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Football . La sélection nationale a perdu 1-2 contre son homologue libyenne, vendredi à Tripoli. Une défaite qui minimise les chances des Pharaons de se qualifier pour le Mondial 2006.
Rendez-vous manqué

Le stade du 11 juin à Tripoli a été témoin vendredi de l’amère défaite (1-2) des Pharaons contre les Libyens, et peut-être de la fin du rêve égyptien de se qualifier pour le prochain Mondial. Le match comptait en effet pour la 5e journée des éliminatoires conjointes qualificatives pour la Coupe du monde 2006 et la Coupe d’Afrique des Nations 2006 (groupe 3).

Suite à cet échec, l’Egypte a été reléguée à la 4e place dans le classement du groupe, avec 7 points derrière la Côte-d’Ivoire (12 points), la Libye (10 points) et le Cameroun (8 points). « La défaite de la sélection est surprenante. Les chances de l’Egypte de se qualifier pour le Mondial ont été très réduites, mais nous n’allons pas prendre de décisions précipitées », explique Mamdouh Abbass, trésorier de la Fédération égyptienne.

Car c’était en effet plutôt une victoire des Pharaons qui était attendue lors de cette rencontre. Les Egyptiens étaient confiants en la capacité de leur équipe de remporter ce match afin de conserver leurs chances dans les qualifications, vu l’énorme différence de niveau qui existe entre les Pharaons, 30es au classement de la FIFA, et les Libyens, qui occupent la 68e place du même classement. Mais les attaquants libyens Nader Kara et Ahmad Osmane ont réduit le rêve égyptien en poussière suite à leurs deux buts (31e puis 84e minutes de la rencontre respectivement). Alors que l’attaquant d’Enppi et de la sélection nationale, Amr Zaki, a marqué l’unique but des Pharaons à la 51e minute. Il s’agit d’ailleurs de son premier but international.

La défaite des Pharaons a suscité une énorme vague de critiques à l’encontre de l’Italien Marco Tardelli, le directeur technique de la sélection égyptienne. Ses erreurs ont commencé par son curieux choix des joueurs convoqués pour cette rencontre. La liste des éléments a témoigné de plusieurs surprises, comme le choix du duo d’Ahli, Rami Adel et Mohamad Abdel-Wahab, absents des rencontres de leur équipe en championnat. Alors qu’en contrepartie, il s’est passé des services de l’attaquant expérimenté de Zamalek et buteur du championnat la saison dernière (20 buts), Abdel-Halim Ali, pour le remplacer par l’attaquant de Moqaouloun (D2 Egypte) Tamer Adel, lequel a intégré les rangs de la sélection pour la première fois. Les cinq occasions franches manquées par les joueurs égyptiens viennent renforcer le manque de sagesse de la décision de l’entraîneur. D’autant plus que l’attaque égyptienne lors de cette rencontre était composée d’Amr Zaki, sélectionné pour la troisième fois, et du milieu d’Ahli, Mohamad Abou-Treika, forcé de jouer en attaque en raison du manque d’attaquants. Ce qui a limité son efficacité.


Vacances successives

Les choix étranges de Tardelli — qui a convoqué le même effectif que la précédente rencontre de l’Egypte contre le Cameroun en septembre dernier — révèlent bien le manque de suivi du technicien des joueurs égyptiens. Ceci s’explique en grande partie par ses vacances prises après chaque rencontre de la sélection.

En effet, l’Italien est rentré en Italie quelques jours après la rencontre de la sélection contre le Cameroun et n’est revenu en Egypte qu’à la veille du début du stage de préparation pour la rencontre avec la Libye. Il n’a même pas eu l’occasion de se pencher sur les joueurs des deux premières journées du championnat national et s’est contenté des rapports remis par ses adjoints.

Tardelli a commis d’autres erreurs dans son choix du 11 de départ. Il a aligné le stoppeur remplaçant d’Ahli, Rami Adel, sur le flanc droit, négligeant ainsi le titulaire des Rouges, Islam Al-Chater, resté sur le banc de touche. Tout comme le défenseur de Genclerbirligi (D1 Turquie), Abdel-Zaher Al-Saqqa, désigné meilleur défenseur en Turquie lors des deux dernières saisons, remplacé par Waël Gomaa (Ahli). Par son étourderie, Gomaa assume la responsabilité du premier but libyen en raison d’une grave erreur de marquage de Kara. Le milieu de Feyenoord (D1 Pays-Bas), Hossam Ghali, a subi le même sort qu’Al-Saqqa.

La mauvaise gestion de Tardelli lors de la rencontre a donc été l’une des raisons majeures de la défaite des Pharaons. Il était évident, pour ceux qui ont suivi les rencontres précédentes de la sélection libyenne, que cette équipe repose principalement sur le milieu, Tareq Al-Tayeb, meneur de Gaziantepspor (Turquie), seule source d’inspiration de l’équipe.

Par conséquent, ce joueur aurait dû être soumis à un sévère marquage. Les observateurs pressentaient pour cette mission le milieu d’Ismaïli et de la sélection nationale, Ahmad Fathi, d’autant plus qu’il connaît bien Al-Tayeb depuis qu’il a réussi à limiter son influence dans le Club Sfaxien (son ancienne équipe) en finale de la Ligue arabe des champions en juin dernier.

Mais le directeur technique des Pharaons n’a pas jugé bon de profiter de son expérience et a laissé le numéro 14 des Verts libre en milieu de terrain. Ce qui lui a donné l’occasion d’offrir les passes décisives qui ont contribué aux deux buts libyens. « Je n’ai pas désigné de joueur pour contrôler Al-Tayeb car le quatuor de la défense était chargé de cette mission. Mais grâce à ses capacités, il a réussi à échapper plusieurs fois à nos défenseurs », explique Tardelli.

La mauvaise gestion du technicien italien risque de lui coûter sa place à la tête du cadre technique de la sélection. Les pressions sont énormes sur la Fédération égyptienne, notamment après la minimisation des chances de l’Egypte de se qualifier pour le Mondial. Pour la majorité des Egyptiens, les résultats de la sélection ne correspondent pas avec le salaire mensuel mirobolant de Tardelli (45 000 dollars). Et ils ont raison, car le bilan de l’Italien avec les Pharaons est négatif et plus que décevant (2 défaites dont une à domicile, deux victoires et un match nul). La nomination d’un nouvel entraîneur ne devrait pas tarder.

Mohamad Mosselhi
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