|
La
conférence de Charm Al-Cheikh sur l’Iraq
finissait à peine ses travaux que les forces
américaines et britanniques lançaient une
large offensive sur le sud de l’Iraq après
avoir entièrement détruit la ville de Falloujah.
Elles ont enfin reconnu que Zarqaoui ne
s’y trouvait pas et qu’elles le cherchaient
à Bagdad !
Il
est devenu clair que la politique américaine
basée sur l’emploi excessif de la force
contre les personnes armées n’a pas changé.
Il est aussi devenu clair que la clause
du communiqué de Charm Al-Cheikh invitant
le gouvernement d’Allaoui à opter pour le
dialogue national avec ses opposants est
restée lettre morte.
En
fait, personne ne s’attendait vraiment à
ce que la conférence de Charm Al-Cheikh
apporte un changement profond dans la conjoncture
iraqienne. La conférence avait essentiellement
pour objectif que le gouvernement iraqien
transitoire obtienne le soutien des pays
du voisinage et des pays qui s’étaient opposés
à la guerre pour organiser les élections
à leur date prévue, fin janvier. Le gouvernement
iraqien aspirait aussi à obtenir l’aide
de ces pays pour mettre un terme au terrorisme
et à garantir le respect de l’engagement
que le retrait des forces d’occupation soit
lié au succès du processus politique et
non à un calendrier. Ce qui donnerait aux
forces américaines la liberté de déterminer
la date de la fin du processus politique
sans être obligées de respecter une date
déterminée.
Sur
d’autres points encore, le communiqué de
la conférence de Charm Al-Cheikh était assez
vague. Il ne comprenait pas d’engagement
précis. Il n’a fait que confirmer le contenu
de la résolution 1 546 sur l’indépendance
et la souveraineté de l’Iraq et sur le rôle
de premier plan de l’Onu dans le pays. Il
a peut-être apporté quelques rajouts. Il
a recommandé d’éviter l’emploi excessif
de la force et de préserver la citoyenneté.
Il a aussi incité le gouvernement transitoire
à élargir la participation de toutes les
tendances dans le processus politique, tout
en condamnant les actes terroristes et demandant
que des mesures soient prises pour empêcher
le passage des terroristes de et vers l’Iraq.
Il
est certain que l’Egypte a joué un rôle
important dans la tenue de cette conférence
et dans la réalisation de l’entente entre
les parties malgré les nombreux obstacles.
Reste
une question importante : le peuple iraqien
a-t-il tiré un quelconque profit de cette
conférence ? La réponse à cette question
viendra avec les évolutions de la situation
en Iraq. Les massacres actuels se poursuivront-ils
? Le groupe d’Ahl Al-Sunna (Les partisans
de la sunna) restera-t-il en dehors du processus
politique ? Ou bien le gouvernement d’Allaoui
réussira-t-il à réaliser une entente nationale
entre les chiites, les Kurdes et les sunnites
puis avec les autres forces d’opposition
de sorte que les élections de janvier deviennent
un début réel pour un nouvel Iraq, régi
par une légitimité iraqienne et non la légitimité
de l’occupation ? .
|