| Un mois après
sa victoire contre le Cameroun 3-2 lors de la 4e journée des
éliminatoires conjointes qualificatives pour la Coupe du monde
2006 et la CAN 2006, la sélection égyptienne rencontrera son
homologue libyenne, vendredi à Tripoli, à l'occasion d'un match
comptant pour la 5e journée des qualifications (Groupe C).
Une
rencontre qui s'annonce assez difficile pour les Pharaons
vu leur situation critique dans le groupe. En effet, l'Egypte
occupe la deuxième place dans le groupe, avec 7 points, tout
comme le Cameroun et la Libye qui occupent le même classement.
Mais les Egyptiens ont une longueur d'avance avec une différence
de buts (+3). La victoire est donc impérative pour les Pharaons
afin de conserver leur chance dans la compétition en attendant
un faux pas de la Côte-d'Ivoire, le leader du groupe (9 points).
Un match nul ou une défaite contribueront en grande partie à
réduire les chances des Pharaons.
La difficulté de
la rencontre de samedi ne réside pas seulement dans la situation
compliquée de l'Egypte au sein du groupe. Les Egyptiens doivent
aussi compter avec les grandes ambitions des Libyens qui ont
fermement l'intention de se qualifier pour la Coupe d'Afrique
des Nations (CAN) 2006. Sachant que le fait de se qualifier
pour la Coupe du monde est une mission assez difficile — notamment
en présence des grandes nations du foot dans le continent comme
la Côte-d'Ivoire, le Cameroun et l'Egypte — les Libyens
veulent à tout prix décrocher l'une des quatre premières places
dans le groupe pour se qualifier pour la CAN 2006 qui aura lieu
en Egypte (ndlr : selon le système des qualifications,
le premier de chaque groupe se qualifie pour le Mondial et les
trois premiers de chaque groupe se qualifient pour la CAN, sauf
dans le groupe C, où les quatre premiers seront qualifiés si
l'Egypte figure parmi les quatre premières équipes). Une victoire
de la Libye contre l'Egypte vendredi pourra garantir à la première
une place en CAN.
Il faut dire que
le foot libyen a nettement évolué et les Libyens sont assez
féroces sur leur terrain. Leur nul contre le Cameroun lors de
la 2e journée en est une preuve.
« La rencontre
de vendredi sera très difficile pour nous, mais les joueurs
sont déterminés à remporter la rencontre afin de poursuivre
le chemin dans la concurrence et séduire nos supporters qui
attendent beaucoup de la sélection après notre victoire contre
le Cameroun lors de la précédente journée », explique
Nader Al-Sayed, le gardien de but de la sélection nationale
et capitaine des Pharaons.
Conscient de l'importance
vitale de la rencontre de vendredi, l'Italien Marco Tardelli,
directeur technique de la sélection nationale, a préféré, lui,
tenir un stage de préparation de 12 jours avant la rencontre,
pour permettre à l'équipe de se concentrer au maximum. Il a
également convoqué 22 joueurs, dont 4 évoluant en Europe, pour
disputer cette rencontre, à savoir le trio de la Turquie :
Abdel-Zaher Al-Saqqa (Genclerbirligi), Béchir Al-Tabéï
(Rizespor), Ahmad Hassan (Besiktas) et le milieu
de Feyenoord (D1, Pays-Bas).
Justement, le choix
des 22 joueurs a suscité beaucoup d'interrogations. Deux joueurs
y figurent pour la première fois, à savoir le gardien d'Ahli,
Chérif Ekrami, qui remplacera le gardien de Zamalek Abdel-Wahed
Al-Sayed, absent pour cause de blessure, et l'attaquant de Moqaouloun
(D2), Tamer Adel.
L'absence d'Abdel-Halim
Ali, l'attaquant de Zamalek, est une grande surprise,
notamment avec le manque d'attaquants au sein de la sélection
actuellement, avec la mise à l'écart de l'attaquant de l'AS
Rome (Ita), Ahmad Hossam, dit Mido, et la blessure d'Ahmad
Bilal (Ahli).
Un attaquant expérimenté
comme Abdel-Halim Ali, buteur du championnat la saison dernière,
n'est pas à négliger. « Je suis le responsable technique
de la sélection et je suis responsable de mes choix. Abdel-Halim
Ali est un bon attaquant, mais je n'ai pas besoin de ses services
dans cette rencontre. Il pourra intégrer la sélection à la période
prochaine », explique Marco Tardelli.
Après l'absence
d'Abdel-Halim Ali, la puissance offensive de la sélection sera
concentrée sur Amr Zaki, le jeune attaquant d'Enppi (21
ans). Zaki a confirmé son talent lors de la rencontre contre
le Cameroun, où il fut l'homme du match. C'est un attaquant
puissant et doué, mais il souffre d'une seule lacune :
son manque d'expérience.
En ce qui concerne
le style de jeu, Tardelli reste fidèle à son schéma classique
en 4-4-2 ou parfois 4-2-3-1. Un système de jeu bien appliqué
par les joueurs lors des rencontres précédentes. Le cadre technique
s’est concentré sur l'importance du rôle défensif des joueurs
du milieu de terrain afin de contrôler le milieu de la Libye.
La victoire lors
de la rencontre de vendredi est impérative pour Tardelli, mais
aussi pour la sélection. La pression est énorme sur l'Italien
vu la situation critique de la sélection dans le groupe. Il
est vrai que Tardelli s'est présenté comme un bon technicien,
mais son énorme salaire mensuel, qui s'élève à 45 000 dollars,
suscite encore de nombreuses critiques de la part des Egyptiens
et de la presse. De même que ses longues vacances successives
après chaque rencontre.
Une défaite vendredi
aura des conséquences terribles sur le sort du cadre technique,
d'autant plus que le président de la Fédération égyptienne de
football a déclaré qu’une évaluation globale serait faite à
l’issue de la rencontre contre la Libye, profitant de la longue
trêve qui s'étendra jusqu'au 15 mars prochain, date d'une autre
rencontre opposant l'Egypte à la Libye au Caire à l'occasion
de la 6e journée. |