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Al-Ahram
Hebdo : Comment justifiez-vous votre excellente
entrée en jeu ?
Hassan
Mégahed : Je ne la considère pas comme une vraie surprise
parce que je pense que nous sommes sur cette lancée depuis les
matchs retour de la saison dernière. Si vous jetez un coup d'œil
sur notre performance lors des dernières rencontres de la saison
passée, vous vous rendrez compte que nous avons réussi un très
bon bilan qui vient juste après celui d’Ahli et de Zamalek.
Et donc notre bon départ n'est qu'une continuité de notre performance
de la saison dernière.
— Mais
vous avez affronté de puissantes équipes comme Ismaïli,
à Ismaïliya, et Haras Al-Hodoud.
— Nous avons
terminé la saison dernière par trois victoires consécutives
face à Enppi, Masri et Ittihad et ces équipes
sont aussi fortes que Haras Al-Hodoud et Ismaïli.
Généralement, ces équipes nous sous-estiment à cause de la grande
différence de moyens. Ce qui fait que lorsque nous présentons
un bon football, ils se trouvent bousculés et sous pression,
alors que nous, nous gagnons de plus en plus de confiance.
— A quoi
attribuez-vous cette hausse de niveau ?
— Nous avons
fait une relativement bonne préparation cette saison. Les déplacements
ont été faits juste après la fin de la saison, j'ai ainsi disposé
du groupe lors de toute la période de préparation. C'est ainsi
qu'en début de saison l'équipe était soudée et homogène. De
même que les joueurs achetés à l’intersaison, qui sont tous
de deuxième division, ont acquis l'expérience nécessaire pour
évoluer en D1.
— Pensez-vous
pouvoir changer le scénario des saisons passées, où l'on trouvait
Mansoura échapper, à un cheveu près, à la relégation
en D2 ?
— Je l'espère
mais tout ne dépend pas de moi seulement. Pour cette saison,
nous avons eu un grand coup de pouce moral en remportant nos
deux premiers matchs face à de grandes équipes du championnat.
Ça devrait nous donner une grande confiance pour les prochaines
rencontres, mais il ne faudrait cependant pas se faire trop
d'illusions, sinon on risque d'avoir un effet négatif. A présent,
j'essaie de garder le calme dans l'équipe .
— Comment
sentez-vous votre prochain match contre Ahli ?
— Pour moi,
c'est une rencontre qui vaut seulement trois points, et bien
sûr je jouerai pour les remporter. Le point c'est que je ne
veux pas laisser mes joueurs s'emporter dans l'ambiance d'une
rencontre contre Ahli, l'un des titans de l'Egypte, et
perdre leur concentration.
J'ai déjà lu certains
articles qui parlent de cette rencontre comme un test pour nous,
ce qui n'est pas du tout vrai. Il faut remettre les choses à
leur place. Ahli est une grande équipe qui possède les
meilleurs joueurs en Egypte actuellement ; outre la grande
détermination de ses joueurs à remporter le titre national,
hors de portée depuis quatre ans. Il n'y a vraiment pas de comparaison
entre les deux équipes mais en fin de compte, ceci demeure un
match de foot que nous essayerons de remporter, point final.
— Où sont
les vedettes de Mansoura ?
— Eh bien,
nous les vendons tous. Mansoura est l'équipe qui souffre
des pires conditions d'entre toutes les équipes de D1. Chaque
année, nous produisons quelques joueurs de qualité mais nous
devons les vendre en fin de saison, afin d'assurer la survie
financière de l'équipe. Je n'ai pas le luxe de me procurer des
vedettes à 100 000 L.E. C'est pourquoi je me base sur mes
jeunes joueurs ou sur des joueurs de la D2 qui possèdent le
talent et l'ambition pour évoluer en D1. Par exemple, nous avons
recruté 5 joueurs avant cette saison qui nous ont coûté entre
50 000 et 100 000 L.E.
— Mais
alors quels sont vos objectifs en D1 ?
— Je pense
que survivre à toutes ces conditions et rester en première division
depuis 10 ans est un exploit en soi. Je suis à égalité avec
beaucoup d'équipes qui dépensent des millions de livres sans
pourtant rien remporter. Quand j'avais de bons joueurs sous
la main, comme Walid Salah, Tamer Abdel-Hamid (Zamalek),
Abdel-Zaher Al-Saqqa (Genclerbirligi/Tur) et d'autres
encore, j'ai réussi à terminer 3e et même finaliste (1997) de
la Coupe d'Egypte (1995). Mais maintenant, et avec le système
actuel, j'ai perdu tous mes outils, ne me demandez donc pas
l'impossible.
— Il semble
que vous blâmez le système actuel du professionnalisme ?
— Professionnalisme
veut dire des moyens pour pouvoir se procurer des outils pour
la concurrence. Mais regardez ce qui se passe : il y a
des équipes avec d'énormes moyens qui nous obligent à nous dépouiller
de tous nos atouts.
Les subventions
que nous recevons de l'Etat sont très minimes et ne nous servent
à rien. Je peux vous garantir qu'il y a certains centres de
jeunesse qui bénéficient de subventions plus élevées que les
nôtres. Les députés leur fournissent ce financement afin d'assurer
leurs voix lors des élections et c'est ainsi qu'on nous oublie.
— N'estimez-vous
pas que cette situation menace votre présence, surtout avec
l'arrivée de riches équipes en D1 ?
— La situation
est en train de s'aggraver pour nous, d'autant plus que nous
n'avons quasiment pas de ressources. Le club croule sous les
dettes et le cadre technique et certains joueurs n'ont pas reçu
leurs salaires depuis trois mois. Cette situation risque d'anéantir
les anciennes équipes de D1, qui n'ont pas de moyens de concurrencer
les grandes firmes, et pas seulement Mansoura.
— Vous
êtes aux commandes techniques de Mansoura depuis 10 ans,
pourquoi tant de fidélité ?
— Mansoura,
c'est comme ma maison, j'y connais tous les coins. Je ne peux
plus quitter le club après tant d'expérience. D'un autre côté,
le fait que je sois là depuis 1995 m'a aidé à instaurer un système
complet dans le club que ce soit avec l'équipe A ou les équipes
juniors, ce qui nous a aidés à produire plusieurs générations
de joueurs qui ont réussi à assurer la présence de l'équipe
en D1. Cette stabilité technique constitue un cas unique parmi
les équipes égyptiennes.
— Plusieurs
bons joueurs ont émergé de Mansoura, quelles sont les
révélations de cette saison ?
— Il y a déjà
le jeune Ibrahim Al-Arabi qui s'est distingué la saison dernière.
Quant au reste, il leur faut du temps pour mûrir encore vu qu'ils
viennent de la D2. Certains d'entre eux se sont illustrés avec
l'équipe lors des deux dernières rencontres, mais je pense que
la rencontre d'Ahli sera un bon test, technique et psychologique,
pour les évaluer et savoir s'ils sauront maintenir la concurrence
ou bien s’ils manquent encore d'expérience.
— Quels
sont vos plans pour l'avenir ?
— J'espère
que nous réussirons une bonne performance cette saison afin
de nous éloigner du spectre de la relégation. Mais il faudrait
chercher une issue au manque de fonds, car c'est la crise permanente
du club, et je pense qu'à défaut d'une solution à ce problème,
nous ne pourrons pas retrouver notre ancienne forme qui avait
tant impressionné les observateurs.
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