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Cinq ans d’Intifada
Par Ibrahim Nafie

L’Intifada palestinienne est entrée le 28 septembre dans sa cinquième année. Quel bilan peut-on tirer de ses quatre premières années ? Les observateurs s’accordent à dire que l’usage de la force militaire comme unique moyen d’assujettir et de briser la volonté de l’adversaire ne peut aboutir. Ceux qui ont eu recours à ce choix sont aujourd’hui obligés de reconnaître leur échec.

Du côté israélien, le chef de la sûreté a reconnu que les pertes d’Israël depuis la création de l’Etat hébreu en novembre 1947 jusqu’au mois de septembre 2000 ont atteint 4 319 personnes contre 11 356 lors de l’Intifada d’Al-Aqsa. Ce bilan provisoire s’arrête à la fin août 2004.

Un article publié dans le quotidien Maariv affirme que les blessés des 4 dernières années dépassent ceux des 52 années passées depuis l’établissement de l’Etat d’Israël. Un nombre stupéfiant.

Pour ce qui est du peuple palestinien, longtemps assiégé, le nombre de victimes s’élève à trois mille martyrs, des dizaines de milliers de blessés avec un nombre considérable d’exilés qui dépasse les sept mille. Et ce, sans compter les maisons démolies, les terres confisquées, les arbres déracinés, et enfin la destruction des institutions politiques palestiniennes, dont le QG du président Arafat à Ramallah, en Cisjordanie.

Maintenant, après quatre années des plus meurtrières, les protagonistes du conflit ont-ils retenu la leçon de la guerre, de la mort et de l’anarchie ? Israël réalisera-t-il un jour que la paix équitable est seule capable de panser les blessures du Proche-Orient ?


Les pratiques barbares d’Israël

Israël doit cesser ses opérations d’assassinats et de destruction et mettre un terme à ses agressions dans les territoires occupés. Et aux Nations-Unies d’assumer le rôle qui leur est confié dans l’application des résolutions du Conseil de sécurité pour un règlement du conflit du Proche-Orient.

Ces quatre dernières années, le peuple palestinien a souffert dans sa chair plus que quiconque. Il a fait face à l’une des plus puissantes armées du monde, subissant des pertes considérables en hommes, femmes et enfants, ainsi que dans son infrastructure. La construction du mur raciste dit de séparation est venue compliquer davantage les choses en mordant sur les terres palestiniennes.

Il semble que le jeu ait plu à Israël. Il n’a pas manqué d’exploiter ce qui se passe en Iraq pour élargir le conflit, l’étendre au-delà des territoires palestiniens. Il s’agit visiblement d’entraîner la région dans un nouveau cycle de violence. Deux jours avant le quatrième anniversaire de l’Intifada palestinienne, Israël a assassiné dans la capitale syrienne Damas, l’un des cadres du mouvement palestinien Hamas. Israël agit ainsi au mépris de la souveraineté des Etats et du droit international, comme s’il était au-dessus de la loi. Les Nations-Unies, leur Assemblée générale, leur Conseil de sécurité ainsi que leur organe judiciaire, la Cour internationale de justice, semblent tous dans l’incapacité d’appliquer toute décision concernant Israël.

Personne n’ignore aujourd’hui que le recours à la violence ne mettra jamais fin au conflit, que le maintien par la force du « fait accompli » de l’occupation ne conduira qu’à plus de violence et de guerre dans la région .

 

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