Un
projet qui n’a commencé qu’en 2000, en dépit de son importance.
La moindre négligence dans ce domaine ne provoquera-t-elle
pas la disparition d’une partie de l’histoire de l’Egypte
? Il fallait cependant attendre la mission de recensement
du patrimoine élaborée par le Système d’information d’antiquités
égyptiennes (EAIS), un centre créé par le Conseil Suprême
des Antiquités (CSA) avec des fonds du gouvernement finlandais.
Nécessité oblige, comme le dit Naguib Amin, le directeur du
EAIS. « Malheureusement, il n’existe aucune méthodologie ou
mécanisme efficace pour recenser le patrimoine égyptien. La
moitié des sites archéologiques n’ont jusqu’à présent pas
été enregistrés. Par exemple, la négligence a provoqué la
perte de 90 % des monuments de Tel Basta, à Zaqaziq, déjà
recensés en 1980 », dit Amin. Il est question là de la bonne
administration des sites et des informations. Partant alors
de ce principe, l’EAIS a créé ses propres données cartographiques
du patrimoine. Mais la tâche n’a pas été facile. Le CSA parle
ainsi de la difficulté de l’accès aux données de chaque monument.
Or, ce sont les inspecteurs et les missions archéologiques
qui sont en cause.
Inspections
souvent incomplètes et anciennes, et missions étrangères qui
s’achèvent sans publication de rapport final. Mais si le recensement
démographique se mène de façon plus ou moins spontanée, les
monuments eux doivent subir les conséquences provoquées par
les lacunes dans les lois relatives à leur conservation. Le
travail de l’EAIS dépend principalement de la loi 117 de l’année
1983. « Un grand nombre de monuments a été volé à cause de
l’absence de moyens législatifs qui peuvent démontrer qu’il
s’agit bien d’antiquités ». Et alors que la documentation
se fait généralement au niveau des gouvernorats, seuls cinq
ont enregistré la plupart de leurs sites archéologiques :
Charqiya, Qalioubiya, Fayoum, Ismaïliya et Port-Saïd.
«
La tâche la plus difficile semble être celle de la conception
même de patrimoine », se plaint Amin. L’ignorance est telle
que les gens ne saisissent pas cette notion du patrimoine.
Du coup, ils construisent leurs maisons et vont s’installer
n’importe où, tout près des sites archéologiques, comme à
Marina, sur la Côte-Nord, ou encore à Louqsor tout près des
temples. L’entourage des pyramides est aussi un exemple flagrant
de cette ignorance. Amin affirme que cette notion étendue
de site n’existe pas ; on se contente tout simplement de protéger
le monument.