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Cinéma. Festival international du film du caire . 160 films de 49 pays sont en salles jusqu’au 10 décembre. Et 18 films, dont 3 égyptiens, sont en compétition lors de cette 28e édition devant un jury présidé par le réalisateur italien Carlo Foscani. Tour d’horizon.
Come-back égyptien

Chérif Al-Choubachi, président du festival, a annoncé fièrement le début d’une nouvelle édition, caractérisée par une riche participation égyptienne avec 3 films en compétition et un quatrième projeté hors compétition. Le premier film est Al-Bahessate an al-horriya (Les Chercheuses de liberté), écrit par Rafiq Al-Sabbane et réalisé par Inès Al-Dégheidi, avec Ahmad Ezz et Dalia Al-Béheiri. Al-Dégheidi fait ainsi son retour après 3 ans d’absence depuis son dernier film, Mozakérate morahéqa (Journal d’une adolescente). Le film, une coproduction égypto-française, relate l’histoire de trois jeunes filles, une Libanaise, une Marocaine et une Egyptienne, qui essayent de fuir leurs sociétés respectives à la recherche de la liberté en France. Les polémiques seront donc au rendez-vous, comme de coutume avec les films d’Al-Dégheidi, vu le contenu critique de la fiction.

Le deuxième film, Enta omri (Tu es ma vie), avec Hani Salama, Nelly Karim et Menna Chalabi, a été réalisé par Khaled Youssef, de retour au festival après 4 ans d’absence et la projection d’Al-Asséfa (La Tempête) en 2000. Le troisième film en compétition est du genre comique : Khali min al-kolestérol (Sans cholestérol), de Mohamad Abou-Seif, avec Achraf Abdel-Baqi et Elham Chahine. « La richesse d’un cinéma ne se mesure pas en recettes, mais en nombre de films sélectionnés par les festivals internationaux, souligne le critique Ahmad Saleh, membre du bureau technique du festival. Les films égyptiens constituaient le problème traditionnel des dernières éditions, car la production était limitée et la majorité des producteurs préféraient projeter leurs films durant l’été, quelques semaines avant le festival. Cette année, la participation de 3 films égyptiens témoigne d’un regain d’intérêt de la part des producteurs et des cinéastes pour le Festival du Caire ».

La direction du festival s’est trouvée contrainte de projeter le quatrième film Al-Onf wal sokhriya (La Violence et la satire), d’Asmaa Al-Bakri, hors compétition car soumis au festival après la date prévue. « En dépit de sa qualité artistique, il n’est pas en compétition, car l’Egypte est présente avec trois films, le nombre maximum autorisé au pays hôte », souligne Ahmad Saleh. Toujours dans le cadre d’une forte présence égyptienne, cette édition rend hommage aux comédiens Leïla Fawzi, Sabah, Zouzou Hamdi Al-Hakim, Mahmoud Morsi et Mamdouh Wafi, aux réalisateurs Saïd Marzouq, Kamal Al-Cheikh et Hussein Helmi Al-Mohandess, ainsi qu’au monteur Saïd Al-Cheikh et à la productrice Marie Queeny .

Yasser Moheb

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Gros plan sur l’Italie

Deux rétrospectives sont consacrées au cinéma italien des années 1950 à nos jours.

Deux programmes spéciaux intitulés « Films italiens classiques » et « Nouveau cinéma italien » seront réservés aux œuvres de Visconti, Monicelli, De Sica, Antonioni, Pasolini et beaucoup d’autres en marge des diverses sections du festival. « Le cinéma italien est très riche par ses films, ses cinéastes et ses sujets diversifiés. Il a aussi influencé d’autres cinémas d’Europe, d’Asie, y compris le cinéma égyptien des années 1950 et 60 », souligne le critique Magdi Al-Tayeb, membre du bureau technique du festival.

Le premier film tourné en Italie, Umberto et Marguerite de Savoie se promènent dans le parc, de Vittorio Calcina, date de 1896. Comme celui-ci, tous les courts métrages des débuts étaient des documentaires sur la réalité du pays. Mais, très vite est apparu le besoin de faire des fictions. En 1930, le premier film sonore italien, La Chanson de l’amour, voit le jour, inspiré d’une nouvelle de Pirandello et réalisé par Gennaro Righelli.

