Faut-il
consacrer un quota à la femme au Parlement ? Telle a été
la question débattue lors d’un atelier de travail régional
tenu cette semaine au Caire, et auquel ont participé le
Conseil national de la femme, l’Institut international
pour la démocratie et l’aide électorale, le Fonds de développement
des Nations-Unies pour la femme (UNIFEM) et le Programme
des Nations-Unies pour le Développement (PNUD). Cet atelier
avait pour but de proposer le système de quota pour augmenter
la participation politique de la femme à la vie parlementaire.
La
rencontre s’est avérée une nécessité pour les Egyptiennes,
dont le taux de participation à la vie politique ne dépasse
pas aujourd’hui les 2,5 %. Notons que selon le site des
informations (World Fact Book), les femmes égyptiennes
représentent 53 % de la population. « Le nombre de femmes
membres au Parlement est loin d’être significatif. Elles
sont aujourd’hui 12 députées. En fait, au cours des 48
dernières années, leur nombre total n’a pas dépassé les
150 », dénonce le Dr Chawqi Al-Sayed, avocat et membre
au Conseil consultatif. Et d’ajouter que l’Egypte a connu
un moment important pour la femme en 1979, grâce à la
loi n° 21 sur le quota qui exige la présence de 30 femmes
au Parlement, sans compter les 5 autres qui y arrivaient
par élections ou nomination. Mais cette loi a été mise
au placard en 1986, sous prétexte que le quota représente
une discrimination entre hommes et femmes qui sont censées
avoir des chances égales en matière d’élections.
Mais
que pensent les participants à l’atelier de la question
? « Le problème réside dans le fait que la femme fait
l’objet de préjugés qui mettent l’homme en valeur sous
prétexte que la politique est un domaine exclusivement
masculin », explique le Dr Ferkhonda Hassan, secrétaire
général du Conseil national de la femme. A ce moment-là,
le quota se propose comme une solution qui puisse remédier
à la faible participation politique féminine. Antonio
Vigilanti, le directeur du PNUD, est de concert avec Ferkhonda
Hassan : « Plusieurs pays ont déjà réservé des sièges
à la femme au parlement comme la Tunisie. Mais en Egypte,
malgré le rôle que joue le Conseil national de la femme,
il existe encore des obstacles sociaux et culturels qui
empêchent la femme de profiter pleinement de ses droits
politiques ».
Le
quota serait-il ainsi une chance de voir de nouveaux visages
féminins qui puissent mieux discuter les problèmes de
la femme ? « Appliquer le système de quota permet de faire
intervenir des femmes de différentes villes lointaines
comme la Nouvelle Vallée, Assouan et le nord et le sud
du Sinaï », estime le Dr Nabila Al-Ibrachi, membre du
comité politique au Conseil national de la femme. Samiha
Abou-Steit, ambassadrice et conseillère du secrétaire
général au Conseil national de la femme, se montre elle
aussi favorable au système de quota pour 4 périodes électorales,
jusqu’à ce que la société soit habituée à l’existence
de la femme dans la vie politique.
De
l’autre côté de la barre, Atef Al-Saadawi, directeur de
rédaction du magazine La Démocratie, l’une des publications
de la fondation Al-Ahram, rejette l’idée qui se base sur
le fait que les années qui ont marqué la fin du système
du quota après 1987 ont témoigné d’un échec de l’expérience
féminine au Parlement, puisque le nombre des femmes s’est
réduit en cinq ans de 35 à 14 seulement. « La femme n’a
pas pu donc former une base importante durant la période
précédente. Même les lois sur le statut personnel ont
été présentées et ont vu le jour plutôt grâce à des hommes
qu’à des femmes », souligne Al-Saadawi. Selon lui, dans
la vie politique, ce qui importe ce n’est pas le nombre
de femmes, mais la qualité de leur contribution .