C’est
à la suite d’une maladie cardiaque qui a duré de longues années
que Saïd Sonbol est décédé, à l’hôpital Dar Al-Fouad, à l’âge
de 75 ans.
Sonbol
est né dans le gouvernorat d’Assiout en 1929 et a passé plus
de 50 ans de sa vie dans le monde de la presse. Il a fait ses
premiers pas dans ce domaine alors qu’il étudiait à la faculté
des sciences de l’Université du Caire, et a fait preuve d’un
talent exceptionnel dans plusieurs journaux. Ses études terminées,
il a commencé sa carrière véritable en 1950 au journal Al-Masri
qu’il a quitté en 1952 pour Akhbar Al-Yom, où les deux plus
célèbres magnats de la presse égyptienne, les frères jumeaux
Moustapha et Ali Amin, l’ont chargé de participer au lancement
du nouveau quotidien Al-Akhbar qui faisait partie du groupe
de presse Akhbar Al-Yom. Il a débuté en tant que correspondant
du quotidien au ministère des Finances et de l’Economie et présentait
à ses lecteurs les informations économiques les plus compliquées
d’une manière très simple. C’est ainsi qu’il a été l’un des
pionniers de la presse économique en créant en 1957 et en dirigeant
la page économique à Akhbar Al-Yom.
En
1961, il a occupé le poste de directeur adjoint de la rédaction
d’Akhbar Al-Yom, puis celui du directeur de la rédaction en
1964. En 1985, il devient rédacteur en chef du quotidien Al-Akhbar
et PDG d’Akhbar Al-Yom en 1989. Pendant cette période, Sonbol
a laissé un impact indéniable sur la presse égyptienne. Parmi
les nombreux entretiens qu’il a obtenus avec des personnalités
connues, figure notamment celui effectué avec le leader cubain
Fidel Castro, et c’est lors de cet entretien qu’il a pu faire
un scoop en annonçant que les Etats-Unis se préparaient pour
l’invasion de Cuba, une nouvelle qui a été reprise par toutes
les agences de presse mondiale. Il fut le premier à créer un
journal spécialisé dans le domaine des sports, Akhbar Al-Riyada,
en 1989. En 1991, à l’âge de 62 ans, il quitte ses fonctions
et se consacre uniquement à la rédaction de sa colonne quotidienne
« Sabah Al-Kheir » à Al-Akhbar, et de plusieurs autres articles
dans diverses publications. Il termine sa carrière en tant que
vice-président de la société d’investissement du groupe Al-Akhbar
et préside l’une de ses institutions culturelles, l’Académie
d’Akhbar Al-Yom.
Sonbol
a obtenu plusieurs prix, dont le prestigieux Ordre du Mérite
du premier degré qui lui a été attribué en 1991 par le président
Moubarak, le Prix d’estime du Syndicat des journalistes en 2003,
et celui de la Conférence internationale sur la population et
le développement attribué par les Nations-Unies.
Ibrahim
Nafie, président du conseil d’administration et rédacteur en
chef d’Al-Ahram, annonce dans son édito : « Saïd Sonbol n’était
pas seulement un ami et un compagnon de route, mais un journaliste
à la fois compétent et humble, et surtout un exemple à suivre.
Il avait une plume honnête qui ne fléchissait point ».