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Aide .
Danida, l’agence danoise pour le développement international,
quittera l’Egypteen 2008, date à laquelle doit s’achever
sonprogramme d’aide portant notamment sur l’environnement.
Inge-Marie
Lorenzen, conseillère
pour l’environnement du ministère danois des Affaires
étrangères, estime que les résultats de la coopération
ne sont pas satisfaisants. |
| « L’action
du gouvernement
est insuffisante » |
Al-ahram
hebdo : Depuis combien de temps opérez-vous en Egypte, et
dans quelles conditions ?
Inge-Marie Lorenzen : Ce n’est
qu’en 1994 que nous avons commencé nos activités en Egypte,
dès la promulgation de la première loi sur l’environnement.
Pour que Danida donne des aides à l’environnement dans
un pays, il doit y avoir dans ce dernier une loi qui protège
l’environnement. L’Egypte a promulgué sa loi en 1994.
Nous serons en principe présents jusqu’en 2008. Pour la
période de 2001 à 2008, le montant de notre aide à l’Egypte
a été de 367 millions de couronnes danoises. En général,
Danida dans cette période a changé de politique en ce
qui concerne le choix du pays qui profite de ses aides.
Il doit être pauvre, en voie de développement, dans lequel
on respecte les droits de l’homme, et le plus important
c’est que le pays soit intéressé à se développer et à
se changer vers le mieux.
— Comment les aides sont-elles accordées
?
— Par exemple, en ce qui concerne l’Egypte,
le gouvernement égyptien explique ses besoins au gouvernement
danois tout en citant les différentes aides étrangères
qui couvrent des secteurs précis. Alors, en fonction de
ces informations, le gouvernement danois peut fixer les
aides qu’il pourra octroyer à l’Egypte afin de compléter
les travaux des autres donateurs. Ceci afin que l’Egypte
réalise à travers l’aide danoise un maximum de profit.
—
Comment choisissez-vous les projets que vous allez soutenir
?
— Il faut assurer que le Danemark ne
vient pas juste pour boucher les trous, on intervient
uniquement dans les projets bien étudiés par le gouvernement
égyptien et qui suivent une stratégie ferme. On est aussi
pour la coopération avec les autres agences d’aide. Par
exemple, on travaille avec l’aide anglaise dans les gouvernorats
d’Assouan et de Béni-Souef.
— En ce qui concerne l’Egypte, comment
avez-vous jugé la qualité du travail ?
— En mars 2003, on a évalué la performance
et nous n’avons pas été satisfaits. Nous sommes restés
cependant présents avec l’idée de donner plus de chance
jusqu’en 2008, date de la fin de notre programme. Mais
il faut dire qu’au cours de ce mois d’octobre, le gouvernement
danois va évaluer une dernière fois l’expérience en Egypte
dans tous ses aspects et si les résultats restent insuffisants,
on arrêtera tout ce qui ne marche pas dès la fin de cette
année. Mais nous poursuivrons notre assistance dans les
domaines qui progressent.
— Quels sont exactement les projets que
vous financez en Egypte ?
— Le programme de l’ESP (Programme du
secteur de l’environnement) renferme un projet de médias
et de sensibilisation environnementale, un autre qui donne
des aides techniques aux bureaux environnementaux dans
les gouvernorats et un troisième qui accorde des crédits
aux secteurs industriels privés afin qu’ils se conforment
aux normes de la loi et s’orientent vers la production
la plus propre pour pouvoir être compétitifs sur les marchés
internationaux une fois l’accord de l’OMC appliqué. En
effet, nous sommes décidés à commencer une nouvelle activité
pour aider à garantir la durabilité de nos projets et
arriver au maximum de profit à la fin de notre aide, en
2008. Pour mieux éclaircir ce point, notre mission dans
la prochaine période sera de s’assurer que tous les bureaux
des gouvernorats sont bien équipés afin d’accomplir à
perfection leur tâche. Ce qui aidera à soutenir la décentralisation
de l’administration environnementale dans les gouvernorats.
— Mais pourquoi vos projets sont-ils
ciblés sur les gouvernorats et pas la capitale bien que
les problèmes de la capitale soient plus compliqués ?
— En fait, c’est un suicide que de travailler
dans la capitale. La pollution intense et le territoire
étendu rendent très difficile la tâche, mais dans les
gouvernorats au contraire, les résultats sont immédiats
et très encourageants. En plus, la bureaucratie est un
vrai obstacle au Caire, tout le monde doit signer les
décisions. Dans les gouvernorats, ce n’est pas le cas,
les décisions là-bas sont vite prises, il n’y a pas de
bureaucratie car pour les responsables les problèmes sont
clairs et nets, nous pouvons voir facilement l’eau contaminée,
les ordures. Mais au Caire, c’est complètement différent.
