|
Judo
. La sélection nationale disputera, du 19 au 21 novembre,
la première édition du Tournoi international d’Egypte.
Une répétition avant les Championnats du monde en septembre
2005. |
Test
de remise en confiance |
|
Le
tatami de la grande salle couverte du Centre olympique
de Maadi est parsemé de judokas. Plus de 70 athlètes y
effectuent leur entraînement. Sous la houlette du directeur
technique de la sélection égyptienne de judo, le Français
Christophe Gagliano, les Egyptiens préparent dur la première
édition du Tournoi international d’Egypte qui aura lieu
du 19 au 21 novembre. Pour la première fois dans l’histoire
de ce sport, la Fédération égyptienne de judo a décidé
d’organiser un tournoi international, figurant sur le
calendrier de la Fédération internationale de judo. Et
cela après avoir réussi à accueillir les prochains Championnats
du monde qui auront lieu en septembre 2005 au Caire.
Plus
de 15 pays disputeront le Tournoi international d’Egypte
dans la salle couverte du club Ittihad Al-Chorta. Quatorze
pays ont jusqu’à présent confirmé leur participation :
la France, la Chine, l’Afrique du Sud, Malte, la Somalie,
le Maroc, le Koweït, l’Algérie, la Jordanie, le Liban,
Qatar, la Syrie, l’Iraq et les Emirats arabes unis. La
France, une des grandes nations de ce sport, sera représentée
par un club de la région parisienne. Alors que la Chine
participera avec sa première équipe. « Nous avons décidé
d’organiser ce tournoi pour tester nos capacités et offrir
à nos athlètes la possibilité de contacter les meilleurs
judokas du monde à domicile », affirme Mohamad Abdel-Réhim,
directeur de la Fédération égyptienne de judo. Cette dernière
tente d’ailleurs de tirer un grand profit de ce tournoi.
C’est pourquoi l’Egypte le disputera avec 3 athlètes hommes
et 2 dames dans chaque catégorie.
Les
Egyptiens n’ont effectué aucun stage de préparation à
l’étranger et n’ont disputé aucune compétition internationale.
Les judokas égyptiens sont donc tout à fait conscients
de l’importance de ce tournoi, qui représente une étape
essentielle pour leur carrière, notamment après la défaite
essuyée aux Jeux Olympiques (JO) d’Athènes. « Ce tournoi
revêt une importance majeure car il regroupe les meilleurs
athlètes du monde. Il nous faut à tout prix décrocher
des médailles pour compenser la défaite d’Athènes et consoler
notre directeur technique », déclare Samah Ramadan (+78
kg).
Le
retour décevant des JO d’Athènes, en août dernier, n’a
fait que renforcer la détermination des athlètes à tourner
la page et entamer une nouvelle ère. « Après l’échec aux
JO d’Athènes, nous avons subi la colère et la rage du
directeur technique de l’équipe. Il a été déçu par nos
résultats et par conséquent nous a punis en nous privant
de disputer les Jeux arabes d’Algérie », confie Samah
Ramadan. Seul le judoka égyptien Hicham Mesbah a participé
à ces derniers Jeux en Algérie.
De
retour d’Athènes, le directeur technique Christophe Gagliano
a entrepris de renouveler l’équipe. Tous les judokas égyptiens
ont donc été invités dans la salle couverte du Centre
olympique de Maadi. Enfin, le directeur technique de l’équipe
a intégré des jeunes judokas à la sélection nationale.
Le nombre des athlètes de l’équipe est passé de 30 à 70
judokas.
Dès
l’arrivée de Christophe Gagliano à la tête de la sélection
nationale en juin 2004, il a introduit de nouvelles méthodes
d’entraînement. « Dès mon arrivée, j’ai insisté pour que
tous les athlètes viennent s’entraîner. C’est une chose
très importante. Maintenant, les judokas pourront mener,
durant l’entraînement, un grand nombre de combats contre
différents partenaires, ce qui améliore le niveau de l’entraînement.
La multiplicité est la richesse de ce sport », déclare
Gagliano.
Gagliano
a adapté de nouvelles méthodes d’entraînement basées davantage
sur la technique que la force physique. Tout en améliorant
la condition physique des athlètes. Il a également imposé
une rigueur de fer qui faisait défaut aux Egyptiens.
A
travers ce tournoi, Gagliano aura l’occasion et la possibilité
d’évaluer le niveau des judokas égyptiens et de choisir
les meilleurs pour poursuivre la rude préparation de l’équipe
pour les Championnats du monde qui auront lieu en septembre
2005 en Egypte .
|
| Doaa
Badr |
|
| Retour
au sommaire |
|
«
Nous sommes en pleine période de reconstruction de l’équipe
» |
|
Christophe Gagliano, directeur technique de la
sélection égyptienne de judo,explique sa stratégie d’action.
|
Al-Ahram
Hebdo : Comment avez-vous préparé l’équipe égyptienne
pour le Tournoi international d’Egypte ?
