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Textile .
Depuis le lancement du programme
de privatisation, seules 4 entreprises sur 38 ont été vendues.
Le secteur croule sous les problèmes et le gouvernement tente
de sauver la mise.
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Tardive
restructuration |
| Arrivé il y
a trois mois à la tête du nouveau ministère de l’Investissement,
chargé du secteur public, Mahmoud Mohieddine a une tâche difficile
: activer le programme de privatisation en stagnation depuis
des années et allouer les fonds limités du ministère pour la
restructuration des entreprises. Tous les holdings et entreprises
attendent donc impatiemment d’avoir leur part du gâteau.
En l’espace de deux semaines, il a procédé à deux visites de
l’Entreprise égyptienne du fer et de l’acier et il a demandé
aux différentes entreprises de présenter leurs dossiers techniques
pour décider et choisir les bénéficiaires du « gâteau » en question.
Pour le textile, l’un des secteurs les plus en retard et les
plus endettés du secteur public, le ministre a annoncé l’injection
rapide de fonds destinés à sa restructuration. Il a affirmé
que des investissements de 650 millions de L.E. seront rapidement
injectés pour la modernisation du secteur. Or, ces sommes ne
proviennent pas des fonds du ministère consacrés à la modernisation.
Elles représentent 130 millions de L.E. que Mokhtar Khattab,
l’ex-ministre du Secteur public des affaires, avait déjà allouées
au Holding de filature, de textile et de prêt-à-porter. Outre
un don de 80 millions d’euros, l’équivalent de 600 millions
de L.E., de l’Union européenne qui sera destiné aux indemnités
de licenciement et aux retraites anticipées. Et pour finir,
120 millions qui devraient être investis par deux entreprises
chinoises pour la modernisation de l’usine de polyester de Kafr
Al-Dawwar. Ces sommes donc ne représentent pas de nouveaux fonds
consacrés au secteur.
C’est pour cela
que ces promesses d’injection de fonds ne satisfont pas Mohsen
Gilani, le PDG du Holding de filature, de textile et de prêt-à-porter.
« Le nouveau ministre a dit qu’il allait consacrer des capitaux
au secteur mais jusqu’à maintenant ce sont des promesses »,
dit-il. Il explique que ces sommes promises ne sont pas suffisantes
pour sauver le secteur. « On n’a reçu que 20 % des investissements
qu’on espérait », explique-t-il. Il fait allusion aux 20 millions
de dollars reçus pas le secteur alors que Mokhtar Khattab avait
promis de consacrer 105 millions de dollars à la modernisation.
Il faut dire que
le secteur du textile croule sous les problèmes. Ses pertes
affichées s’élèvent environ à 2,2 milliards de L.E. par an et
les dettes à 13 milliards de L.E. avec des intérêts annuels
de 1,5 milliard de L.E. Une seule entreprise sur les 38 appartenant
à la Holding de filature, de textile et de prêt-à-porter a enregistré
des bénéfices nets en 2003/2004. Douze autres entreprises ont
eu des revenus plus élevés que les dépenses, mais n’ont pas
réalisé de bénéfices à cause des services de la dette. Pour
Mohsen Gilani, une restructuration de ces entreprises est une
priorité car elles pourront se transformer en entreprises bénéficiaires.
De même, leur privatisation pourra être plus facile que des
entreprises complètement perdantes. En fait, de nombreuses entreprises
du secteur engloutissent l’argent du Holding et ne réalisent
pas de bénéfices. Ainsi, Mohsen Gilani juge qu’au moins neuf
entreprises ne peuvent plus être repêchées et méritent d’être
liquidées. « Du point de vue pratique, la seule solution pour
ces entreprises est la liquidation. Le gouvernement n’a pas
annoncé cette solution, mais la restructuration de certaines
entreprises du secteur est quasiment impossible », remarque-t-il.
Omar Abbass, expert en textile et ancien consultant du Holding
de filature, de textile et de prêt-à-porter, partage le même
avis que ce dernier. « Les équipements de ces entreprises sont
usés et leur modernisation coûtera plus que l’achat de nouveaux
équipements qui seront plus efficaces avec une bien meilleure
productivité et une qualité supérieure. Certaines entreprises
ne pourront pas tenir la route », explique-t-il.
Mais les ouvriers
payeront cher les fautes du passé. Selon les responsables, 35
000 ouvriers, soit 30 % de la main-d’œuvre du secteur, sont
en surplus. « Nous leur payons des salaires annuels de 300 millions
de L.E. », assure Mohsen Gilani.
Cette situation
détériorée des entreprises est due à l’arrêt de toute modernisation
des entreprises depuis de longues années. Le gouvernement a
stoppé tout investissement dans le secteur public depuis le
début du programme de privatisation en 1991 et même avant. A
l’époque, on croyait que toutes les entreprises seraient vendues
en quelques années et qu’on n’avait pas besoin de dépenser de
l’argent pour le développement et la modernisation des entreprises
boiteuses. Or, depuis l’entrée en vigueur du programme de privatisation,
seules 4 entreprises du secteur textile ont été vendues, dont
l’une il y a deux mois. Ce qui a obligé le gouvernement à changer
de politique et à investir. Le ministère de Mokhtar Khattab
s’est vu donc obligé de changer de stratégie depuis deux années
et de recourir à la restructuration alors qu’avant, il ne parlait
que de privatisation. « Depuis deux années, nous avons reçu
de nouveaux équipements pour améliorer l’efficacité d’une certaine
phase de la filature, mais les autres étapes de la production
du textile dans toutes les entreprises publiques n’ont pas profité
des investissements depuis 1986 », assure Abdel-Méguid Assal,
PDG de l’entreprise Al-Delta pour le textile et la filature.
