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Palestine
. Israël poursuit son
opération militaire musclée dans la bande de Gaza et promet
de l’amplifier, alors que la communauté internationale
reste impuissante. |
| Sharon
ne fléchit pas |
Le
premier ministre israélien, Ariel Sharon, l’a déclaré
haut et fort : l’opération militaire « Jours de pénitence
», en cours dans le nord de la bande de Gaza, va s’amplifier.
Ce qui n’est pas pour apaiser la situation. L’opération,
lancée le 28 septembre dernier, a déjà fait 71 morts parmi
les Palestiniens. Sharon est donc déterminé à aller jusqu’au
bout de sa logique. Cette offensive vise selon Israël
à faire cesser les tirs de roquettes sur le territoire
israélien. Mais il est clair que le premier ministre israélien
ne connaît que le langage des armes. Sharon a en effet
rejeté samedi l’offre du Hamas, qui s’était dit prêt à
cesser ses tirs de roquettes si l’armée mettait fin à
son opération. Et comme l’estime le ministre palestinien
chargé des Négociations, Saëb Eraqat, « L’absence de réaction
internationale » encourage le premier ministre israélien
Ariel Sharon à poursuivre l’opération. Selon Saëb Eraqat,
« l’objectif de Sharon est de détruire l’Autorité palestinienne,
l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine) et
de réoccuper la bande de Gaza pour la transformer en une
immense prison ». « Les opérations israéliennes vont se
traduire par une recrudescence de la violence et de l’extrémisme
», a en outre prévenu M. Eraqat. « Ce qui se passe à Gaza
constitue une répétition de la réoccupation décidée il
y a deux ans de la Cisjordanie par Ariel Sharon », a ajouté
M. Eraqat. Il a précisé qu’il avait envoyé plus de 90
lettres à des représentants de pays étrangers pour leur
demander d’intervenir, mais que la réponse de la communauté
internationale n’était pas à la hauteur de la situation.
De son côté,
le président de l’Autorité palestinienne, Yasser Arafat,
a appelé samedi le « monde à agir immédiatement et rapidement
» en vue de stopper l’opération « criminelle et raciste
» menée par l’armée israélienne. Parallèlement, lors d’une
session d’urgence tenue à Ramallah, le Conseil Législatif
Palestinien (CLP, Parlement) a appelé implicitement les
groupes palestiniens armés à cesser de tirer des roquettes
contre Israël. « Le Conseil législatif, qui affirme le
droit légitime de notre peuple à la résistance à l’occupation
israélienne odieuse, appelle l’ensemble des forces et
des factions à mettre en œuvre cette résistance dans un
cadre stratégique national pour barrer la route aux plans
israéliens qui portent atteinte à notre futur », a indiqué
un communiqué du CLP.
Plus tôt,
le premier ministre palestinien, Ahmad Qoreï, avait de
même indirectement appelé les groupes armés à ne plus
tirer de roquettes sur le territoire israélien pour ne
pas donner de prétextes à Israël de poursuivre son agression
contre le peuple palestinien. L’appel de M. Qoreï est
intervenu à l’issue de la réunion du cabinet palestinien
qui avait décrété « l’état d’urgence ». Tous les ministères
et institutions publiques ont été appelés dans le cadre
de cet « état d’urgence » à concentrer leurs activités
sur l’assistance aux Palestiniens du nord de la bande
de Gaza.
En signe
de deuil, une grève générale des commerces a été massivement
suivie samedi en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.
Cette grève a été décrétée par le Fatah, le mouvement
du dirigeant palestinien Yasser Arafat, avec le soutien
des mouvements islamistes Hamas et Djihad islamique. |
Les Arabes font appel à l’Onu
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| Et les
condamnations des agissements de l’Etat hébreu se poursuivent
au même rythme que les bombardements israéliens. Mais
une fois encore, l’on pointe du doigt l’impuissance de
la communauté internationale. Le secrétaire général de
la Ligue arabe, Amr Moussa, a affirmé sa condamnation
des incursions israéliennes dans la bande de Gaza, estimant
que « le mutisme total du Quartette (l’Onu, les Etats-Unis,
l’Union européenne et la Russie) sur les crimes israéliens
constitue une grande faille dans sa position vis-à-vis
du processus de paix au Proche-Orient ». La Ligue arabe
a, d’autre part, chargé le groupe arabe aux Nations-Unies
de faire appel d’« urgence » à l’Assemblée générale ou
au Conseil de sécurité de l’Onu « pour arrêter la guerre
d’extermination israélienne contre le peuple palestinien
», selon un communiqué publié à l’issue d’une réunion
des délégués arabes au Caire, siège de la Ligue. Mais
l’Onu reste impuissante. A New York, le secrétaire général
de l’organisation internationale, Kofi Annan, a demandé
à Israël de mettre fin à son opération militaire dans
la bande de Gaza, sans plus. Annan a aussi demandé à l’Autorité
palestinienne d’agir pour stopper les tirs de roquettes
contre Israël.
Sur le plan
international, le ministre français des Affaires étrangères,
Michel Barnier, a exprimé samedi sa « très grave préoccupation
face aux événements de Gaza » et lancé « un appel à la
raison aux Israéliens et aux Palestiniens ». Moscou a
une nouvelle fois appelé vendredi Israéliens et Palestiniens
à abandonner le recours à la force pour résoudre le conflit,
dans un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères.
Du côté de
l’éternel et inconditionnel allié d’Israël, à savoir les
Etats-Unis, Washington a simplement demandé à Israël d’avoir
uniquement recours à une « force proportionnelle » dans
ses opérations militaires. Le département d’Etat s’est
toutefois refusé à condamner les raids massifs contre
la bande de Gaza et a insisté encore une fois sur le droit
d’Israël à se défendre. |
| Rania
Adel |
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