Mais on ne peut tout faire seuls, les responsables égyptiens
doivent travailler plus. En effet, le peuple égyptien
est très gentil, très ouvert et très intelligent. Nos
problèmes commencent lorsqu’on arrive à l’exécution des
projets, la bureaucratie vient peser lourd et toute l’affaire
devient compliquée.
— Mais puisque le travail dans les gouvernorats
vous intéresse, pourquoi donc avez-vous décidé de quitter
l’Egypte fin 2008 ?
— On a décidé de quitter l’Egypte, car
elle n’est plus un pays pauvre, c’est vrai que le peuple
est pauvre mais le revenu national du pays a augmenté
l’année dernière, et il y a d’autres pays qui sont plus
pauvres et qui méritent plus notre aide. Ce qu’on peut
faire avant de quitter l’Egypte c’est s’assurer de garantir
la durabilité des projets qu’on avait commencés. L’année
dernière, le premier ministre et les ministres de l’Environnement
et de l’Administration locale ont fait preuve de volonté
de changement, mais on s’attend toujours à voir du concret
l
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Maroc .
Un groupe de passionnés s’efforce de sauver un site naturel
vieux de plus de deux millions d’années. |
| Une
forêt du quaternaire menacée |
Sur
les bords du lac Sidi Boughaba où se côtoient oliviers
sauvages, genévriers rouges et grands mûriers, des militants
s’efforcent de préserver ce vestige des grandes forêts
du quaternaire, né il y a plus de deux millions d’années.
Dans la réserve de 650 hectares, située à 30 km au nord
de Rabat, hivernent « diverses espèces menacées parmi
lesquelles la sarcelle marbrée (un canard migrateur) »,
dit à l’AFP Abdeslam Bouchafra, ingénieur des Eaux et
forêts et membre de la Société protectrice des animaux
et de la nature (SPANA), l’association qui gère Sidi Boughaba.
« Ce qui nous étonne, c’est qu’une douzaine
de couples de cet oiseau rare, la Marmaronetta angustirostris,
ont élu domicile ici et ne vont plus nulle part ailleurs
», ajoute M. Bouchafra.
Gênée par une multitude de flamants roses,
beaucoup plus nombreux sur le lac, une sarcelle marbrée
— visible grâce à un télescope à pied — finit par s’envoler.
Elle se pose à trente mètres de là dans une zone plus
calme, près d’un groupe de poules sultanes.
Le responsable de la réserve est content
de la récente installation d’un matériel électrique à
base d’énergie solaire dans le centre. « C’est beaucoup
mieux que le groupe électrogène classique, qui fait trop
de bruit », dit-il.
M. Bouchafra énumère les aspects qui
font de Sidi Boughaba un site unique : « Seul endroit
où le genévrier rouge vit à l’état naturel sur la côte
nord-ouest du Maroc », et « unique lac d’eau douce sur
le littoral ».
« Toutefois, il y a un paradoxe, dit-il,
sur l’axe migratoire Europe-Afrique, Sidi Boughaba — qui
compte 210 espèces d’arbres et de plantes et un grand
nombre d’oiseaux — se situe dans la région la plus peuplée
du Maroc ».
Espadrilles et chapeau de cow-boy, sa
jeune adjointe affronte régulièrement les problèmes du
dimanche : « Il y a de jeunes tapageurs qui klaxonnent,
jouent avec des tam-tams, et il y en a qui jettent des
ordures n’importe où », déplore cette militante de la
SPANA, titulaire d’une maîtrise de biologie.
« Quand le vacarme est particulièrement
fort, assure-t-elle, les pauvres oiseaux quittent le centre
de ce lac de 200 hectares et se réfugient dans les joncs
et les roseaux du bord ».
« C’est le comportement respectueux à
l’égard des plantes et des oiseaux qui fait défaut chez
une bonne partie des visiteurs, plus que les notions d’environnement
», affirme-t-elle en se réjouissant toutefois d’un « début
de prise de conscience ».
Elle organise avec les écoles de la région
de Rabat-Kénitra des visites guidées du site. Elle tente
d’accélérer, dans ce but, la finition d’une hutte d’observation
des oiseaux, construite en bois sur un petit pont au-dessus
d’une rivière.
Plus de 205 espèces d’oiseaux ont été
observées sur la réserve dont 37 sédentaires, comme le
canard colvert, la foulque à crête, et le hibou africain
des marées. La grive musicienne et le canard siffleur
font partie des espèces qui se contentent d’une simple
escale au Maroc.
Les gestionnaires du site, répertorié
sur une liste internationale des zones humides, veulent
« donner toute sa dimension » à l’aspect éducatif de ce
Centre National d’Education Environnementale (CNEE). Ils
ont mis sur pied des partenariats avec des enseignants
universitaires bénévoles qui consacrent au centre une
journée par semaine de leur temps.
Le budget de fonctionnement est estimé
entre 720 000 dirhams et 960 000 dirhams (entre 65 000
et 86 000 euros) par an. Le directeur prévoit de monter
de petits projets qui généreraient « de petites recettes
sur place »
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AFP |
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