| Vendredi
10 décembre, le comité populaire égyptien pour le soutien à
l’Intifada enverra son 24e convoi d’aide au peuple palestinien.
Le convoi est composé de 200 tonnes de médicaments et de farine
en plus de 10 000 pièces de vêtements. Le choix du jour ne doit
rien au hasard. Il porte en soi un sens bien profond, puisque
le 10 décembre marque la commémoration de la déclaration universelle
des droits de l’Homme. Le convoi regroupe outre les membres
du comité populaire de soutien à l’Intifada, des représentants
de différentes associations étrangères, dont notamment la Campagne
civile pour la protection du peuple palestinien (France), la
Commission internationale contre la guerre (Grèce), la Campagne
de soutien au peuple palestinien (Irlande) et la Campagne de
soutien au peuple palestinien (Catalogne-Espagne). Il est prévu
que le convoi arrive jusqu’à la ligne frontalière de Rafah où
des véhicules viendront de Palestine pour transporter la cargaison
jusqu’aux territoires occupés. « Nous n’entrons pas en Palestine,
puisqu’il y a des soldats israéliens aux frontières et que nous
n’avons aucun contact avec l’entité sioniste », affirme Afaf
Al-Sayed, de la commission des médias, chargée de ce convoi
au sein du comité populaire égyptien pour le soutien à l’Intifada.
Les organisateurs ont prévu des représentations culturelles
et artistiques à l’arrivée du convoi à Rafah. Des écrivains
égyptiens et étrangers présenteront des extraits de leurs œuvres,
les représentants des délégations européennes et certains membres
du comité populaire prononceront des allocutions pour l’événement
et des musiciens et chanteurs présenteront des spectacles.
Ce
convoi, qui bénéficiera d’une large couverture médiatique, intervient
un peu plus de deux semaines après la mort des trois policiers
égyptiens par des tirs israéliens dans la ville frontalière
de Rafah. Ceci risque donc d’empêcher l’accès du convoi à Rafah
pour des raisons de sécurité. Ce qui ne serait pas une première.
En effet, les forces égyptiennes de sécurité ont à plusieurs
reprises arrêté de tels convois dans la ville d’Al-Arich interdisant
leur arrivée à Rafah pour des raisons sécuritaires.
Pourtant,
les organisateurs sont déterminés : « Notre objectif est d’arriver
à Rafah ». Ils n’excluent pas non plus que les choses ne vont
pas fonctionner comme il a été prévu : « Il est difficile de
prévoir ce que les forces de sécurité feront. Et nous ne voulons
sûrement provoquer ni la sécurité égyptienne ni l’entité sioniste
». Le comité a donc formé une commission politique pour négocier
avec les forces de sécurité en cas de besoin. « Je crois que
tout ira comme prévu, surtout que nous avons avec nous des délégations
étrangères et de nombreux médias. Plus encore, nous sommes aujourd’hui
plus connus et plus influents qu’avant », estime Afaf Al-Sayed.
Le
comité populaire égyptien pour le soutien à l’Intifada a été
créé au Caire à la suite de l’Intifada d’Al-Aqsa, le 28 septembre
2000. Il regroupe des intellectuels, des écrivains, des artistes,
des syndiqués et des personnes appartenant à toutes les tendances
politiques. Son objectif est de « soutenir la lutte du peuple
palestinien et son Intifada courageuse ». Aujourd’hui, ce comité
a des branches dans dix gouvernorats d’Egypte et a donné naissance
à des dizaines d’autres mouvements populaires égyptiens et arabes.
« Notre influence a eu un effet positif sur le peuple égyptien
qui participe aujourd’hui avec tout ce qu’il peut pour soutenir
les Palestiniens. Il y a des gens très pauvres qui nous donnent
de l’huile et du sucre », affirme Afaf Al-Sayed. Les membres
du comité sont donc décidés à poursuivre leur action . |