Les 650 millions
que propose le ministre de l’Investissement vont-il donc sauver
ce qui peut l’être ou alors est-ce déjà trop tard pour un secteur
qui a fait la fierté de l’Egypte nassérienne ?
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| Marwa Hussein |
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| La
bataille de la compétitivité |
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Le 1er janvier
2005 marquera l’abolition des quotas sur le textile habillement
conformément à une décision prise en 1995 lors du dernier cycle
des négociations à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC).
Une étape qui va sans doute affecter les marchés des pays en
voie de développement, y compris l’Egypte qui bénéficiait de
quotas déterminés sur les marchés des pays développés. Cette
échéance suscite les inquiétudes des pays de la zone Euromed
et de l’OMC qui prévoient un déséquilibre du marché au profit
de la Chine. Au moment de voter cette suppression des quotas,
le poids de la Chine ne semblait pas aussi considérable, ce
pays n’était même pas encore membre de l’OMC, qu’il a rejoint
en décembre 2001.
A cet égard, l’Egypte a participé cette semaine
aux réunions des 147 pays membres de l’OMC à Genève. « L’objectif
était de définir quelles mesures prendre pour aider ceux qui
vont perdre », a expliqué un représentant d’une vingtaine de
pays en développement producteurs de textiles. L’Egypte, comme
tous les autres pays membres de l’OMC, ne bénéficiera guère
de cette libéralisation. Déjà numéro un mondial de l’habillement
avec 28 % du marché mondial, la Chine ne cesse d’augmenter ses
capacités de production dans le secteur du textile habillement,
avec des coûts qui sont parmi les plus bas du monde. Une dure
concurrence donc face à laquelle il faut fourbir ses armes.
Coopération Méditerranée
Ainsi, l’Egypte a participé également la semaine
dernière à la conférence ministérielle euroméditerranéenne en
Tunisie qui avait pour but d’essayer de mettre une stratégie
pour diminuer les dégâts prévus de la suppression des quotas
textiles et de l’invasion prévue des produits textiles chinois.
La position de l’Egypte au cours de cette conférence était la
même. « Nous sommes là pour une coordination entre les pays
la zone euroméditerranéenne », a souligné Rachid Mohamad Rachid,
ministre du Commerce et de l’Industrie. Ces pays se sont mis
d’accord au cours de la conférence sur la nécessité de créer
une zone de libre-échange et d’investissement « pour rester
compétitifs dans le secteur textile et habillement. C’est en
unissant nos forces que nous ferons du 1er janvier 2005 le début
de nouvelles opportunités pour ce secteur industriel important
», a souligné de son côté le commissaire européen au commerce.
Pour le cas de l’Egypte en particulier, c’est
une concurrence rude qui est attendue susceptible de menacer
4 000 entreprises et un million de salariés. Le secteur du textile
en Egypte représente plus de 40 % du PIB et un quart des exportations.
Autre problème auquel fait face l’Egypte est
que ce secteur est mal préparé à cette ouverture. « Seuls les
meilleurs survivront », souligne Adel Al-Ezabi, vice-président
de la cellule exportation de l’Union des chambres de commerce
égyptiennes. En fait, le secteur public qui représente 90 %
du textile hors habillement est particulièrement exposé. Lourdement
endetté, il a accusé un retard considérable sur le plan technologique.
Les industriels égyptiens redoutent aussi la
concurrence sur leur propre marché de l’Inde, du Pakistan et
de l’Indonésie qui se sont mieux préparés qu’eux. Déjà, le marché
égyptien est inondé par les produits textile et de prêts-à-porter.
Ils affirment n’avoir pas eu suffisamment de temps pour s’y
préparer et avoir pâti d’une récession de plusieurs années,
qui ne leur a pas permis de mettre à niveau leur outil de production
pour faire face au choc de la concurrence étrangère.
Pour certains, notamment au secteur privé,
cette ouverture pourrait, cependant, contribuer à l’amélioration
de la qualité du textile égyptien. « La politique protectionniste
à outrance n’a pas favorisé la recherche de la qualité de la
part des industriels », relève un chef d’entreprise. « Nous
ne retrouverons le chemin de la qualité que face à la concurrence
internationale », précise-t-il. Un avis partagé par Achraf Chetta,
propriétaire de Shatex. « Le secteur du textile reste faible
en Egypte et ne va se développer que par l’ouverture à la concurrence
internationale », dit-il.
Enfin, une dernière parade : pour un opérateur
mineur sur le marché mondial du textile et de l’habillement
comme l’Egypte, qui exporte essentiellement vers les Etats-Unis
avec 208 millions de dollars en octobre 2003, l’établissement
d’une zone économique spéciale, Qualifying Industrial Zones
(QIZ) serait bénéfique. Elle permettra un accès au marché américain
avec l’exemption des taxes douanières. C’est une des solutions
pour sortir de cette impasse.
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Ibtessam Zayed |
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