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Les tensions dans
le Delta du Niger, où contrebande du brut et velléités sécessionnistes
se conjuguent, devraient prendre fin, du moins provisoirement.
L’accord de cessez-le-feu signé vendredi à Abuja devrait calmer
les inquiétudes des milieux pétroliers internationaux tout en
ouvrant la voie à des exigences régionalistes au sein de la
Fédération nigériane.
Au
début de la semaine dernière, un groupe armé baptisé Force Volontaire
du Peuple du Delta du Niger (FVPDN), et dirigé par Mujahid Dokubo
Asari, avait donné jusqu’au 1er octobre au gouvernement pour
répondre à ses revendications : autodétermination pour les Ijaws
(l’une des principales ethnies de la région pétrolière du sud
nigérian), contrôle des ressources pétrolières et convocation
d’une conférence nationale souveraine qui lui permettrait de
présenter les revendications indépendantistes de la communauté
Ijaw.
Ce groupe à caractère
ethnique avait menacé de lancer « une guerre totale » contre
l’Etat du Nigeria, et de s’en prendre aux expatriés du secteur
pétrolier qu’il a invités à quitter le Delta du Niger. La FVPDN
revendique 200 000 volontaires, affirme acheter des armes au
Nigeria et dans les pays voisins et être financée « par des
Ijaws du monde entier ». Le leader du mouvement affirme ne pas
mener de guerre ethnique, ni religieuse, revendiquer le droit
de se battre pour « l’indépendance ».
Le Nigeria, qui
est une fédération depuis son indépendance de la Grande-Bretagne
en 1960, est le premier producteur de pétrole brut du continent
et le sixième exportateur mondial avec 2,5 millions de barils
par jour dont l’essentiel est tiré du Delta du Niger. C’est
également le pays le plus peuplé d’Afrique noire, avec 130 millions
d’habitants.
Les populations
du Delta du Niger, d’où vient l’essentiel du pétrole produit
par le Nigeria, se plaignent de ne pas profiter des retombées
économiques de l’or noir, récupérées par les autorités. Vendredi
dans son discours à la nation à l’occasion du 44e anniversaire
de l’indépendance, le président Olusegun Obasanjo avait reconnu
pour la première fois depuis son élection en 1999 que les populations
du Delta du Niger n’avaient guère bénéficié de la manne pétrolière.
Pour autant, le président a affiché sa volonté de fermeté face
à « la coquinerie et (au) vandalisme (...) trait dominant dans
le Delta du Niger », rappelant leurs « implications sur la production,
la distribution et le cours du pétrole brut ». « Le gouvernement
ne tolérera en aucune manière quelque acte que ce soit qui compromettrait
ou hypothéquerait l’intérêt de la majorité » a-t-il prévenu.
Le Delta du Niger
est un foyer de tension latente ou active depuis de nombreuses
années. On ne compte plus les incidents, à l’issue parfois dramatique,
survenus dans la région en relation avec l’activité pétrolière
: occupations de plates-formes, assauts de puits, prises d’otages,
demandes de rançon, meurtres, violences interethniques entre
Ijaws et Itsekiri (l’autre grande communauté locale), se multiplient
dans un contexte politique corrompu et social dégradé.
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L’accord conclu
vendredi à l’issue de trois jours de discussions à Abuja, la
capitale fédérale, devrait calmer les inquiétudes internationales
qui s’étaient traduites en une forte hausse des cours. Vendredi
soir, le baril a d’ailleurs franchi un record historique pour
la première fois depuis vingt ans, à plus de 50 dollars. « Nous
n’avons pas de problème avec les compagnies pétrolières tant
que le gouvernement fédéral satisfait nos demandes », a déclaré
Dokubo Asari au lendemain de la signature de l’accord. Mais
à long terme, cet accord ouvrirait la voie à des exigences régionalistes
au sein de la Fédération nigériane notamment dans la mesure
où il prévoit que les Ijaws puissent se prononcer sur leur autodétermination
et le contrôle des ressources pétrolières de leur région.
Selon un diplomate qui a souhaité
garder l’anonymat, « commencer à discuter de l’autodétermination
des Ijaws reviendrait à ouvrir la boîte de Pandore parce que
tous les autres groupes minoritaires, les Ogonis, les Igbos
par exemple, demanderaient la même chose ». La question reste
extrêmement sensible près de 35 ans après la fin de la guerre
civile qui a vu l’échec de la sécession biafraise (1967-1970),
menée par les Ibos et qui incluait la région de Port Harcourt.
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