Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

L'Egypte

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Idées
Portrait
Littérature
Arts
Société
Sport
Environnement
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine

Sud-Sinaï . Ce gouvernorat profitera d'un large plan de développement qui sera lancé en 2005 avec la coopération de l'Union européenne. Le tourisme et les bédouins en sont les grands axes.

Le pari du développement

L'Union Européenne (UE) a lancé un programme pour le développement du gouvernorat du Sud-Sinaï dans tous les domaines. Le coût de cette opération s'élève à 64 millions d'euros. C'est dans cette optique que s'est tenue, du 27 au 29 septembre dernier à Charm Al-Cheikh, une conférence qui a réuni plus de 300 personnes, dont notamment Richard Weber, directeur du programme MEDA et de la Commission européenne, Moustapha Afifi, gouverneur du Sud-Sinaï, Fayza Aboul-Naga, ministre de la Coopération internationale, Magued Georges, ministre de l'Environnement, et Hani Seiffel-Nasr, président du Fonds social pour le développement. Cet intérêt porté au développement de ce gouvernorat revient au fait que le Sud-Sinaï a reçu plus de 2,6 millions de touristes en 2003, soit 25 % du tourisme égyptien. Ce gouvernorat a connu un grand développement au cours des 15 dernières années. Pourtant, beaucoup de choses restent encore à faire. « C'est pour cette raison que l'UE financera donc le nouveau programme de développement qui doit commencer en 2005 », affirme Richard Weber, directeur de la Commission européenne.

Six ateliers de travail ont été organisés durant la conférence et ont porté sur des thèmes comme l'environnement, la protection des réserves naturelles, le recyclage des déchets industriels, l'héritage culturel et la restauration des sites historiques comme le monastère de Sainte-Catherine, des projets pour le tourisme et l'augmentation du nombre des sites touristiques. La Commission européenne a déjà financé quatre projets d'environnement et de développement dans le Sud-Sinaï pour un montant total de 22,8 millions d'euros, comme les projets de la première réserve naturelle à Ras Mohamad, le programme de développement des réserves naturelles au golfe d'Aqaba, le centre de la résistance contre la pollution pétrolière et le projet de développement de Sainte-Catherine. « Plusieurs régions ont été développées dans le Sud-Sinaï mais beaucoup d'autres régions sont toujours privées d'électricité, d'eau potable, notamment dans les régions où vivent les bédouins. Plus de 34 bédouins assistent à cette conférence pour discuter de leurs problèmes. Et avec la croissance démographique, le développement au Sud-Sinaï s'avère nécessaire », explique Weber. En effet, le nombre d'habitants dans le Sud-Sinaï était moins de 5 000 en 1960, ce chiffre s'est élevé à 113 229 habitants en 2003. Et, selon les estimations des spécialistes, ce chiffre atteindra 500 000 habitants en 2017.

Le tourisme est le point de départ du plan de développement lancé par la conférence. Selon la ministre de la Coopération internationale, Fayza Aboul-Naga, le tourisme thérapeutique est très important. « Le Sud-Sinaï est réputé pour les sources d'eau sulfurique et les plantes médicinales. Il faut donc encourager ce genre de tourisme », insiste la ministre. « Il faut exploiter beaucoup de ressources dans ce gouvernorat comme, par exemple, la métallurgie à Abou-Zéneima. Il y a 5 aéroports internationaux au Sud-Sinaï ; il faut donc en profiter pour améliorer l'exportation », explique pour sa part Moustapha Afifi, gouverneur du Sud-Sinaï.

Le gouverneur a insisté également sur les problèmes des bédouins. En fait, le nombre des bédouins au Sud-Sinaï est estimé à 43 000 habitants résidant dans sept villes de ce gouvernorat. Ils habitent surtout dans les montagnes et mènent une vie rudimentaire. A plus de 100 kilomètres de la ville de Charm Al-Cheikh gisent des logements construits en brique au pied de la montagne. Les bédouins y vivent dans des conditions précaires avec leurs dromadaires et leurs troupeaux. « Nous souffrons énormément pour obtenir de l'eau potable, notre seule source est la pluie. L'année dernière, il y avait peu de pluie et il n'y avait pas assez de barrages au moment des pluies torrentielles. Nous voulons l'installation de l'infrastructure nécessaire pour avoir l'eau potable vitale pour nos besoins quotidiens et l'agriculture », réclame Mansour Mohamad, bédouin. Il affirme qu'il y a beaucoup de terres défrichables mais qui ne sont pas exploitées à cause du manque d'eau. « Nous connaissons parfaitement la région. Nous sommes donc les plus aptes à devenir guides. Il faut que les responsables du tourisme nous accordent cette occasion et nous forment pour faire ce travail », insiste Ahmad Abou-Hachem, un autre bédouin. Les responsables au gouvernorat affirment, eux, qu'il y a beaucoup de difficultés qui entravent le développement dans cette région. Selon eux, les bédouins habitent en groupes éparpillés dans les sept villes du gouvernorat. « Ceci rend l'installation de l'infrastructure très difficile et très coûteuse. Ce n'est pas comme au Caire où un seul réseau de drainage sanitaire peut couvrir plusieurs quartiers. Ce que nous essayons de faire maintenant, c'est de convaincre les bédouins de se regrouper en un seul endroit pour leur construire des logements plus modernes avec l'infrastructure nécessaire », explique, Chaabane Khamis, secrétaire général du gouvernorat. Il affirme que ce qui a été réalisé jusqu'à présent doit être vu comme un grand acquis puisque le développement au Sud-Sinaï n'a commencé que depuis 15 ans seulement. Et de conclure : « Le programme de l'UE nous aidera beaucoup à poursuivre le développement à tous les niveaux ».

Ingy Al-Qadi

Retour au Sommaire

 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631