La Libération provoque en Italie la naissance d’un nouveau courant cinématographique baptisé par Umberto Barbaro en 1942 le « néoréalisme », lequel avait pour objectifs l’éveil et l’examen de la conscience en scrutant la réalité au lendemain de la seconde guerre mondiale. Les néoréalistes tournaient dans des décors réels avec des acteurs professionnels et non professionnels, sous des lumières naturelles renvoyant des images grises et sans effets techniques, investis de dialogues naturels portant sur les milieux populaires et les problèmes du quotidien.

C’est justement avec le néoréalisme que le cinéma italien devient finalement conscient de sa capacité à s’adresser au monde entier.

Visconti, l’un des maîtres du néoréalisme, remporte son premier grand succès en 1954 avec Senso, lequel est projeté à travers le panorama des films italiens classiques. Adaptée d’une œuvre de l’écrivain Boïto, l’histoire d’amour tragique du film fait ressortir le génie de la musique de Giuseppe Verdi, dans un lyrisme néoréaliste.

La vigilance critique à l’égard de la société, la nouveauté du langage et la popularité ont été les trois éléments qui ont permis au cinéma italien néoréaliste de fonctionner. On retrouve ces mêmes éléments dans la comédie à l’italienne des dix années suivantes, notamment dans les œuvres de metteurs en scène comme Mario Monicelli et dans des films comme ceux projetés dans le festival, dont Un Eroi di nostri tempi (Un héros de notre temps).

Vittorio De Sica a su façonner le cinéma italien de l’époque par ses films dont le plus célèbre est La Ciociara (Deux femmes), produit en 1960 et projeté durant le festival, tout comme le célèbre Michelangelo Antonioni auteur de L’Aventura (L’Aventure), de Pietro Germi auteur de Divorzio all’ italiana (Divorce à l’italienne) et Matrimonio all’ italiana (Mariage à l’italienne) signé Vittorio De Sica. Ces deux derniers films, pourtant opposés par leurs titres, abordent les mêmes idées et vices sociaux régnant à l’époque.

Ces mêmes sujets sociaux sont abordés dans les films de Pier Paolo Pasolini comme celui choisi par la direction du festival du Caire : Edipo re (Œdipe roi) réalisé en 1967.

Dans ce panorama, figurent également d’autres chefs-d’œuvre des années 1960 comme Banditi a Milano (Bandes à Milano), de Carlo Lizzani, et C’era una volta il west (Il était une fois l’ouest) de Sergio Leone. Le public est invité à découvrir la beauté des images italiennes des années 1970 et 80, tels les films de Giuliano Montaldo, de Francesco Rosi, d’Ettore Scola, de Luigi Comencini, ainsi que les deux œuvres, L’Ultimo imperatore (Le Dernier empereur) de Bernardo Bertolucci, avec ses films très esthétisants, historiques et lyriques, et Amarcord (Je me souviens) de Federico Fellini. Tous des auteurs qui continuent d’exercer une influence sur les metteurs en scène du monde entier.

Ensuite, le cinéma italien moderne des années 1980 et 90 a commencé à être proche de l’humain. Le sujet principal était l’homme. C’est un cinéma de cinéastes plus que de scénaristes : des images, des idées de plans plus que de scénarios, pas d’histoire mais des personnages. Malgré l’incapacité distributive du cinéma européen, entre autres italien, face au cinéma américain, un groupe de nouveaux cinéastes italiens a pu, à partir de 2000, réserver à l’Italie une place privilégiée sur la carte cinématographique internationale, à travers des œuvres qui se balancent entre l’esthétique et l’idéologique. 15 des films italiens les plus récents seront projetés, dont entre autres : Il Resto di niente (Le Reste du néant) d’Antoniette De Lilli, I Cento passi (Les Cent pas) de Marco Tullio Giordana, Il Piu bel giorno della mia vita (Le Plus beau jour de ma vie) de Cristina Comencini, et Ricordati di me (Souviens-toi de moi) de Gabrielle Muccini, choisi par la direction du festival pour être également le film d’ouverture de cette édition. On peut trouver de même cinq films représentant les dernières créations cinématographiques italiennes, produites en 2004, dont Che ne sara di noi (Qu’adviendra-t-il de nous ?) de Giovanni Veronesi, et Il Paradiso all’ improvisto (Le Paradis à l’improviste) de Leonardo Pieraccioni. Un programme copieux, couronné par deux autres films italiens en compétition : Gardiens des nuages de Luciano Odorisio, et Sentiment de culpabilité de Claudia Fragasso .

Y. M.
 

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