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Obligations . La
société égyptienne de télécommunications, Telecom Egypt, lance
aujourd’hui des obligations pour une valeur de 2 milliards de
L.E. Une première. |
Telecom
Egypt veut renflouer ses caisses |
| « C’est une source
d’emprunt à long terme. Qui vaut mieux que le fait d’emprunter
auprès des banques pour éviter les taux d’intérêt très élevés.
Après cette période, le créancier pourra récupérer son argent
en réalisant des dividendes. Les deux parties sortiront donc
gagnantes de cette affaire. Le créancier profitera lui aussi
puisque les dividendes seront plus élevés que les taux d’intérêt
offerts par les banques. Sans oublier que ces dividendes auront
également l’avantage d’être exemptés d’impôts ». C’est ainsi
qu’Oqeil Béchir, PDG de Telecom Egypt, commente le lancement
d’obligations de 2 milliards de L.E.
Une
première dans l’histoire des télécommunications en Egypte. Au
point de soulever une série de questions. Ce lancement est-il
une étape préliminaire à un lancement successif des obligations
? Est-ce une démarche destinée au lancement de ses actions en
Bourse ? Ou un pas vers la privatisation de ce géant des télécoms
en Egypte ?
Ali Salama, vice-président de Telecom Egypt,
avoue que « cette souscription s’explique simplement par le
fait que Telecom Egypt s’est transformée au début des années
1990 d’un simple organisme en une société indépendante assumant
ainsi seule ses responsabilités. La société a hérité d’un lourd
fardeau : des dettes accumulées qui ont atteint fin 2003 un
total de 5,369 milliards de L.E. Suite à cette transformation,
la société s’est engagée à rembourser toutes ses dettes ». Et
d’ajouter : « Ce qui a alourdi ce fardeau, c’est que durant
tout ce temps, la société s’est mise également à étendre son
activité en se basant sur ses revenus et ses bénéfices ». Selon
le rapport annuel de Telecom Egypt, les dettes envers le gouvernement
ainsi que les factures lourdes des rénovations effectuées dépassent
de loin ses bénéfices qui se sont alignés à 1,087 milliard de
L.E. en décembre 2003.
Pour faire face à cette situation, les obligations
sont aux yeux des décideurs de Telecom Egypt le meilleur moyen
de renflouer les caisses à moindre risque. Ces obligations seront
d’une période variant entre 5 et 7 ans, divisées en deux tranches
: 50 % à dividendes fixes et 50 % à dividendes variables. Seules
30 % de ces obligations seront consacrées aux individus (au
minimum 150 personnes) alors que les 70 % restants sont destinés
aux institutions. Leur promotion sera prise en charge par la
Banque d’Alexandrie, la Banque du Caire, la Banque arabo-africaine
internationale et City Group. Le taux d’intérêt de ces obligations
est fixé à 12 %, le plus élevé sur le marché.
Béchir a tenu à clarifier que le lancement
de ces obligations ne signifie pas la suppression de l’idée
du lancement de quelques actions de Telecom Egypt. L’idée a
été proposée en 2000 mais elle a été reportée à cause de la
détérioration des marchés internationaux, notamment des télécommunications.
Les consultants de l’entreprise étudient actuellement le moment
propice pour ce lancement. Oqeil Béchir assure également que
le fait de privatiser la société n’a aucun rapport avec le lancement
des obligations, ou des actions. « Notre société est une parmi
d’autres qui dépendent du gouvernement. Quand ce dernier jugera
bon de le faire, la privatisation aura sûrement lieu ».
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Une bonne performance
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Selon lui, la société Telecom Egypt a besoin
de diversifier ses sources de financement pour pouvoir rembourser
une part des dettes accumulées, notamment les prêts dont les
intérêts sont élevés ou ceux en devises étrangères, à haut risque,
et deuxièmement pour financer les nouveaux projets d’extension.
« L’activité de la société ne se limite pas au marché local.
Nous avons réussi à nous implanter à l’extérieur. Au Soudan,
par exemple, Telecom Egypt s’est présentée, avec trois autres
sociétés, une soudanaise et deux autres internationales, pour
la création d’un réseau de lignes fixes au Soudan. Et c’est
nous qui avons finalement gagné. Maintenant, l’Algérie se prépare
à créer un nouveau réseau de téléphonie mobile et Telecom Egypt
se présentera également », ajoute-t-il.
En fait, le lancement de ces obligations avait
été prévu pour octobre dernier, mais il a été remis jusqu’à
décembre pour attendre, selon Ali Salama, que la tendance des
banques à élever les taux d’intérêt des certificats de dépôt
(plus de 12 %) se calme. « L’opération est plus facile maintenant
car la compétition se limite aux bons du Trésor qui offrent
les même dividendes que les nôtres », explique-t-il.
La société a également préféré le report pour
une autre raison : la classification de crédit, début octobre
dernier. « La société a obtenu AA pour la crédibilité de crédit.
Cette évaluation a été offerte par le bureau de Moodes internationale
au Caire. Ce rapport reflète la position privilégiée de la société
sur le marché local, ainsi qu’au Moyen-Orient. Une classification
qui encouragera sans doute les investisseurs à acheter ses obligations
», renchérit Khaled Al-Mahdi, analyste financier à HSBC. Pourtant,
certains analystes ne sont pas du même avis. Achraf Abdel-Aziz,
par exemple, analyste financier auprès de la société de courtage
CIB, n’est pas intéressé par les obligations de Telecom Egypt
qui donnent 12 % de dividendes. Il se demande : « Pourquoi s’intéresser
à un investissement à long terme puisque les bons du Trésor
du gouvernement accordent le même dividende pour une période
plus courte, qui varie entre 81 et 190 jours. Actuellement,
l’investisseur a besoin non seulement de garantir les dividendes,
mais aussi d’avoir suffisamment de liquidité », assure-t-il.
Or, la plupart des experts du marché, comme
Mahmoud Abdel-Latif, président de la Banque d’Alexandrie, et
Mohamad Barakat, président de la Banque Misr, s’entendent sur
l’importance de ce lancement, soulignant que les obligations
représentent le principal outil, garanti, pour contrôler le
marché et portefeuilles financiers. D’autant plus que, selon
eux, le lancement des obligations de Telecom Egypt est le plus
important dans l’histoire des obligations égyptiennes.
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| Névine Kamel
Dahlia Réda
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