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Iraq .
La violence ne cesse de faire rage contre les chiites, tandis
que les sunnites annoncent leur retrait définitif des élections
prévues le 30 janvier. |
| Les
élections coûte que coûte |
Comme
prévu, la violence s’est intensifiée en Iraq à l’approche
des élections générales du 30 janvier prochain. Treize personnes
ont ainsi été tuées et 66 autres blessées dans un attentat
ayant visé lundi matin le bureau du chef chiite Abdel-Aziz
Hakim, à Bagdad, selon un bilan officiel obtenu auprès d’un
responsable du ministère de l’Intérieur. Toutefois, des responsables
du mouvement de M. Hakim, le Conseil Suprême de la Révolution
Islamique en Iraq (CSRII), ont fait état de bilans moins lourds,
parlant de « trois à quatre tués » dans cet attentat suicide.
Abdel-Aziz Hakim est le chef de la liste de la coalition iraqienne
pour les élections générales du 30 janvier. Cette liste est
donnée favorite, ayant été formée avec la bénédiction du plus
prestigieux des chefs religieux chiites d’Iraq, le grand ayatollah
Ali Sistani. Il ne s’agit pas là du premier attentat visant
des chiites. Longtemps marginalisés et persécutés, les chiites,
qui représentent plus de 60 % de la population iraqienne,
comptent sur ces élections pour faire valoir leurs droits,
après des décennies de domination sunnite sur l’Iraq. Cet
attentat vient grossir la longue liste des actes de violence
quotidiens, et bien souvent meurtriers, perpétrés en Iraq
et dont rien ne laisse pour l’instant présager la fin, notamment
à l’approche du scrutin.
Un scrutin qui risque d’être retardé dans
certaines régions du pays en raison d’un climat d’insécurité.
C’est ce qu’a déclaré le ministre iraqien des Affaires étrangères,
Hoshyar Zebari, dans une interview publiée lundi par l’agence
Chine nouvelle. M. Zebari a reconnu que la sécurité restait
un problème majeur et que la commission électorale indépendante
pourrait décider de reporter partiellement le scrutin du 30
janvier. Les régions concernées sont, selon le ministre, la
ville de Mossoul et les alentours de Bagdad. Et ce, comme
l’a déclaré M. Zebari, « pour que nous puissions concentrer
nos moyens en matière de sécurité afin de détruire la capacité
de l’opposition à prendre pour cible la population et à l’intimider
». Le chef de la diplomatie iraqienne a cependant précisé
que le dernier mot revenait à la commission électorale, tout
en soulignant qu’il n’y aurait pas de changements importants
dans le calendrier électoral.
En dépit d’une insécurité persistante, avec
des attentats quasi quotidiens à Bagdad, les Etats-Unis veulent
que les élections se tiennent comme prévu et ont porté le
nombre de leurs troupes dans le pays à 150 000 dans cette
perspective. Ainsi, le général John Abizaid, chef du Commandement
central (Centcom) américain, a indiqué que la zone de Mossoul,
mentionnée par M. Zebari, allait recevoir un renfort de soldats
américains et iraqiens d’ici à l’élection. Une décision qui
intervient après l’attentat suicide du 21 décembre contre
une base américaine de cette ville, la troisième d’Iraq par
sa population, qui avait fait 22 morts, dont 14 militaires
américains.
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La donne sunnite |
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Parallèlement à la question sécuritaire, se
pose le problème de la participation sunnite aux élections.
La principale formation sunnite d’Iraq, le Parti islamique iraqien,
a annoncé lundi qu’il se retirait de la course pour les élections
générales prévues le 30 janvier. Selon le chef du parti, Mohsen
Abdel-Hamid, cette décision a été prise après le refus des autorités
de reporter le scrutin de six mois pour lui assurer les meilleures
chances de succès.
Outre la non participation du Parti islamique
iraqien, les oulémas d’Iraq espèrent entraîner dans leur refus
des élections une majorité des sunnites pour entacher la légitimité
des futures institutions. Un boycottage sunnite du scrutin «
privera le gouvernement qui sera désigné par la prochaine assemblée
de la légitimité qui l’autoriserait à signer des accords avec
l’occupant », souligne le chef du Comité des oulémas, Hareth
Mouthanna Al-Dhari. Selon lui, la communauté sunnite n’a rien
à perdre en boycottant les élections. Mais en fait, cette communauté
se sent frustrée par la montée en puissance des chiites depuis
la chute de l’ancien régime qui les réprimait. Le chef de l’influente
association sunnite reste intransigeant sur sa position : «
Pas d’élections sous occupation ».
Pourtant, selon le New York Times de dimanche,
le gouvernement américain discuterait avec des dirigeants iraqiens
de la possibilité de garantir à des sunnites des postes de responsabilité
au sein du prochain gouvernement iraqien, quels que soient les
résultats des élections. Une information que la Maison Blanche
a refusé de commenter, en soulignant qu’il incombe aux autorités
iraqiennes d’assurer le processus électoral. Pour réponse, Abdel-Hussein
Al-Hindaoui, président de la commission électorale iraqienne,
a déclaré qu’une telle mesure outrepasserait les pouvoirs de
la commission électorale et attenterait à l’équité des élections
.
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| Abir Taleb |
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