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Carburant propre . Le Gaz Naturel pour Véhicule (GNV), dont l’usage a débuté en Egypte il y a 7 ans, a jusqu’à présent peu d’adeptes. Mais ce carburant entre aujourd’hui dans une nouvelle phase. Les ministères du Pétrole et de l’Environnement essayent à tout prix de le propager.

Comment profiter du propre
et pas cher
Samedi dernier, vers midi, dans la rue Zaker Hussein, la station d’approvisionnement de GNV, dépendant de la compagnie Car-Gaz, comptait trois voitures : deux taxis et un microbus. Un des deux chauffeurs de taxi qui a passé quelques trois minutes pour approvisionner son véhicule était sur le point de quitter la station. « J’ai converti mon taxi vers le GNV, il y a deux ans maintenant, j’ai entendu dire que le GNV est un carburant propre mais je m’en moque, moi je voulais réduire mes dépenses et le mètre cube de gaz est à 45 piastres alors que le litre d’essence va de 90 piastres à 1,60 L.E. Ce qui fait que je travaille pendant 12 heures et le carburant ne me coûte que 8 L.E., c’est miraculeux », explique Am Zaher, chauffeur de 58 ans. Il a indiqué cependant que parmi les inconvénients du GNV figure le fait qu’il empêche la voiture d’atteindre vite la vitesse maximale, tout en assurant que pour lui, ce n’est pas un grand problème. « Mon but n’est pas de rouler à grande vitesse, c’est peut-être un inconvénient pour les voitures privées et pour les chauffeurs de taxis qui sont pressés », assure Zaher. En effet, comme l’explique le géologue Salah Hafez, ex-directeur exécutif de l’Agence Egyptienne pour les Affaires de l’Environnement (AEAE), « les moteurs des voitures en Egypte ne sont pas conçus pour se convertir, alors à la suite de la conversion, les moteurs se trouvent incapables d’atteindre, tout de suite, la vitesse maximale, et c’est une réaction naturelle ». Et d’assurer que la voiture fonctionnant au GNV reste toujours capable d’atteindre la vitesse maximale mais un peu plus tard que les autres fonctionnant à l’essence.

Quant à Hag Sayed Issa, chauffeur de microbus venant de Mansoura, il n’a pas trouvé d’inconvénient à utiliser le GNV. Seul le manque de station d’approvisionnement sur les autoroutes fait défaut. « Il n’y a pas de station sur l’autoroute Le Caire-Alexandrie, il y a une station à Qalioub et une autre dans la ville de Tanta, si par exemple je veux aller à Mahalla, je ne pourrais pas m’approvisionner tout au long de la route », explique Hag Sayed.

En effet, les compagnies de conversion s’intéressent plus à augmenter le nombre de stations-services dans les villes afin de réduire la pollution de l’air. « La pollution sur les autoroutes ne représente pas un problème ; de plus, tous les véhicules convertis peuvent utiliser les deux genres de carburant », souligne le Dr Mahmoud Badrane, PDG de Car-Gaz, la plus ancienne compagnie de conversion.

Il ajoute qu’il y a quand même des stations d’approvisionnement sur les autoroutes désertiques Le Caire-Alexandrie et Le Caire-Ismaïliya. « L’objectif initial était de sensibiliser les gens et les convaincre que le GNV est un choix modèle. Ensuite, on s’est intéressé à fournir le plus grand nombre de stations-services au sein des villes surpeuplées. Dans une nouvelle phase, on donnera plus d’importance aux stations d’approvisionnement sur les autoroutes ce qui est une dégradation logique », assure le Dr Badrane.

En fait, bien que les chauffeurs de taxis soient les clients les plus fidèles au GNV, certains d’entre eux ne sont pas tout à fait convaincus par la conversion. « Mes collègues me disent que le GNV réduit la compétence du moteur, voire il l’érode, nous sommes des gens pauvres incapables de réparer tout le temps les moteurs », déclare Samir Mahmoud, chauffeur et propriétaire de taxi.

Pour le Dr Badrane, le GNV au contraire préserve les moteurs. « Quand le taux d’octane augmente dans un carburant, cela veut dire que la combustion est meilleure, elle dégage moins d’échappement et préserve plus les moteurs », explique le Dr Badrane.


Les efforts du pétrole et de l’environnement

Pour promouvoir l’usage du GNV, le secteur du pétrole a commencé l’exécution d’un plan visant à convertir 2 000 taxis — dans le cadre du nouveau projet des taxis pour la ville du Caire — qui prévoit de nouveaux taxis climatisés, munis de compteur électronique, de talkies-walkies et qui en plus roulera au GNV.

« Le futur proche témoignera d’une nouvelle stratégie basée sur la propagation du GNV comme carburant propre à travers la conversion des bus du transport public qui fonctionnent au gasoil », a déclaré, la semaine dernière, Sameh Fahmi, ministre du Pétrole. Selon lui, c’est le Conseil des ministres lui-même qui a décidé la propagation de l’usage du GNV dans les différents moyens de transport. « Pour propager l’usage du GNV, il nous faut travailler plus sur la construction de nouvelles stations de conversion et d’approvisionnement et c’est exactement ce qu’on est en train de faire », assure M. Fahmi.

