Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

L'invité


La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Idées
Portrait
Littérature
Arts
Société
Sport
Environnement
Patrimoine
Loisirs
La vie mondaine
Palestine . Conseiller du président défunt Yasser Arafat pour les affaires de sécurité Jibril Rajoub évoque la succession au sein de la direction palestinienne et les perspectives de relance du processus de paix avec l’Etat hébreu.

« Il nous faut un consensus autour d’un programme politique de lutte contre l’occupation »

Al-Ahram Hebdo : Pensez-vous qu’il existe aujourd’hui une réelle chance d’une reprise des négociations de paix après la disparition de Yasser Arafat qui était considéré par Israël et les Etats-Unis comme un obstacle à la paix ?

Jibril Rajoub : L’étape de Yasser Arafat était la phase de l’élévation, de pragmatisme renforcé par la force des positions. Cette étape où il était possible d’avoir des initiatives et des concertations grâce à la vision arafatienne est, je pense, terminée. Maintenant, nous devons prendre conscience que tout conflit dans les négociations avec Israël doit être précédé par un consensus national autour d’un programme politique de lutte contre l’occupation. Ce programme doit être approuvé par un vote pour que la direction palestinienne puisse avoir une légitimité dans sa démarche politique. Il est vrai que la figure du président Arafat faisait émerger naturellement ce consensus. Mais désormais, personne d’autre ne pourra assumer seul la responsabilité des décisions et des démarches prises vis-à-vis d’Israël.

— Qu’en est-il de la succession de Yasser Arafat ?

— Il n’y aura pas de successeur ou d’héritier du président Arafat. Yasser Arafat était un géant, capable de diriger le navire de la nation palestinienne vers un havre sûr. Lui, avec sa personnalité, ses valeurs, son engagement et son entendement, lui qui pouvait être confondu avec la Palestine, ne peut pas avoir d’héritier ou de successeur.

Le successeur de Yasser Arafat, c’est les institutions et les lois de la nation palestinienne ; l’héritage de Yasser Arafat sont ses visions qui doivent influencer et former une mesure pour nos relations internes ainsi que pour nos relations et nos démarches internationales.

— Suivant la loi fondamentale palestinienne, le chef du Parlement, Rawhi Fattouh, assume la direction de l’Autorité d’autonomie pendant 60 jours au terme desquels des élections doivent se tenir dans les territoires occupés. La tenue de ces élections est-elle possible dans les présentes conditions d’occupation militaire israélienne ?

— D’abord, nous allons entamer la première étape qui consistera à consolider la légitimité des institutions existantes. Ceci indépendamment de toutes les remarques qu’on peut avoir sur ces instances. La deuxième étape sera le renouvellement de la légitimité de ces institutions à travers des élections générales démocratiques, qui devront donner naissance à une direction légitime au sein de laquelle pourront collaborer et participer l’ensemble les forces politiques existantes en Palestine. Ceci sera la seule garantie de cohésion au sein de la nation palestinienne.

— Pensez-vous que toutes les formations palestiniennes pourront participer aux élections, dont les mouvements islamistes du Hamas et du Djihad islamique ?

— Tout le peuple palestinien va pouvoir participer aux élections. Et le Hamas ou qui que ce soit pourra s’y présenter, et aura même la chance de changer la donne à travers des élections libres.

— Le président américain George W. Bush a déclaré que le moment est propice, après la disparition de Yasser Arafat, pour la reprise des négociations de paix et l’application de la Feuille de route. Quelles sont vos prévisions pour la période à venir ? Y aura-t-il un vrai progrès ou une poursuite du statu quo, lourdes de conséquences ?

— Pour le moment, notre priorité est celle de rendre hommage au président Yasser Arafat. Et cet hommage doit se faire à travers le respect de son message, de ses principes, l’attachement à ses valeurs et convictions. Celles-ci sont une boussole pour le peuple palestinien. Quant à Bush, il a été au cours des quatre dernières années un ennemi déclaré du peuple palestinien et un garant et protecteur de l’occupation israélienne.

— Qu’attendez-vous de la communauté internationale et de l’Union européenne pour relancer le processus de paix moribond au Proche-Orient ?

— Nous luttons uniquement grâce à nos enfants sans armes. Mais nous avons sûrement besoin des tous ceux qui se considèrent comme nos amis et frères. Tout ce que nous pouvons dire, c’est que nous ne pourrons jamais payer un prix politique qui va à l’encontre de nos convictions et de la légitimité de nos objectifs, en contrepartie de ce soutien étranger.

— Quelles étaient les véritables raisons du décès du président Yasser Arafat ? Certains ont parlé d’empoisonnement. Avez-vous des informations sur ce sujet ?

— Je ne suis pas moi-même médecin. Il y a eu quatre équipes de médecins arabes, dans lesquels on a pleine confiance, qui se sont occupés du président Arafat et qui nous ont conseillé de le transférer à l’étranger, et pour cette raison nous l’avons fait entrer dans un hôpital à Paris. Nous avions confiance dans la capacité des Français et nous avons aussi confiance dans l’engagement professionnel et moral des Palestiniens vis-à-vis de Yasser Arafat ainsi que vis-à-vis du peuple palestinien. Et je suis sûr qu’on nous fournira un rapport médical détaillé sur les raisons de la maladie et de la disparition du président Arafat. Et nous respecterons le rapport français .

Propos recueillis par Randa Achmawi
 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631