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Nepad
. Le sommet du
Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique
se tient les 22 et 23 novembre à Alger. Après trois ans
d’existence, le bilan est mitigé. |
| Un
vaste chantier en suspens |
| C’est l’heure
du bilan pour le Nepad (Nouveau partenariat pour le développement
en Afrique) qui fête cette année son troisième anniversaire.
Un faible bilan auquel une vingtaine de chefs d’Etat et
de gouvernements africains, qui participeront les 22 et
23 novembre à Alger à la réunion du comité de mise en
œuvre, devront essayer de remédier.
Le comité est formé des chefs d’Etat
des cinq pays initiateurs du Nepad : l’Egypte, l’Algérie,
le Nigeria, l’Afrique du Sud et le Sénégal, ainsi que
de 20 pays africains représentant les 5 régions géographiques
de l’Afrique (4 pays par région). Chacun des cinq parrains
du Nepad a été chargé d’un dossier prioritaire dans le
programme global au développement : pour l’Algérie c’est
le développement humain, l’Afrique du Sud, la bonne gouvernance
politique, alors que l’économie est à la charge du Nigeria
et l’infrastructure pour le Sénégal. L’Egypte est en charge
de l’agriculture et l’accès au marché.
Mais,
déjà à Johannesburg les 22 et 23 octobre, une réunion
s’était tenue en présence de chefs d’Etat, de parlementaires
et d’hommes d’affaires pour faire le point sur les trois
ans d’existence du Nepad, qui est un programme de développement
socio-économique lancé par l’Union Africaine (UA) en 2001.
Le président sénégalais, Abdoulaye Wade,
présent à la réunion avait alors critiqué le travail du
Nepad, déclarant qu’il avait des difficultés à expliquer
ce qui a été réalisé dans les huit secteurs prioritaires
de l’organisation, les infrastructures, l’éducation, la
santé, les nouvelles technologies, l’agriculture, l’économie,
la politique, la sécurité et le règlement des conflits.
Le président sénégalais a aussi énuméré des problèmes
de dispersion et de dépenses abusives pour les nombreuses
conférences. Les participants ont souhaité également «
une annulation de la dette et une plus grande ouverture
des marchés aux produits africains ».
Les financements demeurent le principal
problème pour le Nepad. Les chefs d’Etat ont regretté
à Johannesburg les « promesses non tenues » des bailleurs
de fonds. Au dernier jour de la conférence, les délégués
ont demandé au G8 (Groupe des huit pays les plus industrialisés
au monde) de tenir ses promesses « qui n’ont pas été suivies
de manière active et efficace », selon le président du
Nigeria. L’Egypte, elle, reconnaît cet obstacle. « Nous
sommes chargés de négocier le financement des projets.
Cela demeure un problème car nous ne trouvons pas encore
de financement pour tous les projets que nous avons présentés
», regrette l’ambassadeur Ibrahim Ali Hassan, conseiller
du ministre des Affaires étrangères pour l’Afrique et
le Nepad.
Or, pour rassurer les bailleurs de fonds,
le Nepad avait créé en février 2004 un nouveau système
d’évaluation, nommé Mécanisme Africain d’Evaluation par
les Pairs (MAEP), dont la participation est facultative.
Le rôle est de s’assurer de la bonne gouvernance et du
respect des droits de l’homme. Une initiative qui n’a
pas encore eu d’écho chez les partenaires du développement.
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Reconnaissance internationale
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Du côté égyptien, le tableau n’est pas
si noir. L’ambassadeur Hassan voit dans l’action du Nepad
un bilan plutôt positif. « On ne peut pas faire des réformes
de développement global sur tout un continent en si peu
de temps », se défend Hassan. Pour lui, il est positif
d’avoir pu s’imposer vis-à-vis des bailleurs de fonds
comme des partenaires désireux d’œuvrer pour un développement
économique durable du continent noir. « Depuis, et c’est
là le succès, le Nepad a droit au dialogue avec les dirigeants
du G8 lors de rencontres annuelles », souligne-t-il. Il
n’a pas tort, puisque après le G-8, en 2002, l’assemblée
générale des Nations-Unies a considéré le Nepad comme
le cadre de la réalisation du développement en Afrique.
Elle a demandé aux organismes internationaux et aux pays
industrialisés d’aligner tous leurs programmes d’aide
et de coopération en Afrique sur les priorités des programmes
du Nepad, afin d’éviter les duplications de projets. En
Asie aussi, le TICAD (la Conférence de Tokyo pour le développement
en Afrique) a reconnu en 2003 le Nepad comme un cadre
pour le processus de développement en Afrique. Et de juger
: « Il est très important de pouvoir désormais parler
d’égal à égal et d’avoir une reconnaissance internationale
».
L’Egypte estime en outre qu’elle a fait
son devoir à l’égard du dossier dont elle s’occupe. «
Certains projets ont été réalisés dans le domaine de l’infrastructure.
De plus, nous avons établi les grandes lignes d’une stratégie
globale pour le développement de l’agriculture en Afrique,
le CAADP (Comprehension African Agriculture Development
Program). C’est un programme qui étudie les espaces cultivables,
la bonne gestion et l’utilisation de l’eau pour l’irrigation
et l’augmentation de la productivité des terres ». Actuellement,
le côté égyptien est en train de se coordonner avec les
institutions qui travaillent sur le terrain et qui sont
chargées de faire des études de faisabilité des projets.
Et au sommet d’Alger les 22 et 23 novembre, l’Egypte proposera
« l’initiative du bassin du Nil » qui est incluse sur
la liste des projets du Nepad dans le domaine de l’infrastructure.
Des plans ambitieux donc que possèdent
certains pays membres du Nepad. Mais cette attitude de
voir la moitié pleine du verre pourra-t-elle résister
aux torrents de critiques qui seront au centre du débat
à Alger ?
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| Ida Ghali |
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