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les présidentielles palestiniennes approchent, plus les
chances de victoire du nouveau chef de l’Organisation
de Libération de la Palestine (OLP), Mahmoud Abbass, augmentent.
Celui-ci est le plus grand favori des élections prévues
le 9 janvier. Dimanche, les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa,
groupe armé lié au mouvement Fatah, ont annoncé dans la
bande de Gaza qu’elles soutenaient la candidature de Mahmoud
Abbass à l’élection du président de l’Autorité palestinienne.
« Nous annonçons notre engagement total à soutenir notre
frère Abou-Mazen qui, nous le pensons, accomplira la volonté
du peuple palestinien », a indiqué ce groupe.
Dans
leur communiqué, les Brigades d’Al-Aqsa ont souligné la
« nécessité de préserver l’unité » des Palestiniens, tout
en appelant à des réformes, notamment au sein du Fatah.
« Nous appelons à la démocratie dans la société palestinienne
pour que les choix démocratiques puissent s’exercer à
tous les niveaux et qu’il soit possible de lutter contre
la corruption », a-t-il ajouté.
En
Cisjordanie, certains responsables des Brigades ont également
exprimé leur appui à la candidature de Mahmoud Abbass,
tandis que d’autres se contentaient d’affirmer qu’ils
« respecteraient la volonté populaire » et ne feraient
rien pour entraver l’élection prévue le 9 janvier.
M.
Abbass, 69 ans, ex-premier ministre considéré comme un
modéré, a été choisi la semaine dernière comme le candidat
du Fatah pour remplacer Yasser Arafat, décédé le 11 novembre,
à la tête de l’Autorité palestinienne.
Sur
le plan interne, M. Abbass fait du contrôle de la situation
sécuritaire sa priorité et veut que les forces de sécurité
palestiniennes soient les seules à porter des armes dans
les territoires palestiniens. Ce faisant, il attend dans
les semaines à venir une réponse positive du Hamas à sa
demande d’un arrêt de toute violence, a-t-il indiqué lors
d’un entretien avec le Washington Post publié dimanche.
«
J’espère qu’ils vont dire oui dans peut-être deux, trois
ou quatre semaines. Nous travaillerons avec eux jusqu’à
ce que nous obtenions cette décision, et après cela nous
irons dire aux Américains et aux Israéliens que la balle
est dans leur camp », a-t-il indiqué. « J’espère obtenir
un accord de cessez-le-feu avec eux comme je l’avais obtenu
lorsque j’étais premier ministre », a ajouté Mahmoud Abbass.
« Ils veulent participer aux élections parlementaires.
J’ai dit oui, pourquoi pas ? Ils veulent participer au
pouvoir. J’ai dit d’accord. Ils veulent et nous voulons
qu’ils soient partie intégrante de la société civile,
pas en dehors. Une fois qu’ils feront partie de la société
civile, il s’agira d’un changement majeur dans nos vies
», a souligné le président de l’OLP.
Sur
le plan externe, M. Abbass s’est déclaré prêt à rencontrer
le premier ministre israélien Ariel Sharon, mais seulement
après « la remise en ordre de la maison palestinienne
», a-t-il indiqué. En réponse, le premier ministre israélien
Ariel Sharon s’est dit prêt à rencontrer M. Abbass et
à mettre ainsi fin au boycottage de la direction palestinienne.
Alors qu’un haut responsable israélien a affirmé sous
condition d’anonymat : « Nous sommes d’accord pour des
contacts, mais nous voulons donner du temps aux dirigeants
palestiniens pour leur permettre de prendre le contrôle
de la situation » après le décès de leur chef historique.
« Nous sommes aussi d’accord pour coordonner avec les
Palestiniens l’organisation du scrutin, notamment pour
les électeurs habitant à Jérusalem », dans la partie orientale
conquise et annexée en 1967 par Israël, a ajouté ce haut
responsable.
Le
haut responsable israélien a en outre assuré qu’Israël
envisage de coordonner avec les Palestiniens l’application
de son plan de désengagement unilatéral de la bande de
Gaza « pour favoriser le transfert des pouvoirs ». Selon
ce plan, l’Etat hébreu doit quitter cette région d’ici
la fin 2005, démanteler les 21 colonies qui s’y trouvent
ainsi que quatre autres en Cisjordanie, et évacuer leurs
8 000 habitants.
La
candidature d’Abou-Mazen est d’autant plus renforcée après
la décision de Marwane Barghouti, chef du principal mouvement
palestinien Fatah détenu en Israël, de ne pas briguer
la présidence de l’Autorité palestinienne. M. Barghouti,
45 ans, a expliqué avoir motivé sa décision par sa volonté
de « rester fidèle aux principes du leader martyr Yasser
Arafat et de préserver l’unité du Fatah ».
Le
chef du Fatah en Cisjordanie a exhorté M. Abbass à « œuvrer
au renforcement de l’unité palestinienne », à entreprendre
« des réformes drastiques au sein des institutions de
l’Autorité palestinienne et à demander des comptes aux
responsables corrompus ».
L’annonce
de M. Barghouti vendredi soir a écarté la possibilité
de dissensions au sein du principal mouvement palestinien
Fatah, dont la plus haute instance a désigné Mahmoud Abbass
comme son candidat pour remplacer Yasser Arafat. Elle
est intervenue après l’annonce de la tenue d’élections
internes au sein du Fatah en 2005 pour renouveler ses
instances dirigeantes, un scrutin réclamé par la « nouvelle
génération » du mouvement incarnée par M. Barghouti.
Le
sixième congrès du Fatah, le premier depuis 1987, se tiendra
le 4 août 2005, selon un ministre du mouvement, Ibrahim
Aboul-Naja. De nouveaux membres seront élus au Comité
central et Conseil révolutionnaire et, si besoin est,
un nouveau programme pour le mouvement sera adopté de
même que des amendements de la loi fondamentale. |