons changé le système du Championnat du monde après l’édition
du Portugal 2003 et ceci suite aux nombreuses plaintes que nous
avons reçues. Nous avons procédé au développement des éléments
et équipements du sport tels que l’usage d’un ballon en cuir,
l’installation de terrains qui absorbent la sueur plutôt que
de suspendre le jeu à plusieurs reprises, l’achat d’un meilleur
équipement pour faciliter la tâche aux arbitres, etc. Et finalement,
la naissance du handball de plage, qui vient d’avoir lieu à
Hurghada et qui a eu un énorme succès. Chacune de ces mesures
a été un plus apporté au jeu.
—
Sur le plan de l’expansion du jeu, estimez-vous avoir réussi
votre mission ?
—
Nous avons fait beaucoup d’efforts dans ce domaine, car il est
à la base de nombreux autres sujets. Tout d’abord, j’ai réussi
à accroître la diffusion télévisée à un total de 626 heures
pour les hommes et 341 heures pour les dames, en 2003, contre
497 et 289 respectivement en 1997. De même que nous avons effectué
de grandes tournées en Asie, Afrique et Amérique du Sud pour
inciter leurs pays à adopter ce sport qui était considéré comme
une spécialité européenne. Aujourd’hui, nous pouvons voir des
sélections comme celles d’Egypte, de Tunisie, d’Algérie, du
Brésil, de Cuba, des Etats-Unis, du Japon et plein d’autres
encore qui participent aux compétitions internationales aux
côtés des doyens européens. Au vu du nombre de pays affiliés,
156 contre 146 en 2000, nous pouvons remarquer l’importance
que gagne ce sport.
—
Mais on est encore loin de la place occupée par le football
...
—
Oui, et c’est normal vu l’énorme popularité du football qui
est le sport numéro 1 au monde. Nous travaillons néanmoins très
dur pour réduire cet écart. Je pense que nous avons fait de
très grands progrès en une courte période. A présent, le handball
vient juste derrière le football et je pense qu’il est devenu
l’un des sports les plus populaires au monde. Mais nous n’allons
pas nous arrêter là, car notre but est de nous rapprocher du
football et d’avoir un très large public.
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