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Circulation . Un nouveau projet de route sur la corniche, au Caire, nécessitera des travaux de comblements du fleuve. Une catastrophe écologique en préparation.

Agression projetée contre le Nil

Selon le voyageur grec Hérodote « L’Egypte est un don du Nil ». Ce dire qui est resté valable pour des siècles risque de disparaître pour toujours.

Ce fleuve magique est resté des siècles à raconter des vies et des passions. Il a donné aux Egyptiens leur existence, c’est pourquoi les pharaons l’ont considéré comme sacré. Mais malheureusement, se sont les Egyptiens d’aujourd’hui qui négligent et même polluent ce cours d’eau vital. Ce n’est pas tout, certains responsables veulent aussi combler des parties de ce fleuve pour résoudre les problèmes du trafic !

« Peut-on imaginer qu’un pays comble des parties d’un cours d’eau douce, tandis que le monde est menacé de guerres de l’eau dans la décennie à venir ? », se demande Samia Galal, professeur d’ingénierie de l’environnement à l’Université d’Alexandrie.

Elle ajoute que tandis que tous les pays développés essayent de réparer les fautes commises contre l’environnement et la nature, nous, en Egypte, on tient à en commettre de nouvelles.

En fait, le ministère de l’Habitat vient de mettre les dernières touches au projet d’une nouvelle route passant par la corniche du Nil dans la zone entre Maspero, Boulaq et le pont Al-Mounib, plus au sud en direction de Maadi. Selon des sources bien informées, le projet nécessitera des travaux de comblements dans certains endroits du Nil d’une largeur qui dépassera les 15 mètres et sur une longueur de quelque 8 km. Ce projet a été présenté par le ministre de l’Habitat, Mohamad Ibrahim Soliman, au président de la République il y a plus d’un mois.

Cette présentation en elle-même avait provoqué un grand débat, car elle a eu lieu avant que les études sur son impact environnemental ne soient accomplies et sans que le ministère de l’Irrigation et des Ressources hydrauliques ne donne son dernier mot en tant que premier responsable de la gestion du fleuve.

En effet, l’idée de ce projet est peu appréciée par les experts, même ceux qui ont été choisis pour faire les études.

« La compagnie qui travaille sur l’affaire n’est pas convaincue par ce type de projet qui détruit plus qu’il ne développe, mais en même temps elle ne peut pas le refuser puisqu’il ira dans ce cas à une concurrente », explique une source bien informée ayant requis l’anonymat.

La source a ajouté qu’un tel projet dans un endroit pareil coûtera des sommes faramineuses pour remédier le terrain, et le pays ne supportera pas le financement d’un tel projet dans la période actuelle. « Cela si les études assurent que le projet ne nuira pas à l’environnement et à la nature de l’endroit, chose impossible bien sûr », indique la source.


Plus de pollution automobile dans la ville

En effet, la pollution de l’air au Caire est d’origine automobile. C’est pourquoi les Egyptiens étaient ravis de la route périphérique qui a éloigné le trafic en dehors de la capitale. Mais voilà le nouveau projet qui veut attirer plus d’automobiles vers le cœur de la capitale pour augmenter de plus en plus le taux des polluants. « L’air du Caire est saturé de polluants et le nombre de véhicules qui parcourent les rues de la capitale est déjà énorme, alors au lieu de résoudre le problème, les responsables le compliqueront encore », assure Ahmad Gamal, ex-responsable de la qualité de l’air au sein de l’Agence égyptienne pour les affaires de l’environnement.

Tous les efforts déployés par le ministère de l’Environnement et les gouvernorats du Grand-Caire (qui comprend aussi Guiza et Qalioubiya) relatifs au transfert des plomberies, des charbonnières et de toutes les industries polluantes en dehors de la capitale sont donc inutiles, puisque ce projet attirera de nouvelles sortes de pollution tout aussi dangereuses que la pollution industrielle.


L’environnement et l’irrigation se défendent

« Lorsqu’on a entendu parler de ce projet, on a immédiatement demandé au ministère de l’Habitat de préparer une étude concernant l’impact environnemental de ce projet et de nous la présenter le plus tôt possible », assure le général Magued Georges, ministre de l’Environnement. Tout en indiquant que c’est la règle pour tout projet. Le ministère de l’Irrigation et des Ressources Hydrauliques reste optimiste, ce comblement n’est pas un fait accompli. « Il y a des comités formés d’experts célèbres qui étudient le projet de tous les côtés. Les études sont donc en cours et quand elles seront terminées, on les présentera aux responsables au plus haut niveau », assure le Dr Hussein Al-Atfi, porte-parole officiel du ministère de l’Irrigation, qui va même jusqu’à affirmer que le tracé de la route prévu ne nécessite pas de comblement.

L’affaire n’est pas claire. Elle nécessite donc une intervention directe du président Moubarak qui a déjà arrêté un projet visant la vente de l’île du Giftoun, car l’environnement risquait d’être menacé. D’ailleurs, le chef de l’Etat a affirmé dans une déclaration télévisée qu’il n’avait pas encore approuvé ni rejeté le projet en attendant les résultats des études en cours .

Dalia Abdel-Salam
 
La paille
a enfin un prix
« Vendre la paille de riz plutôt que de la brûler ». Tel sera le nouveau slogan des paysans dans les gouvernorats renommés pour la culture du riz. Le ministre de l’Environnement, Magued Georges, a voulu mettre un terme à l’incinération en plein air des déchets agricoles qui pollue l’air et qui aide à l’apparition du smog chaque printemps. C’est ainsi qu’il a pensé à acheter la paille des paysans par l’intermédiaire de l’Agence Egyptienne pour les Affaires de l’Environnement (AEAE) pour qu’elle soit recyclée. « On ne va ni jeter ni brûler tout ce qu’on pourra vendre », souligne le ministre. C’est pourquoi il a lancé une initiative avec la coopération des forces armées. Elle consiste à acheter la paille de riz des paysans à 60 L.E. la tonne pour la fournir, par l’intermédiaire des camions de l’armée, aux deux usines de biogaz. « L’initiative consiste à transférer 50 mille tonnes de paille de riz vers les deux unités produisant du biogaz à partir de la paille et qui ont été installées dans deux villages, Nasr Azazi à Abou-Hammad, dans le gouvernorat de Charqiya, et Tell Al-Amir, à Temaï Al-Amdid, dans le gouvernorat de Daqahliya, les plus renommés par la culture du riz », explique Essam Amer, responsable de l’unité de la paille au sein de l’AEAE.

En effet, les travaux, qui ont commencé le 6 novembre dernier, prendront fin avant l’an 2005. Trente camions doivent charger quotidiennement entre 100 et 150 tonnes de paille de riz vers les unités de biogaz.

En fait, le fonctionnement de chaque unité a besoin entre 10 et 15 mille tonnes par an. Ce qui restera donc des 50 mille tonnes sera stocké à côté des unités dans des entrepôts que le ministère a loués.

« Une intervention du ministère du Pétrole est importante afin de fonder un réseau qui aidera à transporter le biogaz vers les logements », indique M. Amer. En effet, les villages pourront se contenter de ce combustible vu que chaque machine produit une quantité suffisante de biogaz pour la consommation d’un village de 200 logements .

D. S.
 

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