Six mois. Telle aura été la durée
du règne du technicien italien Marco Tardelli sur
la sélection d’Egypte. La Fédération Egyptienne
de Football (FEF) a annoncé lundi dernier la résiliation
du contrat de la légende italienne après un quasi-échec
dans sa mission principale qui était de qualifier
l’Egypte pour la Coupe du monde 2006.
La dernière défaite inattendue
face à la Libye, vendredi dernier à Tripoli à l’occasion
de la cinquième journée des qualifications pour
le Mondial, a réduit en poussière le rêve des Egyptiens
de s’offrir une place parmi les 32 nations d’élite
qui iront en Allemagne. Conséquence : la remise
en cause des capacités de Tardelli à créer la gloire
des Pharaons. De nombreuses critiques lui sont aussi
adressées au sujet de ses conditions de séjour .
La FEF a donc décidé de se débarrasser de son entraîneur.
Mais en contrepartie, elle devra lui verser une
somme de 90 000 dollars prévus dans la clause de
rupture du contrat, en cas de résiliation unilatérale.
En effet, ce dernier avait déclaré qu’il souhaitait
garder son poste et qu’il voulait poursuivre son
objectif : construire une puissante équipe d’Egypte,
capable de remporter la Coupe d’Afrique des Nations
(CAN) 2006.
Essam Abdel-Moneim, président de
la FEF, a annoncé que c’est l’entraîneur adjoint
Ismaïl Youssef qui assurerait l’intérim jusqu’à
la nomination d’un nouveau sélectionneur par le
nouveau conseil d’administration qui sera élu en
décembre prochain. En effet, les qualifications
pour le Mondial ne reprendront que fin mars prochain,
ce qui laisse aux nouveaux dirigeants et au nouveau
cadre technique une large marge de manœuvre pour
faire le bon choix et la bonne préparation.
Une marge de manœuvre dont Tardelli
aurait justement pu bénéficier. Il faut dire que
l’ancien champion du monde 1982 n’a pas eu tout
le temps nécessaire pour préparer l’équipe et favoriser
une adaptation mutuelle avec ses joueurs. En charge
depuis avril 2004, ce dernier avait annoncé qu’il
n’avait aucune idée du football égyptien ni même
africain, mais qu’il espérait pouvoir vite s’y accommoder.
Or, il s’est trouvé immédiatement exposé à la concurrence
avec le début des qualifications pour le Mondial
en mai dernier, dans un groupe qualifié de « groupe
de la mort » comprenant trois champions d’Afrique,
à savoir le Cameroun, la Côte-d’Ivoire et l’Egypte.
Pas de surprise donc de le voir
s’attacher à son poste et refuser de démissionner
en réclamant une vraie chance de pouvoir s’exprimer
avec l’équipe. Une demande qui a été rejetée par
le président de la Fédération et l’Italien sera
forcé de rentrer à domicile.
Mais Tardelli aura de quoi se consoler
: il n’est pas le seul à avoir subi ce triste sort.
Tous les étrangers en Egypte durant la dernière
décennie ont vécu le même drame. Le Roumain Radulescu
(un mois, en 1994), Nol de Ruiter (6 mois, en 1994-1995),
le célèbre défenseur hollandais Ruud Krol (6 mois,
en 1996) et le Français Gérard Gili (3 mois, en
1999-2000) ont tous fait de courts séjours en Egypte
qui ne leur ont pas permis de prouver leurs qualités.
C’est une grave erreur d’appréciation chez les dirigeants
égyptiens qui font appel à ces entraîneurs réputés
pensant qu’ils pourraient réaliser des miracles
en un rien de temps alors qu’ils ignoraient tout
du football égyptien. Ainsi, ils servent de bouc
émissaire à la colère publique après les échecs.
C’est un sujet qui doit être pris
en considération par la nouvelle fédération qui
assumera la lourde responsabilité de la désignation
du nouveau sélectionneur. Ce dernier sera condamné
à remporter la CAN 2006 organisée à domicile qui
apparaît comme la seule consolation possible des
Egyptiens pour leurs échecs consécutifs au Mondial.