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Or . Le cours mondial connaît une forte hausse entraînant avec lui le cours national. Les achats sur le marché égyptien ne sont pour l’instant pas touché, mais la situation pourrait se renverser après la fête du petit Baïram. Explications.

Un marché dans l’expectative

Le cours mondial de l’or connait aujourd’hui une hausse de près de 70 % comparée aux prix de 2001. Ce qui a naturellement influencé les prix de l’or en Egypte, où ils ont surtout grimpé début 2003, suite à la dévaluation de la livre égyptienne, pour se stabiliser début 2004 à 60 L.E. le gramme de 18 carats.

Toutefois, on note une reprise de la hausse, et ce depuis la première semaine d’octobre, à la veille du début du mois de Ramadan, où le marché de l’or s’épanouit : après ce mois de jeûne, de nombreux Egyptiens célèbrent leurs fiançailles et noces et achètent à ces occasions des parures en or. Le prix de l’or est aujourd’hui de 64,25 L.E. le gramme de 18 carats.

Cependant, les grands joailliers assurent qu’ils ne sont pas derrière cette récente hausse. Selon Moez Barakat, directeur régional du Conseil mondial de l’or pour le Proche-Orient, la hausse des cours en Egypte vient de l’extérieur. Notamment en raison de la conjoncture économique internationale : précarité de l’économie américaine avec la baisse du cours du dollar face aux autres devises, principalement l’euro. Abdel-Aziz Al-Mawardi, l’un des grands importateurs et vendeurs d’or en Egypte, a la même opinion. Il ajoute : « La hausse sans précédent des cours du pétrole a engendré l’augmentation des revenus du pétrole dans les pays exportateurs, et donc de leur pouvoir d’achat. Ces pays du Golfe sont par nature de grands acheteurs d’or ».

L’augmentation du prix de l’or s’explique donc aussi par une forte hausse de la demande. Et pour cause. « Il ne faut pas oublier le climat d’instabilité et d’insécurité qui règne actuellement dans de nombreux pays. Conséquence : une forte augmentation du taux d’achat des métaux précieux avec en tête l’or considéré comme un moyen sûr d’épargne », souligne Barakat. En effet, 7 % d’augmentation en termes de demande pour l’année 2004 ont été enregistrés au niveau mondial. Par ailleurs, il faut dire que l’extraction de l’or, elle, ne s’est pas accrue depuis 2001. Ce déséquilibre constitue également un autre facteur favorable à la hausse des prix.

Sur le plan local, la situation est identique. Malgré la hausse des cours de l’or en Egypte, Barakat estime que le mouvement de vente et d’achat n’a pas été influencé puisque l’or est considéré comme un moyen d’épargne. Face à la baisse de la valeur de la L.E., de nombreuses familles égyptiennes considèrent que la présence d’une quantité considérable d’or à la maison est indispensable pour parer aux éventuelles futures crises économiques. De son côté, Al-Mawardi assure que la hausse actuelle des prix de l’or n’a pas influencé le marché puisqu’on vit une période de fêtes où de nombreux cadeaux en or sont achetés. M. Rafiq Abbass, un des plus importants orfèvres d’Egypte, craint, lui, une chute de la demande. Il estime qu’il est possible d’atténuer la hausse mondiale des prix si l’Etat réduit les taxes élevées sur l’or.

Pour le moment, il semble que les décideurs fassent la sourde oreille sur cette question. « Les décideurs veulent en fait que les gens renoncent à épargner en or, ce qui les empêche d’avoir recours aux institutions financières modernes, comme les banques ou encore la Bourse », justifie Barakat qui rêve de suivre l’exemple de la Turquie où le secteur des bijoux est l’un des plus importants du pays. Effectivement, un demi-million de personnes y travaillent. Et bien sûr, ce secteur représente une des plus importantes sources de devises étrangères puisque la Turquie exporte des bijoux vers les Etats-Unis et l’Allemagne en plus de nombreux autres pays. « La Turquie, en tant que destination touristique, vend 70 tonnes d’or par an. Tandis que l’Egypte qui attire aussi de nombreux touristes n’en vend que 2 tonnes ». Un écart qui ne sera pas comblé de sitôt.

Essam Fayez

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