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Iraq . L’intensification de la violence dans les différentes villes du pays menace la tenue des élections prévues en janvier prochain. Une conférence internationale pourrait se tenir fin novembre en Egypte pour chercher des solutions à la crise.
A feu et à sang

Bagdad, Falloujah, Samarra, Mossoul ; l’Iraq tout entier est mis à feu et à sang. Nul répit pour les Iraqiens qui subissent d’un côté les bombardements de l’armée d’occupation et de l’autre les attaques de la guérilla. La journée de lundi a été particulièrement meurtrière avec l’explosion d’une voiture piégée à Mossoul faisant au moins trois morts et une dizaine de blessés. Mais c’est dans la capitale que la journée a été la plus sanglante. Deux véhicules piégés ont en effet explosé. La première voiture a explosé à Bagdad lundi matin, faisant au moins 10 morts et près de 80 blessés. L’attentat s’est produit devant un centre de recrutement de l’armée iraqienne dans le quartier Mansour, près de la Zone verte, un secteur ultra-sécurisé où se trouvent l’ambassade des Etats-Unis et le siège du gouvernement iraqien. Un porte-parole militaire américain a affirmé que l’explosion « n’a pas fait de victimes américaines ». Une deuxième voiture a secoué le centre de la capitale un peu plus d’une heure après la première explosion, selon un porte-parole du ministère de l’Intérieur. Elle a fait 2 morts et 17 blessés.

Entre-temps, c’était un directeur général et une fonctionnaire du ministère des Sciences et de la Technologie qui ont été abattus par des inconnus à Bagdad. Il s’agit du dernier d’une série d’attentats souvent mortels visant les hauts fonctionnaires du gouvernement iraqien d’Iyad Allaoui, formé en juin dernier.

A Falloujah, à 50 km à l’ouest de Bagdad, la situation est non moins préoccupante. L’armée américaine poursuivait lundi ses raids contre la ville qu’elle considère rebelle et où elle affirme attaquer des repaires de combattants liés au réseau d’Abou-Moussab Al-Zarqaoui, qui a revendiqué de nombreux attentats et enlèvements d’étrangers. Selon l’hôpital local, onze personnes ont été tuées dans deux raids menés lundi à l’aube par l’armée américaine à Falloujah. L’armée américaine a intensifié ces derniers temps les raids sur Falloujah au rythme de plus d’un par jour, avec toujours le même prétexte : attaquer des repaires présumés du réseau de Zarqaoui.

La multiplication des raids sur Falloujah intervient alors que le gouvernement iraqien a annoncé sa volonté de récupérer les villes rebelles avant les élections de janvier 2005. Les troupes américaines et iraqiennes avaient ainsi lancé une offensive d’envergure vendredi sur la ville sunnite de Samarra, à 125 km au nord de Bagdad, dont il ont repris le contrôle. Mais le Comité des oulémas iraqien, l’organisation la plus représentative des sunnites d’Iraq, a qualifié de « massacres » les attaques de l’armée américaine à Samarra et à Falloujah. Sur le plan diplomatique, la conférence internationale sur l’Iraq voulue par les Etats-Unis est « prévue pour la dernière semaine de novembre » en Egypte, a annoncé samedi Le Caire. « Des consultations sont en cours entre les parties qui doivent participer à cette conférence — les pays voisins de l’Iraq, le G8, la Ligue arabe, l’Organisation de la conférence islamique — pour préparer l’ordre du jour et la déclaration qui pourrait en sortir », a déclaré le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmad Aboul-Gheit.

Pour Washington, il s’agit de conforter le processus de transition politique en Iraq, dans la perspective des élections prévues en janvier, mises à mal par la violence. Washington et le gouvernement intérimaire iraqien espèrent ainsi que cette réunion permettra d’associer les voisins de l’Iraq à la stabilisation du pays.

Abir Taleb
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