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Exposition
. L’Institut
du Monde Arabe à Paris (IMA) présente Pharaon,
à partir du 15 octobre et jusqu’au 10 avril
2005. L’exposition retrace les diverses
représentations de cette figure légendaire,
au cœur de la civilisation de l’Egypte antique.
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| Les
visages de Pharaon |
| Qui
est Pharaon ? Omniprésent, incontournable,
sacré et humain à la fois, il est le souverain
et dieu qui symbolise de tous temps la puissance
tout comme le mystère de l’Egypte. Pharaon
sera ainsi au centre de l’exposition qui
se déroulera à l’IMA du 15 octobre 2004
au 10 avril 2005, sous le haut patronage
des présidents Hosni Moubarak et Jacques
Chirac, en collaboration avec le Conseil
suprême des antiquités du Caire et le Musée
du Louvre de Paris. « Depuis une vingtaine
d’années, la vallée du Nil a suscité de
grandes expositions dont le succès ne s’est
jamais démenti. Elles ont été conçues soit
dans une perspective historique (autour
d’une période, d’un roi, d’une capitale),
soit autour de quelques thèmes porteurs
: la religion, les coutumes funéraires,
la vie quotidienne. Pour mieux faire comprendre
cette civilisation légendaire, un nouveau
fil conducteur s’est imposé à moi : le pharaon,
ce roi divin aux multiples apparences dont
la fonction et la personne dominent l’histoire
égyptienne », explique Christiane Ziegler,
commissaire scientifique de l’exposition.
Ce thème déjà proposé pour
l’exposition du Palazzo Grassi à Venise
en 2002 est aujourd’hui repris par l’IMA,
mais avec un choix d’objets différents.
115 pièces viennent du Musée égyptien du
Caire, 90 pièces du Musée du Louvre, 7 pièces
de l’Université de Pennsylvanie à Philadelphie
aux Etats-Unis, et 6 pièces du British Museum
de Londres, quelques pièces disparates proviennent
par ailleurs de collections privées. Cette
exposition tentera donc de mieux faire comprendre
la figure charismatique du souverain. «
Aujourd’hui, alors que la nature du pouvoir
suscite de nombreuses études, sociologues,
politologues et anthropologues se sont joints
aux égyptologues pour exploiter une masse
de documents qui précisent les aspects de
la puissance pharaonique : son rôle est
essentiel dans la pensée égyptienne, qui
replace l’homme dans la grande marche de
l’univers », ajoute la commissaire scientifique.
Dieu
ou homme ? L’exposition veut donner à voir
la double nature du pharaon, l’opposition
entre la fonction et la personne, dualité
désormais classique pour les égyptologues,
mais peu connue du public. « Pharaon qui
— comme le dit Ziegler — vient de l’égyptien
per-aa (la grande maison) qui, après avoir
désigné le palais, a fini par être appliquée
à son propriétaire. Mais en Egypte, à aucun
moment, il n’a servi de titre au souverain,
dont le protocole complet comporte cinq
noms distincts ; son usage ne s’y est répandu
que durant le Ier millénaire av. J.-C. ».
Cependant, au-delà des appellations et des
détours de l’Histoire, il est évident que
les nombreuses facettes de ce souverain
de droit divin sont nombreuses et intéressantes.
L’exposition nous montrera ce pharaon à
travers six visages différents.
Nous le découvrirons d’abord
à travers ses différents symboles et images,
puis à travers son omniprésence dans le
temple en tant qu’intermédiaire entre les
hommes et les dieux, pouvant dialoguer presque
d’égal à égal avec les divinités ou déléguant
ses pouvoirs. Ses traces y sont partout.
Depuis les plaquettes de fondations en passant
par les offrandes et l’architecture même
du temple.
Mais pharaon est aussi
un chef militaire. Est-il simplement assoiffé
de conquêtes, ou a-t-il plutôt le rôle de
garant de l’équilibre du monde ? Les bas-reliefs
de pharaon triomphant sur les ennemis ont
aussi des vertus conjuratoires.
La puissance de pharaon
et sa nature surhumaine se traduisent dans
son bon gouvernement qui est à la tête d’un
Etat centralisé et puissant. C’est pourquoi
un Conseil des ministres est reconstitué
: face à pharaon, son architecte, son intendant
et son scribe sont rassemblés. Derrière
eux, des chefs étrangers sont prosternés
en signe d’allégeance.
Si la vie officielle, la
vie religieuse ou la vie dans l’au-delà
sont familières grâce aux tombeaux bâtis
pour l’éternité, la vie quotidienne des
pharaons et du peuple d’Egypte demeure mal
connue. Les palais étaient situés au cœur
de magnifiques jardins ornés de pièces d’eau
dont on trouvera l’évocation dans une section
de l’exposition. La vie s’y déroulait dans
un cadre luxueux dont les éléments nous
sont parvenus : le mobilier royal.
Et pour terminer, comment
ne pas évoquer la mort et l’éternel retour
du pharaon. Cette dernière section de l’exposition
plongée dans la pénombre est composée de
deux parties : une tombe de la Vallée des
Rois est suggérée avec un sarcophage et
du mobilier funéraire. Le trésor des tombes
royales inviolées de Tanis se compose de
parures et de l’équipement des momies.
On pourrait se demander
pour terminer en déambulant dans la galerie
d’entrée de l’exposition qui nous montre
15 statues de souverains qui permettent
d’appréhender 3 500 ans d’histoire, lequel
est Pharaon ? La réponse ne se fait pas
attendre : « En parcourant cette galerie
de souverains, c’est en réalité un seul
roi que nous rencontrons, sous les traits
de simples mortels qui se succédèrent sur
le trône des dieux », affirme Christiane
Ziegler .
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Soheir
Fahmi |
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Voyage
dans le temps |
| Sophie
Labbé-Toutée, adjointe du commissaire scientifique,
a permis à quinze journalistes français
et cinq autres égyptiens de plusieurs publications
d’effectuer un voyage dans le temps sur
les lieux mêmes où Pharaon a resplendi de
toutes ses lumières. Accompagné d’une excellente
guide égyptienne et des interprétations
nuancées de Sophie Labbé-Toutée, le périple
organisé par l’Institut du Monde Arabe (IMA)
et accompagné de Salwa Neimi en vue de préparer
l’exposition d’octobre sur les différentes
facettes du pharaon a permis un dialogue
avec ce monde de mystère et d’au-delà.
En
effet, comment comprendre la mission de
ce pharaon souverain et dieu sans avoir
visité certaines tombes, où sont développées
de complexes descriptions du cosmos et de
la course nocturne du soleil à laquelle
le défunt souverain est associé ainsi que
les différentes transformations qui devaient
lui permettre de renaître éternellement,
à l’image de l’astre du jour. Comment ne
pas les comparer aux tombeaux des vizirs,
émanations du pharaon, investis d’une parcelle
du pouvoir royal. Et surtout avec l’administration
de l’Egypte moderne extrêmement hiérarchisée,
comment ne pas réfléchir à la transmission
du pouvoir. Comment ne pas rêver, en visitant
les ruines des palais de Thèbes et d’Amarna,
à la splendeur que devaient représenter
les résidences royales et dont nous retrouverons
certaines évocations dans la section de
l’exposition dédiée au palais et à la cour.
Institution
par excellence, celle du pharaon est une
réflexion sur le temps, mais aussi sur les
cultures, puisque c’est à l’IMA à Paris,
en ces moments de grandes déchirures, qu’un
pont magique se dresse, nous invitant à
penser le présent à l’aide du passé. |
S.
F. |
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