Christophe
Gagliano : Depuis septembre dernier, tous les judokas
égyptiens effectuent un stage de préparation au Centre
olympique de Maadi. J’ai créé ici même un centre national
d’entraînement qui regroupe le plus grand nombre possible
de judokas. Après les Jeux olympiques d’Athènes, j’ai
dû repartir à zéro. Je me suis tourné vers tous les clubs
d’Egypte afin de sélectionner les judokas égyptiens prometteurs.
J’ai parlé avec les entraîneurs des clubs afin de les
convaincre de permettre à leurs athlètes de s’entraîner
avec moi. Après un stage de préparation, j’ai procédé
à des tests de sélection des meilleurs judokas qui feront
partie de la sélection nationale. Cette élite a bénéficié
d’un stage de préparation au Centre olympique de Maadi.
Car, il n’y avait pas de temps pour effectuer un stage
à l’étranger ou participer à des compétitions internationales.
Un seul judoka avait disputé les Jeux arabes d’Algérie
en octobre dernier.
—
Qu’espérez-vous réaliser durant ce tournoi ?
—
L’Egypte participera à ce tournoi avec 3 hommes et 2 dames
dans chaque catégorie. A travers ce tournoi, je pourrai
observer pour la première fois ces combattants évoluer
dans une compétition internationale. Je pourrai constater
comment ils s’expriment dans une compétition autre que
les championnats nationaux. Avec ce tournoi, je voudrais
dégager une 2e sélection avec les meilleurs. Ce qui permettra
de donner la chance à d’autres combattants de s’éclater.
Cette stratégie vise à développer le judo égyptien. Car
après avoir construit 2 équipes nationales, la compétition
entre les athlètes égyptiens sera féroce pour intégrer
la sélection A, ce qui améliorera le niveau des judokas.
—
Pensez-vous que le niveau du tournoi sera élevé ?
—
J’ignore le niveau exact de ce tournoi car il s’agit de
la première édition. Mais je crois que la participation
de 15 pays à la première édition est un bon signe. Il
est vrai que la France n’enverra pas sa première équipe,
mais le club qui participera au tournoi est un des meilleurs
clubs français. Ce club regroupe des judokas internationaux.
Tandis que la Chine sera très forte avec n’importe quelle
équipe, surtout chez les dames, car le niveau de tous
les combattants chinois est très élevé. Pour les autres
pays participants, tels l’Algérie, le Maroc et la Syrie,
j’ai observé ces pays durant les Jeux arabes d’Algérie
et ils ont fait preuve d’un bon niveau.
—
Quelle est l’importance de ce tournoi ?
—
Ce tournoi est une répétition en vue des Championnats
du monde qui auront lieu en septembre 2005 en Egypte.
D’une part, j’aurai l’occasion de choisir les meilleurs
judokas qui continuent avec la sélection nationale jusqu’aux
Championnats du monde. Et d’autre part, le comité organisateur
égyptien pourra évaluer l’organisation du tournoi. Ainsi,
les organisateurs pourront éviter les éventuelles erreurs
aux Championnats du monde. Ce tournoi sera également suivi
par la Fédération internationale de judo, qui évaluera
à son tour l’organisation égyptienne avant le Mondial.
—
Pour la première fois, l’Egypte organisera les Championnats
du monde. Les judokas égyptiens pourront-ils bénéficier
de cette occasion ?
—
Il est très difficile maintenant de prévoir si un athlète
pourra remporter une médaille aux Championnats du monde.
Nous sommes en pleine période de reconstruction de l’équipe.
Je n’ai toujours pas choisi l’effectif de la sélection
nationale. Il reste beaucoup à faire. Les Egyptiens ont
besoin de disputer un grand nombre de compétitions afin
de se mesurer à l’élite mondiale. Dès mon arrivée, j’ai
fait une planification concernant les stages et les compétitions
que l’équipe doit effectuer. Donc, les meilleurs judokas
partiront avec moi en décembre prochain pour un stage
de préparation en Corée du Sud. Puis en janvier, l’équipe
passera 2 mois en Europe. Durant cette période, les athlètes
disputeront des tournois internationaux en affrontant
les meilleurs athlètes du monde en France, Allemagne et
Roumanie. Enfin, la sélection retournera en Egypte pour
effectuer la dernière préparation au Centre olympique
de Maadi. Ce programme achevé, je serai capable de faire
des pronostics pour les résultats égyptiens aux Championnats
du monde 2005 . |
Propos
recueillis par D. B. |
|