La presse
arabe et égyptienne a consacré ses principaux éditoriaux
à la mort d’Arafat, et les titres ont été très expressifs
: « Le peuple palestinien pleure son père », « La fin
d’un géant », « La question palestinienne après Arafat
», « Le dernier voyage d’Abou-Ammar », « Le rêve de
l’Etat et l’avenir de la paix ».
A propos
du chemin qui sera suivi par ses successeurs, l’éditorial
d’Al-Ahram souligne que « malgré le grand vide laissé
par le leader palestinien Yasser Arafat sur la scène
palestinienne, nous sommes cependant confiants que ses
compagnons poursuivront la lutte pour la libération
des territoires occupés et l’établissement d’un Etat
palestinien indépendant ». « Arafat a quitté la scène
politique, et Washington et Tel-Aviv n’ont plus de prétexte
pour geler le processus de paix à cause de l’absence
d’un partenaire palestinien pour les négociations »,
ajoute l’éditorial.
Pour sa
part, la presse palestinienne des territoires affiche
son deuil et rend un hommage vibrant au président Yasser
Arafat. Si Al-Qods annonce sa mort sans commentaire,
le quotidien Al-Ayyam publie pour sa part plusieurs
articles retraçant la vie d’Arafat et les différentes
étapes de « sa lutte acharnée pour réaliser les aspirations
du peuple palestinien ». Ce quotidien exprime sa crainte
« du vide politique » laissé par Arafat. De même, son
confrère Al-Hayat Al-Jadida consacre toutes ses pages
pour dire un dernier « Adieu au vieux ».
Al-Qods
Al-Arabi, quotidien palestinien paraissant à Londres,
insiste sur « la résistance du président Arafat, le
seul dirigeant arabe à avoir dit non aux Etats-Unis,
la grande puissance mondiale, en refusant, lors des
négociations de Camp David, de brader les droits du
peuple palestinien ». Mais, Al-Qods Al-Arabi poursuit
en relevant « le lourd fardeau hérité par ses successeurs,
à savoir ne pas renoncer à Jérusalem et au droit au
retour des réfugiés, ne pas plier devant une paix dictée
par les intérêts américano-israéliens ».
« Les Palestiniens
orphelins », titre le quotidien libanais L’Orient-Le
Jour. Alors que La Presse de Tunisie déclare : « Le
président Arafat restera le symbole de la lutte pour
la libération du peuple palestinien ». « Durant plus
de quatre décennies, Arafat a réuni autour de lui la
majorité du peuple palestinien. Il a sacrifié sa vie
pour défendre les droits violés de son peuple », écrit
le journal syrien Al-Sawra.
Mais «
la mort d’Arafat aidera-t-elle à l’établissement de
l’Etat palestinien ? », s’interroge l’écrivain libanais
Sélim Nassar dans le quotidien londonien Al-Hayat. «
Yasser Arafat a conduit le peuple palestinien durant
quarante ans vers un Etat qui n’a toujours pas été déclaré
officiellement, mais a laissé à ses successeurs la responsabilité
du rêve de l’Etat », conclut Nassar.
Le quotidien
Al-Ahrar en deuil titre avec des manchettes toutes en
noir : « Le mythe est mort, qui succédera à Arafat ?
».
L’écrivain
Saleh Al-Kallab affirme, dans Al-Charq Al-Awsat, que
« même après sa mort, Arafat restera une référence pour
le processus de paix ». Et l’écrivain Ibrahim Al-Bahrawi
de s’interroger dans le quotidien Al-Masri Al-Yom :
« L’absence d’Arafat signifie-t-elle un règlement ou
des concessions ? ». « En réalité, il est difficile
de faire la séparation entre les deux. Le peuple a le
droit de demander des comptes à ses leaders. Seulement,
je dois les avertir que le temps des comptes définitifs
n’est pas encore venu pour Arafat. Car ses décisions
continuent — malgré son absence — à avoir du poids,
et les interactions sont ouvertes. Et nous ne savons
toujours pas quel type de décisions prendront ses successeurs
! », explique Al-Bahrawi.
« En réalité,
croire que l’absence d’Arafat suffit amplement à mettre
fin au conflit et à l’occupation ou à l’établissement
de l’Etat palestinien est une chose ridicule, car nous
allons vers une situation qui s’aggrave. Dire que la
disparition d’Arafat est la fin de la crise est une
erreur », écrit l’éditorialiste Abdel-Rahmane Al-Rached
dans Al-Charq Al-Awsat. Enfin, il est indéniable que
le Moyen-Orient ne connaîtra jamais la paix sans un
règlement de la question palestinienne.