En ce qui concerne le ministère de l’Environnement, il exécute actuellement un projet qui est le programme de conversion des véhicules gouvernementaux vers le GNV, dont la première phase a commencé en 2003. Ce programme vise à convertir 2 000 véhicules appartenant au gouvernement avec un coût de 13 millions de L.E. octroyé par le ministère des Finances.

« Nous avons déjà converti 362 véhicules qui appartiennent aux ministères de la Jeunesse, de la Culture, de l’Environnement, des Finances, ainsi que des véhicules appartenant aux gouvernorats d’Ismaïliya, de Suez, de Gharbiya et d’autres », indique le Dr Mawaheb Aboul-Azm, directrice du Programme. Elle ajoute que 1 114 véhicules sont sous conversion. « Quand la première phase sera terminée, il y aura une deuxième, une troisième et une quatrième d’un coût total de 12 millions de L.E. », confirme le Dr Mawaheb.

En effet, les responsables essayent à tout prix de promouvoir le GNV qui se trouve en abondance dans le territoire égyptien pour diminuer les importations de pétrole qui épuisent le budget de l’Etat. Des efforts déployés ici et là dans les différents ministères n’aboutiront pas à un grand résultat. Il nous faut donc toute une campagne nationale pour encourager les gens à utiliser le GNV l

Dalia Abdel-Salam.
 
Un congrès de l’UICN a mis en garde contre l’appauvrissement de la diversité biologique.
Les espèces animales en danger

Du puissant requin à l’humble grenouille, force est de constater que la diversité biologique de la planète s’appauvrit à un rythme sans précédent. Il a incombé aux mille et quelques organisations membres de l’UICN (Union mondiale pour la nature) participant au 3e Congrès mondial de la nature de l’UICN, qui a eu lieu du 17 au 25 novembre à Bangkok, de rechercher des moyens pour mettre un terme à cette crise grandissante de l’extinction.

En fait, l’état de la diversité biologique mondiale s’aggrave nettement et les 4 000 à 5 000 participants, représentant notamment le secteur privé et des organisations gouvernementales et non gouvernementales, ont cherché des moyens de renverser cette tendance. Ils ont attiré notamment l’attention de la communauté internationale sur le fait que la disparition des espèces a des implications cruciales pour le bien-être de l’homme et que la préservation de la diversité biologique est indispensable pour gérer les risques que cela peut engendrer pour le développement durable.

En effet, les gouvernements se sont engagés à lutter contre l’appauvrissement de la diversité biologique lors du Sommet mondial sur le développement durable de 2002 en se fixant l’objectif de parvenir à une réduction significative du taux de perte de diversité biologique d’ici 2010, faisant ainsi écho à un objectif similaire adopté un peu plus tôt la même année par les parties à la Convention sur la diversité biologique.

L’établissement de cet objectif a attiré l’attention sur les besoins en informations pour lutter contre la perte de diversité biologique. Quel est l’état général de la diversité biologique, à quel rythme s’appauvrit-elle, où constate-t-on les pertes et quelles en sont les causes ? Ces informations sont nécessaires pour concevoir et mettre en œuvre des stratégies de conservation efficaces, et la liste rouge UICN des espèces menacées en est une des principales sources. C’est un outil majeur pour évaluer les progrès accomplis en matière de réalisation des objectifs. Dans la version 2004 de la liste rouge, il s’agit de la plus importante évaluation jamais entreprise de l’état de la diversité biologique mondiale. Cette évaluation est le fruit du travail du consortium de la liste rouge, composé de l’UICN et de sa Commission de la sauvegarde des espèces, de Conservation International et de son Center for Applied Biodiversity Science, de BirdLife International et de NatureServe. Ce document met en évidence les tendances en matière de diversité biologique sur les quatre dernières années depuis la dernière analyse d’envergure, réalisée en 2000, et comprend, pour la première fois, une évaluation complète des amphibiens, des cycadées (un ancien groupe de végétaux) et des conifères, ainsi que des études de cas régionales. Elle met également en évidence les espèces dont le risque d’extinction est majeur, en précisant leur aire de répartition et les menaces auxquelles elles sont confrontées.

Depuis la publication de la liste rouge 2003, 15 633 entrées ont été ajoutées et 3 579 espèces ont fait l’objet d’une nouvelle évaluation. La liste des espèces menacées compte maintenant 7 266 espèces animales et 8 323 espèces de végétaux et de lichens. Au total, 784 espèces animales et végétales sont aujourd’hui considérées comme éteintes et 60 espèces supplémentaires ne survivent qu’en captivité ou en culture.

Que ce soit directement ou indirectement, le déclin des espèces est essentiellement dû à l’homme. La destruction et la dégradation des habitats constituent les principales menaces mais il faut y ajouter la surexploitation aux fins de production alimentaire ou pour le commerce des animaux de compagnie ou des produits médicamenteux, l’introduction d’espèces, la pollution et les maladies. Le changement climatique est également de plus en plus incriminé.

 

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