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Fédérations
. Le renouvellement des dirigeants aura lieu fin décembre.
Paralysant les activités depuis plusieurs mois, cette
échéance électorale affiche également au grand jour les
faiblesses de la gestion sportive en Egypte.
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L’effet
révélateur des élections |
| Les
activités au sein des fédérations sportives en Egypte
sont au point mort depuis trois mois. Une situation qui
pourrait à première vue s’expliquer par le fait qu’après
la fin des Jeux Olympiques (JO), les responsables des
fédérations égyptiennes s’octroient une trêve pour évaluer
leurs stratégies et en bâtir d’autres. Mais la réalité
est tout autre. Car ce sont les élections des conseils
d’administration des fédérations sportives égyptiennes,
dont la majorité auront lieu au cours de la dernière semaine
de décembre, qui sont derrière cette paralysie. En effet,
leur imminence se répercute toujours négativement sur
l’activité des fédérations. Ainsi, les responsables des
fédérations égyptiennes ont préféré suspendre toutes leurs
décisions jusqu’à la nomination des nouveaux conseils.
Gelant du coup l’ensemble des dossiers importants.
Les
exemples de ce dysfonctionnement abondent : le Bulgare
Yorden Ivanov, actuel directeur technique de la sélection
égyptienne d’haltérophilie et principal artisan de la
mutation de l’haltérophilie égyptienne, risque de perdre
son poste à la tête du cadre technique de la sélection
égyptienne. Mahmoud Choukri, président de la Fédération
égyptienne d’haltérophilie dont le mandat s’achève à la
fin de ce mois, n’a pu prolonger son contrat que de 4
mois. « Ivanov a obtenu pour l’Egypte 35 médailles internationales
et 5 records mondiaux pour la première fois dans l’histoire
de l’haltérophilie égyptienne. Mais le ministère de la
Jeunesse a limité le prolongement de mon contrat à 4 mois
afin de laisser une marge de manœuvre au nouveau conseil
d’administration », déclare Mahmoud Choukri qui, à cause
du règlement du ministère de la Jeunesse interdisant la
candidature des membres étant restés en fonction plus
de 8 ans, quittera son poste à la fin de cette session,
en décembre 2004.
Des
rumeurs circulent au sein de la fédération d’haltérophilie
selon lesquelles, en cas de succès de Gamil Hanna, qui
a présenté sa candidature pour le poste de président de
la fédération, sa première décision serait de limoger
Ivanov. Une décision qui ferait partie d’un règlement
de comptes entre Hanna et Mahmoud Choukri, vu la rivalité
entre les deux personnages. La grande perdante sera ainsi
l’haltérophilie égyptienne. D’autant plus que les efforts
et les succès d’Ivanov ne sont pas à négliger, la médaille
d’or de Nahla Ramadan lors des derniers Championnats du
monde en est le précieux témoignage.
Le
plus déplorable est qu’il semble que les dirigeants ne
tirent pas les leçons du passé. En 1996, le Néerlandais
Ruud Krol, le directeur technique de la sélection égyptienne
de football lors de la CAN 1996, avait été remercié suite
à l’élimination de cette dernière en quarts de finale.
Selon l’avis de tous les observateurs de l’époque, Krol
avait su bâtir une puissante sélection égyptienne pratiquant
un foot moderne, à l’européenne. Mais après le limogeage
du président de la fédération Al-Dahchouri Harb et la
nomination de Samir Zaher, ce dernier s’est débarrassé
de Krol et de son cadre technique prétextant un niveau
technique médiocre. Des justifications qui se sont révélées
erronées puisque Krol a ensuite occupé le poste d’entraîneur
adjoint de la sélection néerlandaise et qu’il est actuellement
l’entraîneur d’Ajax Amsterdam (D1, Pays-Bas), l’un des
grands clubs d’Europe. Mais la facture de cette décision
a été payée par la sélection d’Egypte qui a été frappée
d’instabilité technique et a perdu une chance facile de
se qualifier pour le Mondial de France 1998.
Le
limogeage de Krol et les doutes qui planent autour du
sort d’Ivanov dévoilent une faiblesse de taille au sein
des fédérations égyptiennes, à savoir l’absence de rôle
déterminant joué par les comités techniques au sein de
chaque fédération.
