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Kiosque . La presse égyptienne évoque cette semaine l’Intifada qui entre dans sa cinquième année, à l’heure où Israël amplifie « ses opérations de prévention » dans la bande de Gaza, renforçant l’isolement économique et politique du peuple palestinien.
Triste anniversaire

Jours sombres au Proche-Orient : la deuxième Intifada entre dans sa cinquième année. Depuis le début des violences le 28 septembre 2000 —c’est-à-dire depuis l’époque des négociations de paix parrainées par l’ancien président américain Bill Clinton —, les affrontements ont fait plus de 3 100 morts du côté palestinien. L’élément déclencheur de cette Intifada : la visite d’Ariel Sharon sur l’Esplanade des mosquées à Jérusalem.

Cette semaine, les titres de la presse ont ainsi été très révélateurs : « L’Intifada poursuit sa lutte légitime », « Une Intifada sans leadership », « L’Intifada d’Al-Aqsa entre dans sa cinquième année », « L’Intifada, une réalisation historique pour le peuple palestinien », « Israël fait valoir la guerre d’extermination contre les Palestiniens ».

Pour sa part, l’éditorialiste Sanaa Saïd souligne dans l’hebdomadaire Al-Osboue que « malgré ses 3 340 martyrs et des milliers de blessés et de prisonniers, l’Intifada palestinienne est entrée dans sa cinquième année. Le but est toujours la création d’un Etat palestinien, et la fin de l’occupation sauvage de l’ennemi sioniste. Sharon a mis fin au processus de paix à travers une guerre totale qu’il mène contre chaque Palestinien, et l’escalade sans précédent de la violence. L’Intifada a prouvé que le peuple palestinien est prêt à payer le prix de l’indépendance ». Avant de conclure que « le déséquilibre des forces ne permet pas une solution politique, raison pour laquelle la résistance doit se poursuivre ».

Mais l’Intifada connaît parfois des difficultés entravant son processus. « Si pour certains, l’Intifada n’a pas encore totalement atteint ses objectifs, ceci revient à des obstacles et des difficultés : le manque d’unité nationale entre les différentes factions de résistance palestinienne, la faiblesse de l’unité arabe, l’alignement total des Etats-Unis sur Israël », écrit l’écrivain palestinien Bakr Mesbah dans Al-Osboue. Et Israël persiste et signe en poursuivant sa politique colonialiste. Ce qui incite l’éditorial d’Al-Ahram à affirmer avec conviction que « la résistance palestinienne face à l’occupation ne s’arrêtera pas comme le veut Sharon. Elle durera aussi longtemps que l’occupation ». D’ailleurs, la solidarité, l’unité et l’aide aux Palestiniens, aux familles des victimes et des prisonniers « doivent être permanentes et continues, tant que se poursuivra l’Intifada », poursuit-il. Fadwa Al-Barghouti, avocate et épouse du militant palestinien emprisonné Marwane Al-Barghouti, affirme avec force dans le quotidien londonien Al-Charq Al-Awsat qu’« il est inadmissible que la solidarité avec les prisonniers, qui étaient les chevaliers de l’Intifada, soit saisonnière ; il s’agit d’un acte quotidien obligeant le monde à intervenir pour leur libération ».

Mais qu’en est-il de l’éternel soutien de l’allié américain ? « Quatre ans d’Intifada et Israël est toujours incapable de réaliser la sécurité de ses citoyens. Et cela malgré un soutien américain illimité et renforcé pour liquider la question palestinienne. Alors que dans le même temps, les victimes continuent à tomber et l’embargo sécuritaire et économique se renforce de jour en jour », souligne l’éminent écrivain Nabil Zaki dans Akhbar Al-Yom. En dépit de toutes les difficultés, Arafat reste aux yeux des siens « le symbole de la lutte palestinienne pour l’indépendance », et il est donné largement favori dans les sondages pour être réélu à la tête de l’Autorité palestinienne lors des élections prévues au printemps prochain. Arafat, qui ne manque pas une occasion de saluer « la vaillante Intifada », affirme que les menaces israéliennes ne lui font pas peur, répétant à l’envi qu’il préfère mourir en « martyr » plutôt que de se plier à la volonté d’Israël. En attendant, couvre-feux, fermeture des territoires, opérations de l’armée israélienne et barrages routiers pèsent gravement sur le quotidien des Palestiniens, et plus particulièrement sur l’économie palestinienne.

Hoda Ghali
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Les colonies contre la paix

Avec l'Intifada entrant dans sa cinquième année, Israël paraît plus décidé que jamais à renforcer sa colonisation de la Cisjordanie. Depuis qu'Israël occupe la bande de Gaza et la Cisjordanie, en juin 1967, la colonisation de ces territoires est devenue le litige principal du conflit israélo-palestinien.

Le premier ministre israélien, Ariel Sharon, a décidé d'évacuer toutes les 21 colonies juives de la bande de Gaza d'ici à septembre 2005, de même que quatre petites implantations isolées dans le nord de la Cisjordanie. Mais, dans cette dernière région, la colonisation a paradoxalement connu un impressionnant coup d'accélérateur depuis le début de l'Intifada, fin septembre 2000. Il y a actuellement 225 colonies juives éparpillées en Cisjordanie, dont 127 créées avec le feu vert du gouvernement, et plus d'une centaine de points de colonisation « sauvage », considérés comme illégaux par Israël. Mais conformément au droit international, toutes les colonies sont illégales. Israël a en outre accéléré la colonisation en lançant depuis juin des appels d'offres pour la construction de plus de 2 300 logements en Cisjordanie.

Pas moins de 232 000 colons juifs vivaient dans les territoires occupés à la fin de 2003, contre 198 000 fin 2000. Il y a quatre ans, il y avait une quarantaine de points de colonisation sauvage en Cisjordanie contre près d'une centaine aujourd'hui. Beaucoup sont reliés au système d'adduction d'eau d'Israël, et connectés à son réseau d'électricité. Ce qui les légitime plus ou moins a posteriori. Il est vrai que les forces israéliennes ont démantelé une vingtaine de ces points de colonisation inhabités, mais la plupart ont ensuite été rapidement reconstruits.

Plus inquiétant est le changement de la politique américaine qui estime désormais « irréaliste » qu'Israël se retire complètement de la Cisjordanie. Selon une entente tacite, l'Administration Bush a accepté que des constructions dans les principaux blocs d'implantations de la région répondent à « la croissance naturelle » des colons. Une position qui va à l'encontre de la Feuille de route — pourtant parrainée par Washington — qui prévoit le gel de la colonisation et le démantèlement des colonies sauvages créées depuis que Sharon a accédé au pouvoir en mars 2001.

Israël érige des colonies en Cisjordanie pour occuper le terrain en sachant cependant que beaucoup de celles-ci sont promises au démantèlement. Le but étant de s'en servir comme monnaie d'échange dans de futures négociations de paix. Ces colonies risquent toutefois de rendre impossible la création d'un Etat palestinien viable, compromettant tout règlement de paix permanent.

 

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