«
La conférence de Charm Al-Cheikh a-t-elle atteint ses
objectifs ? Qu’en sera-t-il des conséquences de cette
conférence ? La conférence de Charm Al-Cheikh est-elle
l’ultime chance pour ramener la stabilité en Iraq ?
Quand verrons-nous la fin de l’occupation et le retour
de la souveraineté en Iraq ? », s’est interrogée la
presse cette semaine.
L’éminent
écrivain Gamal Badawi s’indigne dans le quotidien Al-Wafd
: « La conférence de Charm Al-Cheikh n’a même pas pris
la peine de dire un seul mot sur un éventuel retrait
des forces d’occupation en Iraq. Car le communiqué final
a été rédigé par les parrains quelques jours avant le
début de la conférence. Ceux qui étaient présents n’avaient
le droit ni d’ajouter ni de supprimer des passages ;
il s’est agi uniquement de signer ! Les conférenciers
ont totalement ignoré la principale cause de l’anarchie
en Iraq, à savoir l’occupation étrangère. Et tout ce
qu’ils ont pu dire, c’est que l’occupation n’est pas
éternelle ».
Mais
qu’en est-il de la position du gouvernement iraqien
lui-même ?
«
Le gouvernement iraqien aurait tort de croire que la
conférence de Charm Al-Cheikh a béni sa politique et
sa gestion des affaires du pays. Ce qui est certain,
c’est qu’elle soutient la politique supposée être appliquée
par ce gouvernement et qu’elle ne réussit pas jusqu’à
maintenant », écrit Abdel-Wahab Badrakhane dans Al-Hayat.
« Et si le communiqué de Charm Al-Cheikh ne parle pas
de victoire pour le gouvernement à Falloujah, c’est
parce qu’il l’enregistre au profit des Américains dont
les victoires ont beaucoup augmenté en Iraq », ajoute-t-il.
La
conférence a aussi eu ses répercussions au niveau régional.
Sous
le titre L’occupation américaine en Iraq permet à l’Iran
de réaliser ses ambitions régionales, Sélim Nassar,
écrivain libanais, explique dans le quotidien londonien
Al-Hayat : « La conférence de Charm Al-Cheikh a mis
en lumière certaines vérités : il est vrai que les prochaines
élections iraqiennes donneront lieu au premier régime
arabe gouverné par les chiites ; ainsi l’Iran verra
le premier modèle de ce qu’il veut réaliser dans la
région, même si c’est à travers l’occupation américaine
».
Mais
certains analystes trouvent que la conférence de Charm
Al-Cheikh a été une occasion sans précédent pour résoudre
la question iraqienne. C’est ce qu’affirme Karam Gabr
dans le magazine hebdomadaire Rose Al-Youssef : « La
diplomatie égyptienne a résolu des problèmes compliqués,
et la conférence de Charm Al-Cheikh a permis de mettre
au point un plan clair pour sortir l’Iraq de l’impasse
».
De
plus, l’éditorialiste Ossama Saray a soutenu la même
thèse dans le magazine hebdomadaire Al-Ahram Al-Arabi
: « Une conférence telle que celle de Charm Al-Cheikh
et sa façon de traiter la question iraqienne avec ses
dimensions politiques et religieuses a pour but de protéger
l’Iraq. Car son but est de sortir le pays des catastrophes
de la dictature, de l’embargo, mais aussi de l’occupation
».
Pour
sa part, le politologue Zakariya Nil responsabilise
dans cette conférence la communauté internationale :
« En effet, la communauté internationale doit présenter
tout ce qu’elle peut d’aides afin de protéger le rôle
de l’Onu. En Iraq surtout, ce rôle est considéré comme
une étape vers un élargissement du cercle de la participation
iraqienne. Cela afin de garantir la réussite du processus
politique ».
La
conférence de Charm Al-Cheikh a été une tentative d’éclaircissement
d’une situation iraqienne de plus en plus compliquée.