Théoriquement,
ce comité technique jouit d’une certaine indépendance
et son rôle se limite à la gestion des affaires techniques
concernant la discipline ou l’évaluation du travail des
cadres techniques et leur nomination. En pratique, le
rôle du comité tehnique est purement consultatif car c’est
le président de la fédération qui possède seul tous les
pouvoirs, et la plupart du temps, il néglige la majorité
des rapports qui lui sont remis. |
Ne
pas imposer certaines figures
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L’effet
négatif des élections ne s’arrête pas à la détermination
du sort des cadres techniques. Le problème est plus
grave au sein de la Fédération de judo. En effet, bien
que l’Egypte organise en septembre 2005 les Championnats
du monde de judo, pour la première fois de son histoire
et de celle de l’Afrique, la fédération n’a toujours
pas nommé les membres du comité organisateur de cet
événement majeur. Et ce, à cause de la fin du mandat
des dirigeants actuels de cette fédération, qui tiennent
à ne pas imposer certaines figures à la nouvelle fédération
à la veille de leur éventuel départ. Les responsables
de la Fédération internationale de judo, qui ont été
invités en Egypte en octobre dernier afin de superviser
la capacité du pays organisateur en assistant au Tournoi
international d’Egypte, ont été choqués par la situation
au sein de la Fédération égyptienne. De plus, le Tournoi
qui était considéré comme une répétition avant les Championnats
du monde a connu un grand échec et cela à cause de l’instabilité
régnant au sein de la Fédération égyptienne.
Si
la plupart des Fédérations égyptiennes se retrouvent
dans une situation délicate en raison des prochaines
élections, d’autres maintiennent leur stabilité. Celles
dont les présidents ont bénéficié de la modification
du règlement des fédérations, qui consiste à permettre
aux membres des fédérations internationales d’éviter
l’interdiction d’élire un président ayant passé 8 ans
à son poste. Comme par exemple, Hassan Moustapha, président
de la Fédération égyptienne et internationale de handball,
et Khaled Zein, président des Fédérations égyptienne
et africaine d’aviron. Ces hommes ont permis à leurs
Fédérations de fonctionner grâce à un bon système administratif
et un programme à long terme qui vise le développement
du sport.
D’autres
Fédérations passent également à côté des turbulences
actuelles. Comme celles qui ont réalisé des exploits
lors des Jeux olympiques d’Athènes 2004 dont la Fédération
de boxe, qui a obtenu 3 médailles olympiques. Les dirigeants
qui se représentent n’ont pas de concurrents, ce qui
assure leur réélection.
Ces
problèmes relatifs aux élections des fédérations dévoilent
largement la défaillance de notre système administratif
qui souffre d’un manque de planification et d’institutions
capables d’accomplir les tâches primordiales et vitales
pour le sport égyptien. C’est une lacune qui n’a pas
encore trouvé de solution dans les nouveaux statuts
des fédérations mis en place par le ministère de la
Jeunesse. Ce dernier s’est malheureusement intéressé
à d’autres détails, négligeant ainsi l’une des causes
majeures du bouleversement de l’administration des sports
en Egypte. Pour Mahmoud Choukri, « le problème ne consiste
pas dans l’ancien règlement mais dans son application.
En fait, en Egypte, il n’existe pas de système administratif
efficace. Le manque de planification induit ensuite
la corruption »
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| Mohamad
Mosselhi
Doaa
Badr |
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Un
règlement modifié |
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Le
règlement de l’Organisation privée de la jeunesse et des
sports, édicté en 1975, prévoit le mode de fonctionnement
des Fédérations sportives en Egypte. Il précise les spécialisations
des différents comités au sein des Fédérations égyptiennes.
C’est un livret de 337 pages qui comprend 88 articles
citant les différentes responsabilités de tous les responsables
des sports égyptiens. La seule modification apportée à
ce règlement depuis sa publication est l’article 56/11
de l’année 2004. Cette modification a permis aux membres
des fédérations internationales de se présenter aux élections
des fédérations égyptiennes même s’ils sont restés 8 ans
en fonction. De même, cette modification a annulé le poste
de secrétaire général et a rétabli celui de directeur
de la Fédération. Enfin, cette modification a réduit le
nombre des membres élus des conseils d’administration
des fédérations, de 6 à 4.
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