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Le travail riche
et varié de Chérif Mohieddine, maestro président du Centre des
arts de la Bibliothèque d’Alexandrie, est un travail conséquent
composé de six CD regroupant ses œuvres de 1984 à 2004. Bien
que des projets de ce genre devraient être financés par de grandes
institutions, c’est l’artiste lui-même qui a financé son projet.
Même s’il a suivi
une formation assez occidentale (ancien étudiant du Conservatoire
du Caire et de Wusrzburg Music Hochschule en Allemagne), l’ensemble
des œuvres de Mohieddine révèle un choix et un goût raffinés
pour la musique orientale. A titre d’exemple, il emploie l’échelle
orientale « saba » avec une clarinette, instrument occidental.
Il élabore un arrangement du quatrième mouvement de la neuvième
symphonie de Beethoven agrémenté d’instruments folkloriques,
dont le rebab (instrument à deux cordes). Il a recours à des
paroles écrites en dialectal par le poète Sayed Hégab et chantées
par la soprano Névine Allouba, la mezzo soprano Julie Fayzi,
le ténor Tamer Tewfiq et le bass Achraf Souweilam. Beaucoup
de métissages en perspective.
Les livrets d’opéra
se répartissent en deux groupes. Le premier comporte de la poésie
en arabe classique, dont notamment Jérusalem, un poème de Nizar
Qabbani ainsi que d’autres poèmes d’Amal Donqol comme La Mort
au lit, Prologue, Des Fleurs, Les Pluies d’Ahmad Abdel-Moeti
Hégazi, et Le Gardien d’Al-Aqsa de Mohamad Abou-Doma. Le deuxième
groupe se caractérise par des œuvres accompagnées de paroles
en dialectal, comme Trois Opéras en une heure de Youssef Idriss,
adaptées par Sayed Higab.
Ces récentes œuvres
sont les plus remarquables. Car leur élaboration est transparente
dans le sens où elle repose sur un nombre limité d’instruments
: piano en solo, harpe, percussions, orchestre de chambre, mais
aussi luth, rebab, req et tabla. Aussi, les paroles sont simples
et traitent de sujets tels que la cause palestinienne, la vie,
la mort, la vengeance, la cupidité, etc. Il n’est plus question
de Cléopâtre ou de Carmen.
Toutes ces particularités
propres à l’œuvre de l’artiste Chérif Mohieddine ajoutent un
arôme arabe et oriental à la musique classique souvent considérée
par un large public comme purement occidentale.
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