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Jeux.
Nombre de jeux de patience pratiqués aujourd’hui
remontent aux Anciens Egyptiens. Ces derniers se
divertissaient en faisant du sport ou en jouant
à des jeux de société. |
| Les
Anciens Egyptiens sont de la partie |
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Les
Anciens Egyptiens savaient comment varier leurs
plaisirs et meubler leurs loisirs : par la promenade,
la chasse et la pêche, mais aussi par « les jeux
». Les Egyptiens appréciaient beaucoup les jeux
de société. Ces derniers étaient destinés notamment
à détecter le niveau de l’intelligence. Dès les
premières dynasties, les pièces du jeu étaient
enterrées avec les morts. Les jeux de table de
l’Egypte Ancienne sont particulièrement bien illustrés
par les découvertes archéologiques. Grâce à la
croyance des Anciens Egyptiens en une survie après
la mort et au climat propice à la conservation
d’objets en bois, de nombreux jeux de table ont
été retrouvés dans les tombeaux. « Le Musée égyptien
du Caire expose des reproductions très intéressantes
d’articles ménagers, de jeux, de jouets et de
dessins. On peut citer surtout le jeu de Senet,
de serpent, celui des vingt cases et le jeu dit
des 58 trous », indique Sayed Hassan, responsable
au Musée du Caire. Ces reproductions, pour la
plupart en miniature, donnent une idée précise
de la vie quotidienne et du divertissement dans
l’Egypte Ancienne, il y a plus de 3 000 ans. Le
Musée du Caire possède aussi des jouets d’enfants
: des poupées en formes humaine, animale ou d’oiseau
et des joujoux. « Les pièces qui se trouvent au
Musée du Caire ont été découvertes, pour la plupart,
dans les tombes de Saqqara ainsi que dans celles
de Béni-Hassan à Minya », reprend Sayed Hassan.
Ces jeux sont cités également dans une liste d’offrandes
de la tombe du prince Rahotep, de la IVe dynastie,
ce qui permet de les identifier par leur nom.
Les
Egyptiens croyaient à l’effet magique des images
et des inscriptions. Leurs tombes étaient non
seulement garnies d’objets, mais aussi décorées
de scènes de vie quotidienne. Parmi ces représentations,
des personnages assis devant des tables de jeu
lors d’une fête, écoutant des musiciens ou des
chanteurs et regardant des danseuses. Ces scènes
fournissent de précieuses inscriptions : les remarques
des joueurs en train de déplacer leurs pions sont
inscrites au-dessus de leurs têtes, comme dans
les bandes dessinées, exclamations amusantes exprimant
la chance ou la malchance rencontrée au cours
de la partie. Le document le plus ancien et le
plus important sur l’étude des jeux de l’Ancienne
Egypte est une fresque montrant tous les objets
que le défunt souhaitait avoir à sa disposition
dans l’autre monde. Parmi ces représentations
figurent trois jeux, chacun avec sa boîte contenant
un ensemble complet de pions.
Mamdouh
Al-Damati, ex-directeur du Musée égyptien.
Toutes
les classes sociales jouaient au même jeu. Les
personnalités royales tout comme le peuple jouaient
de la même façon à un ensemble de jeux et de sports.
Les jeux égyptiens étaient des jeux de parcours
dans lesquels le hasard conditionne le déplacement
des pièces. « La présence de ces jeux de table
parmi le mobilier funéraire et les fréquentes
figurations sur les parois des tombes laissent
penser que leur fonction dépassait largement leur
rôle ludique premier. Le parcours labyrinthique
des pions sur l’échiquier reproduisait symboliquement
l’âme de l’au-delà : chaque case représentait
une étape du voyage, le prix à gagner étant la
vie éternelle », explique Mamdouh Al-Damati. Jeux
de hasard, de patience ou de réflexion, tous dénotent
le goût des Egyptiens pour ce type de loisirs,
que l’on s’accordait le soir, après le travail.
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Amira Samir |
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Les
jeux favoris |
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Du jeu du Serpent à
celui des 58 trous, historique des principales distractions
de nos ancêtres. |
| Le jeu du Serpent ou Mehen
est l’un des plus anciens attestés en Egypte Ancienne.
