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Fabriqué en Egypte et Israël ». Le marché américain verra
bientôt l’arrivée de vêtements qui porteront cette marque.
C’est ce qu’on doit prévoir après la signature, le 14 décembre
au Caire, d’un accord relatif à l’établissement de zones de
libre-échange appelées « Qiz », entre Israël et l’Egypte,
dont la production pourra entrer sans droits de douane aux
Etats-Unis, indépendamment des quotas d’importation. Les produits
qui pourront entrer sur le marché américain sans droits de
douane seront fabriqués dans deux zones « Qiz » en Egypte
et comporteront au moins 11,25 % de composants israéliens.
Israël demandait auparavant entre 15 % et 17 % alors que l’Egypte
proposait 8 %.
Avec
la signature de cet accord, l’Egypte emboîte le pas à la Jordanie
qui a déjà des zones « Qiz » depuis 1999. Il faut rappeler
que ce genre de zones a été proposé à l’Egypte depuis 1995,
mais le gouvernement était réticent. A cette époque, Shimon
Pérès, leader du parti du Travail, proposait la formule célèbre
d’une coopération au Moyen-Orient : argent du Golfe + main-d’œuvre
égyptienne + technologie israélienne. Ce qui n’a pas été apprécié
en Egypte.
Pourquoi
le gouvernement égyptien accepte-t-il aujourd’hui ce qu’il
a refusé en 1995 ? Il y a des raisons économiques et politiques
à cela. D’abord, l’abrogation en janvier 2005 de l’Accord
Multifibres (AMF), qui se traduira par la suppression des
quotas d’importation aux Etats-Unis, au risque de faire perdre
à l’Egypte tout le marché américain. Les exportateurs égyptiens
de vêtements, dont Galal Al-Zorba, président de la Chambre
de commerce égypto-américaine, ont beaucoup poussé dans cette
direction.
A
cela il faut ajouter que le contexte politique intérieur et
régional pousse le gouvernement égyptien à améliorer les relations
avec Israël. Cela devrait aboutir à l’allégement des pressions
américaines sur les régimes arabes pour introduire des réformes
politiques et doit garantir la poursuite des flux d’aide américaine
à l’Egypte, une assistance primordiale vu la récession économique
et la crise politique d’un régime qui doit faire réélire son
président pour un nouveau mandat en 2005. Même si la signature
de l’accord de libre-échange avec Israël ne sera pas du goût
de tout le monde, y compris au sein du gouvernement, Le Caire
semble décidé à aller de l’avant pour des gains économiques
évidents.
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Il s’agit de la plus importante percée économique depuis la
signature du traité de paix entre Israël et l’Egypte à la
fin des années 1970 », a affirmé une source israélienne. L’accord
devrait donner une nouvelle impulsion aux relations commerciales
entre Israël et l’Egypte qui ne dépassent pas actuellement
44 millions de dollars par an. Selon une estimation du président
de l’Association des industriels israéliens, Oded Tirah, ces
échanges stimulés par l’accord de libre-échange pourraient
atteindre rapidement 70 millions de dollars par an. Par ailleurs,
la Compagnie israélienne d’électricité négocie actuellement
avec Eastern Mediterranean Gas, un consortium égyptien, un
contrat de 2,5 milliards de dollars pour la fourniture sur
15 ans de gaz naturel égyptien à Israël.
Les
relations entre Israël et l’Egypte ont connu un réchauffement
ces derniers jours, qui s’est traduit par la libération dimanche
d’un Israélien, Azzam Azzam, condamné en 1997 à 15 ans de
travaux forcés pour espionnage au profit d’Israël. Israël,
en retour, a libéré six étudiants égyptiens infiltrés récemment
sur son territoire.