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Musique . Le Suisse Christoph Mueller, récemment nommé chef de l’orchestre symphonique de l’Opéra du Caire, évoque son parcours et la programmation de la saison 2004-2005.

« Une ouverture sur le monde de cet orchestre est nécessaire »

Al-Ahram Hebdo : Comment avez-vous été choisi pour diriger l’orchestre symphonique de l’Opéra du Caire ?

Christoph Mueller : En Europe, lorsque je dirigeais l’Orchestre de la Radio de Francfort, un des membres de cet orchestre qui avait des liens avec l’Egypte m’a proposé de diriger l’Orchestre symphonique du Caire. Ce qui m’a intéressé. Par la suite, l’Opéra du Caire m’a demandé de lui envoyer mon Curriculum Vitae. Le Dr Samir Farag (Ndlr : ancien directeur de l’Opéra du Caire) m’a ensuite chargé de diriger un des concerts de l’Orchestre symphonique du Caire. Et il m’a retenu.

— Etiez-vous informé des activités de l’Orchestre symphonique du Caire avant d’arriver en Egypte ?

— J’étais curieux de diriger cet orchestre. Mais je n’avais aucune idée de sa qualité, car il n’est pas très connu en Europe ses CD n’y étant pas distribués. Une ouverture sur le monde de cet orchestre est nécessaire, il doit effectuer des tournées en Europe pour toucher un public divers.

— Quel jugement porteriez-vous sur l’Orchestre symphonique du Caire ?

— Je dirais qu’il est doté d’un fort potentiel. En concert, les musiciens sont formidables. Cependant, il leur faudrait davantage concilier l’équilibre du travail en groupe avec l’harmonie et la sonorité des cordes. Mais c’est un travail qui incombe à tout type d’orchestre. Il exige une concertation régulière et continuelle impliquant un travail assidu de la part du chef d’orchestre. Ce dont à quoi je compte m’atteler.

De plus, dans l’Orchestre symphonique du Caire, comme c’est le cas pour tout autre orchestre, les musiciens doivent savoir mieux s’écouter. De sorte que si j’arrête de les diriger, ils soient en mesure de continuer à jouer en harmonie. Même s’ils ont parfois besoin d’un chef pour mieux les orienter aux passages musicaux difficiles, la sonorité change dès que les musiciens savent s’écouter. Pour cela, ils doivent prendre en considération les solos : hautbois, clarinette, violon ou autres. Dans ces cas-là, l’accompagnement doit se faire sourdine. Cela est très délicat.

— S’agit-il d’improvisation ?

— Pas du tout. Cela n’a rien à voir avec l’improvisation. Les partitions sont sacrées et doivent absolument être respectées. En interprétant une partition, mon rôle est de signaler l’émotion qu’elle contient et ensuite de donner une idée sur la manière de la jouer. Cependant, chaque musicien doit savoir jouer seul la partition qu’il a devant les yeux, sans mon intervention. Le travail d’interprétation étant un travail collectif, chaque musicien doit avoir sa propre idée sur le passage joué.

— Quels changements avez-vous effectué au sein de l’orchestre depuis votre arrivée ?

— Il fallait à l’Orchestre symphonique du Caire un cor. J’ai réussi à faire venir une musicienne finlandaise. Cela n’a pas été facile de placer quelqu’un à ce poste pendant une année. Les Européens n’ont aucune notion de la culture égyptienne, qui leur est tout à fait différente. Moi non plus je ne la connaissais pas. Par contre, j’étais heureux de venir en Egypte. J’apprends tous les jours, je jubile.

De plus, j’ai invité des chefs d’orchestres d’Europe ainsi que des solistes tout au long du mois de novembre afin de favoriser les échanges culturels. Ce genre de démarche est très fructueux pour un orchestre. Je suis également en rapport avec des solistes égyptiens de piano très talentueux comme Waël Farouk et Mohamad Chamseddine qui m’a accompagné, avec grand succès, lors du concert du 23 octobre dernier.

— Qu’avez-vous prévu pour la saison 2004-2005 ?

— D’ici au mois de juin 2005, toutes les symphonies de Brahms seront jouées. Les deux premières l’ont été en octobre dernier. La troisième est programmée pour avril et la quatrième pour juin prochain. J’ai choisi Brahms comme étant le point de concordance du petit Festival de la saison (204-2005) et l’orchestre jouera ensuite les grandes symphonies de Tchaïkovski (4e, 5e et 6e symphonies).

Je veux faire en sorte qu’une musique de bonne qualité soit au programme de l’Orchestre symphonique du Caire. Une musique dépourvue de fausses notes. Et comme je suis suisse d’origine, j’aimerai faire connaître aux auditeurs égyptiens des compositeurs de mon pays, comme Frank Martin et Arthur Honegger, les plus grands compositeurs suisses du XXe siècle.

L’Orchestre se prépare par ailleurs pour le Festival de la musique arabe qui aura lieu en janvier et février prochains. Je suis heureux de pouvoir participer au concert final de ce festival. C’est une manière de lier les œuvres des compositeurs égyptiens aux performances de l’orchestre symphonique. L’Orchestre se prépare enfin énergiquement à la soirée du 31 décembre : musique de Venise et valse sont au programme. En seconde partie de soirée, l’orchestre jouera des bandes originales de films comme Ben Hur et Harry Potter.

Propos recueillis par
Névine Lameï

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Le chef d’orchestre suisse Christoph Mueller a étudié le violon à la faculté de musique de Bâle avant de se former à la direction d’orchestre à l’Université Cincinnati (Ohio), aux Etats-Unis. En 1996, il a été nommé chef d’orchestre assistant auprès de Valdimir Ashkenazy de l’Orchestre symphonique allemand à Berlin. Il est resté deux ans à ce poste. A partir de 1998, il collabore avec l’Orchestre Philharmonique de Berlin. En 2000, il a remporté le premier prix dans la compétition internationale des chefs d’orchestres en Espagne. En 2003-2004, Mueller a collaboré à l’Orchestre symphonique de Boston, l’Orchestre Philharmonique slovène et l’Orchestre symphonique de Vienne.

 

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