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Comme
chaque année et grâce à la Foire du Livre pour enfants,
plus d’une semaine est consacrée à la jeunesse, à sa connaissance
et à son épanouissement intellectuel. Pendant cette manifestation,
toutes sortes d’activités tournant autour du livre ont
également lieu comme les ateliers de dessin au Centre
national de la culture de l’enfant. Le stand de l’Arabie
saoudite décerne par ailleurs des prix aux enfants les
plus talentueux, en plus d’autres manifestations quotidiennes
culturelles (rencontre avec un grand écrivain pour enfants)
ou artistiques (théâtre, chant, ou guignol égyptien, l’Aragouz).
Pourtant,
et malgré le parrainage de la foire par Suzanne Moubarak,
qui a par ailleurs lancé il y a quelques années le Festival
de la lecture pour tous dans toutes les bibliothèques
du pays, l’événement n’est pas exploité comme il se devrait.
La Foire du livre qui s’étendait auparavant sur deux ou
trois pavillons, un pour l’exposition et l’autre pour
la vente, se limite cette année à un seul. 37 pays participants
et 280 éditeurs sont annoncés, mais pour la plupart, à
quelques exceptions près, ils sont indirectement représentés
via les centres culturels.
Au
niveau du livre et de sa fabrication, une seconde tendance
se manifeste à l’examen des livres présentés. Il s’agit
de la mise en retrait des maisons d’éditions publiques
à l’avantage des maisons privées. Ainsi, le rôle des maisons
d’éditions publiques qui ont connu leur âge d’or dans
les années 1960 grâce à leur intérêt accordé à l’enfant
et à l’élaboration de méthodes modernes, comme Qossour
al-saqafa (palais des cultures), se réduit à des publications
de qualité modeste. Dar Al-Maaref, qui a touché des générations
avec sa série de la Bibliothèque verte, n’arrive pas non
plus à réactualiser ses produits et à se retrouver sur
la même longueur d’ondes que l’enfant du XXIe siècle.
Elle se contente de reproduire les méthodes classiques
d’apprentissage pour enfants en période préscolaire et
publie des contes pour les 4-6 ans au contenu simpliste.
Même l’Organisme général du livre sur qui repose le fardeau
de la démocratisation de l’accès au livre pour enfants,
et qui réédite chaque année les lauréats du prix Suzanne
Moubarak, ne propose que des ouvrages au maigre contenu.
A
l’extrême opposé se placent des maisons d’édition privées,
lesquelles ont dernièrement acquis de l’importance, à
l’image des incontournables Dar Al-Chorouq et Dar Elias.
La première acquérant des prix internationaux dans la
fabrication de livres (Francfort, Bologne, etc.) mais
aussi des prix du meilleur dessin. Car elle a pu attirer
les pinceaux de Helmi Al-Touni, Moustapha Hussein, Ihab
Chaker, ou le jeune Walid Taher qui se met dans la peau
des enfants pour créer les personnages qu’il imagine.
Quant
à la seconde, Dar Elias, connue pour ses dictionnaires,
elle s’intéresse depuis peu aux enfants. Elle a su les
attirer vers le conte, avec la série Farhana, lauréate
du prix 2004, écrite par Rania Hussein Amin, ou la série
Felfel et Malh basée sur neuf contes racontés par la voix
d’Abla Fadila, voix captivante de celle qui a raconté
des contes radio pendant plus de quarante ans. Ici se
fait remarquer le retour au conte comme matière première
à l’épanouissement de l’imaginaire de l’enfant, comme
la collection Schéhérazade, écrite par Yaacoub Al-Charouni
et illustrée par Hani Al-Masri et valable en trois langues
: l’arabe, le français et l’anglais.
Entre
ces deux modèles d’édition, le commun des enfants est
quasiment ignoré, puisqu’il ne peut accéder à ces livres
de haute qualité et donc chers. Tandis qu’il n’est plus
attiré par les livres des éditions publiques.
Une
dernière tendance de cette édition de la foire du livre
concerne la coopération entre des maisons d’éditions arabes
et françaises. Kan ya ma kan est une exposition itinérante
proposée par le centre français La Joie par les livres
(lajoieparleslivres.com), à la découverte de la littérature
de jeunesse du monde arabe à travers une sélection de
100 livres en français et en arabe (Le Bûcheron et la
petite fève, conte populaire palestinien, édité par Chorouq
de Ramallah et dans sa version française en collaboration
avec Syros et La Découverte de Paris). De même qu’une
collection scientifique Fi afdal hal (Dans le meilleur
état), qui est une collaboration entre Dar Al-Chorouq
et Nathan, adressée aux plus de 4 ans sous forme de récits
d’aventures de deux enfants . |