Malak Salem Madkour : Nous voulons sensibiliser
la population sur l'importance de leur comportement dans leur
vie quotidienne et démontrer qu'une simple décision de leur
part peut avoir des répercussions positives sur leur existence.
Par exemple, les Egyptiens ne comprennent pas l'importance du
planning familial. Ils ne savent pas que s'ils décident de ne
fonder qu'une petite famille, cela permettrait d’offrir à leurs
enfants une vie meilleure. Non seulement parce que les parents
pourront s'occuper d'eux correctement, mais aussi parce que
l'Etat sera en mesure de leur apporter une meilleure aide dans
tous les domaines, notamment la santé et l'éducation. La population
ne réalise pas qu'une chose aussi simple que le planning familial
est en mesure de résoudre de nombreux maux de la société. Parce
que les familles égyptiennes sont souvent très nombreuses, il
est très difficile de détecter les capacités des enfants, ce
qui les frustre et certains d’entre eux quittent le domicile
familial pour devenir ce qu'on appelle des « enfants
de la rue ».
— Votre association s'adresse principalement
aux femmes. Or, en Egypte, les mesures préconisées en matière
de planning familial, par exemple, appartiennent aux hommes …
— C'est faux. Nous sensibilisons les hommes
sur l'importance du planning familial, mais aussi sur la nécessité
de faire participer la femme aux prises de décision. Notre objectif
est d'ouvrir les esprits et de convaincre que la vie familiale
ne peut se dérouler qu'en harmonisant le rôle de l'homme et
de la femme.
— En quoi les activités de votre association
ont-elles évolué ?
— Notre association, fondée en
1928, avait initialement pour objectif de lutter contre la malnutrition
des enfants et contre la maladie de la fragilité des os. Aujourd'hui,
nous avons deux garderies, une pour les enfants valides et une
autre pour les handicapés. Nous sommes aussi beaucoup mieux
équipés. Nous possédons par exemple un appareil de massage pour
les handicapés qui nous a été offert par la princesse Diana.
De même, les ministères des Affaires sociales et de la Santé
nous envoient des médecins pour ausculter les patients contre
la somme symbolique de 50 piastres.
— Qu'avez-vous fait pour améliorer la
qualité des services que vous proposez ?
— Nous avons entamé en août dernier
un programme de formation de six mois. Il consiste à tenir des
ateliers de travail destinés aux membres de l'association afin
de développer leurs capacités et d'améliorer leurs performances.
Nous organisons aussi des cours de gestion, d'informatique et
de communication. De même, nous travaillons sérieusement à augmenter
les ressources financières de l'association. Nous coopérons
également avec beaucoup d'ONG comme par exemple le Croissant-Rouge,
l'Association du planning familial au Caire, celle des Filles
de l'avenir, etc.
— Quel est l'obstacle majeur qui se pose
à vos activités ?
— La faiblesse des ressources économiques
des personnes que nous servons a un effet très négatif sur notre
travail. Les enfants qui assistent à nos cours d'alphabétisation
manquent d'assiduité car ils travaillent et craignent de perdre
leur place. De plus, leurs parents les encouragent à travailler
parce qu'ils représentent une source importante de revenus pour
la famille.