Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

L'Egypte

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Portrait
Littérature
Arts
Femmes
Société
Sport
Environnement
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Partis . Le président du nouveau parti libéral Al-Ghad, Aymane Nour, expliqueson programme politique et analyse les projets de réforme du gouvernement.

« Le gouvernement veut améliorer son image
à l’étranger »

Al-Ahram Hebdo : Existe-t-il une sorte d’arrangement politique derrière la décision du comité des partis d’approuver la fondation d’Al-Ghad, alors qu’elle a été refusée quatre fois ?

Aymane Nour : Non, il n’y a pas eu d’arrangement avec le comité des partis. La fondation de notre parti a été refusée à quatre reprises par ce comité. A chaque fois nous apportions des éclaircissements aux remarques formulées par ses membres et établissions un programme différent qui réponde à leurs exigences. D’autre part, cette acceptation est intervenue une semaine seulement avant que la justice à laquelle nous avons eu recours ne se prononce favorablement sur l’affaire. Tout ceci prouve que les allégations du comité étaient mal fondées.

— Etes-vous d’accord avec l’avis selon lequel cette autorisation a pour seul but d’améliorer l’image de l’Egypte à l’étranger ?

— Oui, je suis tout à fait d’accord avec cet avis car le gouvernement a le désir d’améliorer son image dans le cadre de son plan de réforme politique. Mais en même temps, nous sommes le seul parti à avoir établi son programme en 2 200 pages, couvrant les différents problèmes dont souffre notre société et les solutions envisageables. A cet effet, nos priorités ont trait à la réforme politique et à l’amélioration des services publics. Je pense que cette autorisation historique est en rapport avec le plan de réforme politique de l’Etat. La scène politique bouge peu. Les partis de l’opposition souffrent de conflits internes ou causés par l’Etat à l’exemple du Parti du travail en suspension. L’Etat est accusé de passivité. C’est pour cela qu’à mon avis, il essaie de corriger son image pour montrer qu’il n’est pas contre l’opposition.

— Comment entendez-vous préserver l’unité de votre parti ?

— Vous savez, il n’existe pas de parti où il n’y a pas de différends entre ses adhérents. Mais, l’important ici c’est que nous avons un mécanisme bien défini qui organise notre travail et les affaires internes : la démocratie. Les décisions dans notre parti ne seront jamais unilatérales, de plus nous laissons la porte ouverte à tous ceux qui veulent y assumer un rôle : le Ghad est le parti de tous les Egyptiens. Cela va nous aider à augmenter le nombre des adhérents susceptibles de protéger le parti contre les désaccords au moment où les autres partis de l’opposition sont fermés aux citoyens.

— Le parti d’Al-Ghad est-il prêt à nouer des alliances avec des groupes politiques illégaux comme les Frères musulmans ou les autres partis qui attendent d’être approuvés ?

— Je ne suis pas pour une alliance entre les partis d’opposition, mais je préfère la coopération et l’organisation. Chaque parti a son idéologie indépendante, on ne peut pas associer deux courants à moins qu’ils aient les mêmes idées. Par exemple, le parti d’Al-Wassat est plutôt islamiste, celui d’Al-Karama socialiste, tandis que le nôtre est plutôt libéral. Mais on peut parler d’une coopération électorale. A cette occasion, je déclare pour la première fois que la participation des deux partis Al-Wassat et Al-Karama à une alliance électorale avec le parti du Ghad est la bienvenue.

— Pensez-vous que le modèle démocratique à l’occidentale peut être appliqué en Egypte ?

— Il est important de savoir qu’Al-Ghad est un parti libéral selon les critères égyptiens qui datent d’un siècle et qui ont été établis par des personnalités jouissant de beaucoup de considération, notamment Rifaa Al-Tahtawi, Mohamad Abdou, Saad Zaghloul, ainsi que des représentants du mouvement libéral à Al-Azhar. Notre caractère libéral vient des profondeurs de notre société. L’Etat estime que tout changement est dangereux, mais pour moi, le vrai danger c’est la stagnation de la vie politique.

— Comment évaluez-vous la réforme politique vue par l’Etat ?

— Il faut faire la différence entre ce que l’Etat déclare vouloir faire, qui est en deçà de nos souhaits, et ce qu’il a déjà réalisé et qui sont des mesures de pure forme uniquement. Des modifications palpables apportées à la Constitution égyptienne qui datent de 1971 sont aujourd’hui nécessaires. A cet effet, nous avons formé un comité constitué de 13 avocats membres du parti pour élaborer un projet complet qui apporte de vraies modifications à la Constitution, voilà une première en Egypte depuis plus de trente ans .

Propos recueillis par
Ola Hamdi

Retour au Sommaire

 
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631