Les choix étranges
de Tardelli — qui a convoqué le même effectif que la précédente
rencontre de l’Egypte contre le Cameroun en septembre dernier
— révèlent bien le manque de suivi du technicien des joueurs
égyptiens. Ceci s’explique en grande partie par ses vacances
prises après chaque rencontre de la sélection.
En effet, l’Italien
est rentré en Italie quelques jours après la rencontre de
la sélection contre le Cameroun et n’est revenu en Egypte
qu’à la veille du début du stage de préparation pour la rencontre
avec la Libye. Il n’a même pas eu l’occasion de se pencher
sur les joueurs des deux premières journées du championnat
national et s’est contenté des rapports remis par ses adjoints.
Tardelli a commis
d’autres erreurs dans son choix du 11 de départ. Il a aligné
le stoppeur remplaçant d’Ahli, Rami Adel, sur le flanc droit,
négligeant ainsi le titulaire des Rouges, Islam Al-Chater,
resté sur le banc de touche. Tout comme le défenseur de Genclerbirligi
(D1 Turquie), Abdel-Zaher Al-Saqqa, désigné meilleur défenseur
en Turquie lors des deux dernières saisons, remplacé par Waël
Gomaa (Ahli). Par son étourderie, Gomaa assume la responsabilité
du premier but libyen en raison d’une grave erreur de marquage
de Kara. Le milieu de Feyenoord (D1 Pays-Bas), Hossam Ghali,
a subi le même sort qu’Al-Saqqa.
La mauvaise gestion
de Tardelli lors de la rencontre a donc été l’une des raisons
majeures de la défaite des Pharaons. Il était évident, pour
ceux qui ont suivi les rencontres précédentes de la sélection
libyenne, que cette équipe repose principalement sur le milieu,
Tareq Al-Tayeb, meneur de Gaziantepspor (Turquie), seule source
d’inspiration de l’équipe.
Par conséquent,
ce joueur aurait dû être soumis à un sévère marquage. Les
observateurs pressentaient pour cette mission le milieu d’Ismaïli
et de la sélection nationale, Ahmad Fathi, d’autant plus qu’il
connaît bien Al-Tayeb depuis qu’il a réussi à limiter son
influence dans le Club Sfaxien (son ancienne équipe) en finale
de la Ligue arabe des champions en juin dernier.
Mais le directeur
technique des Pharaons n’a pas jugé bon de profiter de son
expérience et a laissé le numéro 14 des Verts libre en milieu
de terrain. Ce qui lui a donné l’occasion d’offrir les passes
décisives qui ont contribué aux deux buts libyens. « Je n’ai
pas désigné de joueur pour contrôler Al-Tayeb car le quatuor
de la défense était chargé de cette mission. Mais grâce à
ses capacités, il a réussi à échapper plusieurs fois à nos
défenseurs », explique Tardelli.
La mauvaise gestion
du technicien italien risque de lui coûter sa place à la tête
du cadre technique de la sélection. Les pressions sont énormes
sur la Fédération égyptienne, notamment après la minimisation
des chances de l’Egypte de se qualifier pour le Mondial. Pour
la majorité des Egyptiens, les résultats de la sélection ne
correspondent pas avec le salaire mensuel mirobolant de Tardelli
(45 000 dollars). Et ils ont raison, car le bilan de l’Italien
avec les Pharaons est négatif et plus que décevant (2 défaites
dont une à domicile, deux victoires et un match nul). La nomination
d’un nouvel entraîneur ne devrait pas tarder.