Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

Kiosque

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie
Carrefour
de Mohamed Salmawy
Portrait
Littérature
Arts
Femmes
Société
Sport
Environnement
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine
Kiosque. Entre partisans et opposants, les commentaires sur la conférence de Charm Al-Cheikh ont dominé la presse cette semaine.
Bilan d’une conférence

« La conférence de Charm Al-Cheikh a-t-elle atteint ses objectifs ? Qu’en sera-t-il des conséquences de cette conférence ? La conférence de Charm Al-Cheikh est-elle l’ultime chance pour ramener la stabilité en Iraq ? Quand verrons-nous la fin de l’occupation et le retour de la souveraineté en Iraq ? », s’est interrogée la presse cette semaine.

L’éminent écrivain Gamal Badawi s’indigne dans le quotidien Al-Wafd : « La conférence de Charm Al-Cheikh n’a même pas pris la peine de dire un seul mot sur un éventuel retrait des forces d’occupation en Iraq. Car le communiqué final a été rédigé par les parrains quelques jours avant le début de la conférence. Ceux qui étaient présents n’avaient le droit ni d’ajouter ni de supprimer des passages ; il s’est agi uniquement de signer ! Les conférenciers ont totalement ignoré la principale cause de l’anarchie en Iraq, à savoir l’occupation étrangère. Et tout ce qu’ils ont pu dire, c’est que l’occupation n’est pas éternelle ».

Mais qu’en est-il de la position du gouvernement iraqien lui-même ?

« Le gouvernement iraqien aurait tort de croire que la conférence de Charm Al-Cheikh a béni sa politique et sa gestion des affaires du pays. Ce qui est certain, c’est qu’elle soutient la politique supposée être appliquée par ce gouvernement et qu’elle ne réussit pas jusqu’à maintenant », écrit Abdel-Wahab Badrakhane dans Al-Hayat. « Et si le communiqué de Charm Al-Cheikh ne parle pas de victoire pour le gouvernement à Falloujah, c’est parce qu’il l’enregistre au profit des Américains dont les victoires ont beaucoup augmenté en Iraq », ajoute-t-il.

La conférence a aussi eu ses répercussions au niveau régional.

Sous le titre L’occupation américaine en Iraq permet à l’Iran de réaliser ses ambitions régionales, Sélim Nassar, écrivain libanais, explique dans le quotidien londonien Al-Hayat : « La conférence de Charm Al-Cheikh a mis en lumière certaines vérités : il est vrai que les prochaines élections iraqiennes donneront lieu au premier régime arabe gouverné par les chiites ; ainsi l’Iran verra le premier modèle de ce qu’il veut réaliser dans la région, même si c’est à travers l’occupation américaine ».

Mais certains analystes trouvent que la conférence de Charm Al-Cheikh a été une occasion sans précédent pour résoudre la question iraqienne. C’est ce qu’affirme Karam Gabr dans le magazine hebdomadaire Rose Al-Youssef : « La diplomatie égyptienne a résolu des problèmes compliqués, et la conférence de Charm Al-Cheikh a permis de mettre au point un plan clair pour sortir l’Iraq de l’impasse ».

De plus, l’éditorialiste Ossama Saray a soutenu la même thèse dans le magazine hebdomadaire Al-Ahram Al-Arabi : « Une conférence telle que celle de Charm Al-Cheikh et sa façon de traiter la question iraqienne avec ses dimensions politiques et religieuses a pour but de protéger l’Iraq. Car son but est de sortir le pays des catastrophes de la dictature, de l’embargo, mais aussi de l’occupation ».

Pour sa part, le politologue Zakariya Nil responsabilise dans cette conférence la communauté internationale : « En effet, la communauté internationale doit présenter tout ce qu’elle peut d’aides afin de protéger le rôle de l’Onu. En Iraq surtout, ce rôle est considéré comme une étape vers un élargissement du cercle de la participation iraqienne. Cela afin de garantir la réussite du processus politique ».

La conférence de Charm Al-Cheikh a été une tentative d’éclaircissement d’une situation iraqienne de plus en plus compliquée.

Hoda Ghali
Retour au sommaire

Défis

« Candidat unique » du Fatah à l’élection du 9 janvier pour choisir un successeur à Yasser Arafat à la tête de l’Autorité palestinienne, le nouveau chef de l’OLP, Mahmoud Abbass, va avoir fort à faire pour s’imposer et remettre sur les rails un processus de paix au point mort. Pour y parvenir, il doit relever plusieurs défis : intransigeance israélienne, risque de durcissement de Washington, fronde des groupes armés palestiniens et au sein même de son propre mouvement, le Fatah.

Ce modéré âgé de 69 ans, qui a l’appui de la vieille garde du parti dominant Fatah, est le grand favori de l’élection présidentielle. Lorsqu’il avait été premier ministre durant quatre mois en 2003, il s’était heurté au refus du gouvernement israélien d’Ariel Sharon de faire des concessions qui lui auraient été pourtant bien nécessaires pour renforcer sa popularité. Abbass avait réclamé en vain des libérations de prisonniers, un retrait des villes palestiniennes réoccupées et un arrêt des « opérations de liquidation » de l’armée israélienne. Or le gouvernement israélien n’a pas dévié de cette position après le décès d’Arafat.

Washington de son côté continue à soutenir la position israélienne alors que la nomination de Condoleezza Rice à la tête du département d’Etat fait craindre dans le monde arabe un durcissement de la politique américaine au Proche-Orient.

Sur le front intérieur, Abbass se trouve confronté non seulement à des mouvements d’opposition radicaux qu’il tente de convaincre de suspendre la lutte armée, mais aussi à des groupes armés dans la mouvance de son parti, le Fatah, mais échappant à tout contrôle. Les responsables des services de sécurité reconnaissent la difficulté de désarmer la myriade de mouvements durant les huit semaines précédant les élections.

Autre défi interne : la « nouvelle génération » du Fatah qui aspire à jouer un rôle plus important dans la prise de décision. L’annonce puis le retrait de la candidature à la présidentielle de Marwan Barghouthi, secrétaire général du Fatah en Cisjordanie, détenu en Israël, a bien illustré ce problème. Le retrait est intervenu à la suite de l’annonce de la décision du Fatah de tenir des élections internes le 4 août 2005 pour renouveler les cadres du mouvement comme l’exige la jeune garde qu’incarne Barghouthi. Cette annonce était une tentative de la vieille garde de dissuader Barghouthi de se présenter au scrutin, au risque de diviser le Fatah dont la direction a opté pour Mahmoud Abbass.

 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631