Tout
le monde attendait ce rapport sur le crash de l’avion Flash
Airlines qui s’est abîmé en janvier dernier au large de Charm
Al-Cheikh faisant 148 morts dont 135 Français. Des enquêteurs,
et des responsables égyptiens, français et américains étaient
venus cette semaine assister à la publication du rapport sur
le crash en présence de chaînes de télévision locales et internationales.
« Nous voulons à travers ce rapport présenter seconde après
seconde les événements survenus dans l’avion depuis son décollage
de l’aéroport de Charm Al-Cheikh le 3 janvier à 02 : 45 jusqu’à
sa chute en mer Rouge », annonce Chaker Qélada, président
de la commission d’enquête. Il ne s’agit toutefois que d’un
rapport factuel retraçant les faits avant et pendant le vol
et jusqu’à la chute de l’appareil. « La conclusion finale
sera donnée en juin prochain », a ajouté Qélada.
Le
rapport se réfère aux informations recueillies par les deux
boîtes noires de l’appareil. La première a enregistré les
paramètres du vol et l’autre les conversations entre le pilote
et son équipage. « Dès le décollage, le pilote automatique
ne répondait pas aux commandes, provoquant l’étonnement du
pilote, alors que l’avion continuait à s’incliner dangereusement
vers la droite », affirme le rapport de plus de 430 pages
qui comprend aussi les résultats des simulations effectuées
dernièrement sur le site de Boeing à Seattle au nord-ouest
de Etats-Unis dans le cadre de l’enquête. « Nous avons établi
le comment, il nous faut maintenir établir le pourquoi, ce
qui va nécessiter une analyse exhaustive de toutes les données
recueillies », a déclaré Chaker Qélada. Il s’est refusé à
commenter l’hypothèse d’une défaillance du pilote automatique.
« Pour le moment, on ne peut pas donner de conclusion. Dans
la prochaine étape, nous regrouperons les données et nous
verrons alors s’il y a ou non une défaillance du pilote automatique
ou s’il y a eu une erreur du pilote », a-t-il ajouté. Depuis
l’accident, le 3 janvier, les enquêteurs égyptiens et français
ont collecté une masse d’informations sur le crash.
Les
données recueillies vont être analysées à partir de la semaine
prochaine et cela va durer deux mois environ. Et il faudra
quelque huit semaines supplémentaires pour rédiger le rapport,
qui sera remis par ses rédacteurs égyptiens aux autres parties
de l’enquête, à savoir le Bureau d’Enquêtes et d’Analyses
français (BEA) et Boeing.
Ces
parties auront alors 60 jours pour étudier le document et
faire leurs observations, avant la publication d’un rapport
final, complété éventuellement d’annexes comportant les observations
des diverses parties.
Deux
cents proches des 135 Français qui ont péri dans le crash
avaient manifesté le 1er novembre près de l’ambassade d’Egypte
à Paris pour protester contre le « silence » des autorités
égyptiennes sur cette affaire. Le directeur du BEA, Paul-Louis
Arsalian, a indiqué qu’une réunion aura lieu le 20 novembre
à Paris avec les familles en présence de Chaker Qélada afin
de les renseigner sur la situation et leur fournir des informations.