Pratiqué aux époques prédynastique, thinite, puis
durant l’Ancien Empire, il disparaît de façon brusque
et énigmatique à la fin de cette période pour réapparaître
de façon aussi inexpliquée à la XXVIe dynastie.
Presque quinze jeux de Serpent
ont été découverts dans des tombes outre les six
représentations qui se trouvent sur les parois des
tombeaux. Les tables de jeu ont la forme d’un serpent
enroulé. La spirale concentrique du corps de l’animal
présente un nombre variable de cercles divisés par
des cases en creux et en relief. Le nombre de cases
varie suivant la taille du Mehen. Deux sortes de
pions lui sont associés : des figurines de lions
et de lionnes, des billes ainsi que des bâtons de
lancer. L’organisation du jeu reste très hypothétique
: on sait que les bâtonnets étaient utilisés pour
déterminer l’avance des pions puisque les dés n’existaient
pas encore. Les pions étaient répartis en deux groupes
de couleurs différentes. Chaque ensemble de pions
regrouperait trois lions, trois lionnes et trente-six
billes.
Le jeu de Senet. C’est le jeu de
table le plus pratiqué par les Anciens Egyptiens
du Nouvel Empire et des époques qui suivirent, mais
il existe depuis l’époque prédynastique. Le plus
ancien exemplaire connu est conservé au Musée royal
d’art et d’histoire à Bruxelles. L’Egypte, pour
sa part, possède près de 40 exemplaires qui remontent
au Nouvel Empire. Ceci outre les nombreuses représentations
gravées ou peintes sur les parois des tombes : images
de personnages en train de jouer, assis devant leur
table de jeu, ou se préparant à lancer l’astragale
qui fait fonction de dé. Ces scènes sont à l’occasion
accompagnées de textes hiéroglyphiques décrivant
souvent en détail la partie en cours.
A partir de la XVIIIe dynastie,
les théologiens égyptiens donnent une implication
religieuse au jeu de Senet. Au-dessous des scènes
montrant le défunt jouant au Senet est transcrit
la fin du chapitre 17 du Livre des morts. Ici, le
défunt est assis sous une voûte, seul ou avec sa
femme, jouant au Senet contre un adversaire invisible
qui le met au défi de montrer son habileté dans
l’au-delà. Grâce à cette richesse documentaire et
surtout grâce à l’étude des textes anciens, de la
configuration du plateau de jeu et de jeux similaires
pratiqués de nos jours au Soudan, le principe général
du déroulement du jeu a pu être reconstitué.
Le jeu des Vingt Cases figure souvent
sur l’autre face des boîtes de jeu de Senet. Les
premiers exemplaires connus dans la Vallée du Nil
datent de la XVIIIe dynastie. Très peu de textes
et de représentations le concernent, peut-être parce
qu’il n’a acquis aucune des significations symboliques
ou mythologiques du Senet. Il était appelé « vingt
» ou « vingt cases » ou également « aseb », mot
probablement d’origine babylonienne. Les dés utilisés
étaient des astragales ou parfois des dés pyramidaux
à 4 faces. De nombreux exemplaires de jeux de vingt
cases ont également été découverts, notamment dans
les tombes royales d’Ur datées du milieu du IIIe
millénaire av. J.-C. Mais malgré ce nombre important
d’exemplaires et d’éléments de jeu dans divers pays,
aucune hypothèse probante ne pouvait être émise
sur le déroulement du jeu. C’est la traduction d’une
tablette en argile crue datant de 177 - 176 av.
J.-C. qui révèle les règles de ce jeu. Cette tablette
donne le nombre et le nom des pions, celui des dés
constitués de deux osselets, dont un de mouton et
l’autre de bœuf.
Le jeu dit « Des 58 trous », malgré
la popularité de ce jeu en Egypte Ancienne et au
Proche-Orient, on ne connaît pas son nom d’origine.
Il est actuellement désigné de trois manières différentes
: le jeu des « 58 trous » à cause des deux parcours
de 29 trous que doit effectuer chaque joueur. Le
jeu du « chien et du chacal » car les pions présentent
parfois un ornement de tête de chien ou de chacal.
Ou le jeu du « palmier » à cause d’un exemplaire
décoré d’un motif de palmier. Les règles de ce jeu
ont été facilement éductibles à partir du boîtier
de jeu dit « du palmier ».
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