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Foire internationale du livre pour enfants . La 21e édition clôt ses portes le 10 décembre. Au-delà des progrès de conception réalisés par les éditeurs privés, force est de constater qu’en raison de leurs prix, ces œuvres ne touchent qu’une partie du public visé.

Les éditeurs privés à l’ouvrage

Comme chaque année et grâce à la Foire du Livre pour enfants, plus d’une semaine est consacrée à la jeunesse, à sa connaissance et à son épanouissement intellectuel. Pendant cette manifestation, toutes sortes d’activités tournant autour du livre ont également lieu comme les ateliers de dessin au Centre national de la culture de l’enfant. Le stand de l’Arabie saoudite décerne par ailleurs des prix aux enfants les plus talentueux, en plus d’autres manifestations quotidiennes culturelles (rencontre avec un grand écrivain pour enfants) ou artistiques (théâtre, chant, ou guignol égyptien, l’Aragouz).

Pourtant, et malgré le parrainage de la foire par Suzanne Moubarak, qui a par ailleurs lancé il y a quelques années le Festival de la lecture pour tous dans toutes les bibliothèques du pays, l’événement n’est pas exploité comme il se devrait. La Foire du livre qui s’étendait auparavant sur deux ou trois pavillons, un pour l’exposition et l’autre pour la vente, se limite cette année à un seul. 37 pays participants et 280 éditeurs sont annoncés, mais pour la plupart, à quelques exceptions près, ils sont indirectement représentés via les centres culturels.

Au niveau du livre et de sa fabrication, une seconde tendance se manifeste à l’examen des livres présentés. Il s’agit de la mise en retrait des maisons d’éditions publiques à l’avantage des maisons privées. Ainsi, le rôle des maisons d’éditions publiques qui ont connu leur âge d’or dans les années 1960 grâce à leur intérêt accordé à l’enfant et à l’élaboration de méthodes modernes, comme Qossour al-saqafa (palais des cultures), se réduit à des publications de qualité modeste. Dar Al-Maaref, qui a touché des générations avec sa série de la Bibliothèque verte, n’arrive pas non plus à réactualiser ses produits et à se retrouver sur la même longueur d’ondes que l’enfant du XXIe siècle. Elle se contente de reproduire les méthodes classiques d’apprentissage pour enfants en période préscolaire et publie des contes pour les 4-6 ans au contenu simpliste. Même l’Organisme général du livre sur qui repose le fardeau de la démocratisation de l’accès au livre pour enfants, et qui réédite chaque année les lauréats du prix Suzanne Moubarak, ne propose que des ouvrages au maigre contenu.

A l’extrême opposé se placent des maisons d’édition privées, lesquelles ont dernièrement acquis de l’importance, à l’image des incontournables Dar Al-Chorouq et Dar Elias. La première acquérant des prix internationaux dans la fabrication de livres (Francfort, Bologne, etc.) mais aussi des prix du meilleur dessin. Car elle a pu attirer les pinceaux de Helmi Al-Touni, Moustapha Hussein, Ihab Chaker, ou le jeune Walid Taher qui se met dans la peau des enfants pour créer les personnages qu’il imagine.

Quant à la seconde, Dar Elias, connue pour ses dictionnaires, elle s’intéresse depuis peu aux enfants. Elle a su les attirer vers le conte, avec la série Farhana, lauréate du prix 2004, écrite par Rania Hussein Amin, ou la série Felfel et Malh basée sur neuf contes racontés par la voix d’Abla Fadila, voix captivante de celle qui a raconté des contes radio pendant plus de quarante ans. Ici se fait remarquer le retour au conte comme matière première à l’épanouissement de l’imaginaire de l’enfant, comme la collection Schéhérazade, écrite par Yaacoub Al-Charouni et illustrée par Hani Al-Masri et valable en trois langues : l’arabe, le français et l’anglais.

Entre ces deux modèles d’édition, le commun des enfants est quasiment ignoré, puisqu’il ne peut accéder à ces livres de haute qualité et donc chers. Tandis qu’il n’est plus attiré par les livres des éditions publiques.

Une dernière tendance de cette édition de la foire du livre concerne la coopération entre des maisons d’éditions arabes et françaises. Kan ya ma kan est une exposition itinérante proposée par le centre français La Joie par les livres (lajoieparleslivres.com), à la découverte de la littérature de jeunesse du monde arabe à travers une sélection de 100 livres en français et en arabe (Le Bûcheron et la petite fève, conte populaire palestinien, édité par Chorouq de Ramallah et dans sa version française en collaboration avec Syros et La Découverte de Paris). De même qu’une collection scientifique Fi afdal hal (Dans le meilleur état), qui est une collaboration entre Dar Al-Chorouq et Nathan, adressée aux plus de 4 ans sous forme de récits d’aventures de deux enfants .

Dina Kabil
 

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