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Le pour et le contre de Charm Al-Cheikh
Par Ibrahim Nafie

Bien qu’elle n’ait pas été à la hauteur des ambitions arabes — le calendrier concernant le retrait des forces d’occupation ou le transfert du dossier aux Nations-Unies —, la conférence de Charm Al-Cheikh a généré un mouvement politique susceptible de garantir la sécurité et l’unité de l’Iraq. L’essentiel est de concevoir cette conférence dans le cadre d’une vision globale, à la lueur de la situation difficile en Iraq. La conférence n’a pas atteint les objectifs souhaités par certaines parties à cause de lacunes inhérentes à son organisation même. A savoir l’absence de la résistance iraqienne et des minorités actives. Mais nous devons malgré cela remettre la conférence dans son contexte. Un contexte complexe qui reflète à la fois la réalité internationale et régionale.

Le concept même de résistance a fait l’objet de nombreuses difficultés en raison surtout des groupuscules extrémistes qui ont porté préjudice à l’image de la résistance iraqienne en raison des opérations de destruction et d’assassinats contre les civils iraqiens et les ressortissants étrangers. Les opérations de résistance ont donné lieu à des représailles et autres crimes sans pour autant réussir à contraindre les forces de la coalition à se retirer. Malgré les pertes et les dommages que la résistance inflige chaque jour aux forces de la coalition, le peuple américain a réélu le président Bush pour un second mandat. Un retrait américain aujourd’hui serait interprété comme une défaite pour l’Amérique.

Les Etats-Unis refusent les appels à l’arrêt des massacres, les forces internationales comme la France, l’Allemagne ou la Chine, sont réduites à des déclarations ou des appels. Quant aux Nations-Unies, elles ne peuvent intervenir qu’avec l’approbation des Etats-Unis, qui possèdent le droit de veto au Conseil de sécurité.

Dans la mesure où les indices d’une fin d’occupation sous l’effet de la résistance armée sont encore lointains, il est nécessaire d’agir pour mettre fin à ce désastre. Pour ce faire, les Etats de la coalition doivent s’engager sur un accord qui permettrait l’arrêt du conflit d’une part, et la promotion du rôle des Nations-Unies et des forces internationales pour arriver finalement à l’indépendance de l’Iraq, d’autre part.

C’est précisément dans cette perspective qu’il faut voir la conférence de Charm Al-Cheikh : le début d’un processus politique susceptible de mener à la fin de l’occupation. Il s’agit tout d’abord d’encourager le gouvernement provisoire à commencer un véritable dialogue national avec toutes les forces politiques pour élargir la participation aux élections qui auront lieu au mois de janvier prochain. Agir ensuite en collaboration avec les Nations-Unies et les forces internationales, la France, l’Allemagne et la Chine pour l’application de la résolution 1 546 du Conseil de sécurité. La résolution qui donne au gouvernement iraqien le droit de réclamer le retrait des forces d’occupation .

 

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