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Diplomatie . Le président Moubarak a entamé le 11 octobre une tournée européenne axée sur le terrorisme et la situation en Iraq. Lundi, il était à Rome où il s’est entretenu avec son homologue italien, Carlo Azeglio Ciampi. Ce mercredi, le chef de l’Etat doit rencontrer à Paris le président Jacques Chirac.

Front antiterroriste

De notre envoyé spécial —

La situation dans la région est cette semaine au centre d’intenses discussions entre le président Moubarak et plusieurs dirigeants européens. Le chef de l’Etat, qui a entamé le 11 octobre une tournée européenne, est arrivé lundi à Rome où il a rencontré son homologue italien Carlo Azeglio Ciampi. Ce mercredi à Paris, Moubarak sera reçu par le chef de l’Etat français, Jacques Chirac. « Les deux dirigeants évoqueront le conflit israélo-palestinien et la guerre en Iraq, surtout après l’annonce par l’Egypte qu’elle accueillerait le 25 novembre prochain une Conférence internationale sur l’Iraq », affirme l’ambassadeur d’Egypte en France, S.E. M. Hatem Seiffel-Nasr. Moubarak et Chirac avaient déjà évoqué ces deux questions en mars et avril derniers à Paris. Outre ces deux dossiers, c’est de la guerre contre le terrorisme dont il s’agira à Paris à la lumière des derniers attentats à Taba, au cours desquels 32 personnes ont trouvé la mort. Cette question a été également évoquée à Rome. « Le président Moubarak est en Europe pour expliquer à ses dirigeants comment la violence dans les territoires occupés peut aboutir au terrorisme », explique une source diplomatique ayant requis l’anonymat. Selon cette source, l’attentat terroriste de Taba est lié à ce qui se passe dans les territoires palestiniens et en Iraq. « Les actes terroristes qui ont été perpétrés en Espagne, aux Etats-Unis, ou partout ailleurs dans le monde sont le résultat de la violence contre les Palestiniens et les Iraqiens », affirme la même source. L’Egypte cherche donc à convaincre l’Europe de la nécessité de former un front antiterroriste. C’est dans ce contexte que se situe la visite du président à Rome et à Paris. Le président Moubarak a appelé lundi à Rome à un effort collectif pour faire face au terrorisme. « Il faut faire un effort collectif pour mettre fin au désespoir qui alimente le terrorisme », a déclaré le chef de l’Etat à l’issue d’un entretien avec le président Ciampi. « Il fallait mettre fin à la politique de deux poids, deux mesures qui continue à prévaloir dans l’approche de la question », a ajouté Moubarak. Il s’est prononcé pour une approche globale à même de faire valoir la stratégie du dialogue comme alternative au terrorisme. « Il fallait mettre fin à l’occupation des territoires palestiniens et porter la paix, la stabilité et la capacité à s’autogouverner à l’Iraq », a déclaré Moubarak. Le Caire veut relancer sa proposition, présentée le 28 janvier 1986, d’organiser une conférence internationale contre le terrorisme sous l’égide des Nations-Unies. Outre Ciampi et Chirac, le président Moubarak doit s’entretenir également de cette question le 3 novembre prochain en Allemagne avec le chancelier allemand Gerhard Schroeder. « Si le monde entier avait coopéré depuis 1986 pour lutter contre le terrorisme, ce phénomène n’aurait jamais vu le jour », assure Hatem Seiffel-Nasr. Il estime que l’Egypte a une vision profonde concernant le terrorisme. Les dirigeants européens ont fait preuve de compréhension à l’égard des propositions égyptiennes. Carlo Azeglio Ciampi a appelé à « une détermination et une cohésion croissantes dans la lutte contre le terrorisme ». Il a exprimé le souhait que « face à la cruelle offensive terroriste, le dialogue ait le dessus sur la haine et la violence qui menacent le progrès et la stabilité en Méditerranée ». La tournée européenne du président Moubarak intervient au moment où des inquiétudes surgissent sur la scène internationale concernant la tenue de la conférence internationale sur l’Iraq en Egypte, mi-novembre, après l’attentat de Taba. Le président Moubarak n’a pas voulu reporter sa tournée après cet attentat afin d’apaiser la tension des dirigeants européens d’une part, et montrer que l’Egypte est sereine et qu’elle peut sécuriser et défendre son territoire contre tout acte terroriste, d’autre part. Malgré l’inquiétude internationale, l’Egypte a insisté à ce que la conférence sur l’Iraq se tienne sur son territoire. « La conférence se tiendra le 25 novembre en Egypte », a annoncé le porte-parole de la présidence, l’ambassadeur Magued Abdel-Fattah, précisant que des consultations intensives sont en cours pour déterminer le résultat final escompté de la conférence avant sa tenue. Cette conférence sur l’Iraq devra examiner la question épineuse des élections iraqiennes. « Le but de cette conférence est d’aider le peuple iraqien. Les questions politiques, économiques et sécuritaires (...) pour tenir les élections à la date prévue, établir l’unité entre les différentes factions et obtenir le retrait de toutes les forces étrangères d’Iraq », a ajouté le responsable. Pourtant, l’ordre du jour de cette réunion reste un sujet de débat, Paris ayant favorablement accueilli l’idée de la conférence, mais affirmé qu’une telle réunion devrait discuter, outre de la reconstruction et des élections prévues en janvier 2005, d’un programme pour le retrait des troupes américaines du pays et inclure tous les acteurs iraqiens rejetant la violence ou qui feraient le choix d’y renoncer. Cette question figure à l’ordre du jour de la rencontre entre les présidents Moubarak et Chirac.

Le conflit israélo-palestinien est l’autre grand thème de discussion à Paris comme à Rome dans la perspective d’un retrait israélien de la bande de Gaza, prévu en 2005. L’Egypte doit assurer la sécurité de ce territoire après un retrait et la France a souhaité également y avoir un rôle qui reste à définir. Le Caire s’est déclaré prêt à dépêcher à Gaza environ 150 policiers pour une mission de six mois, afin d’organiser une force palestinienne d’environ 30 000 hommes. Dans un premier temps, lors d’une visite au Caire en juin dernier, le chef de la diplomatie français, Michel Barnier, avait déclaré que la France était prête à participer à une présence internationale dans la bande de Gaza après un retrait israélien. La France, comme l’Egypte, insiste pour que ce retrait soit total et constitue une première étape de la Feuille de route.

Chérif Ahmed

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Les pharaons à Paris
Le président Moubarak doit inaugurer aujourd’hui mercredi avec son homologue français Jacques Chirac l’exposition « Pharaon » à l’Institut du monde arabe, à Paris.

A travers les 250 œuvres présentées à l’exposition « Pharaon » à l’Institut du Monde Arabe (IMA) à Paris, le public français aura l’occasion de découvrir à partir du 15 octobre et pendant 6 mois, l’histoire des pharaons. Ces 250 œuvres majeures parmi lesquelles plus de 115 pièces provenant du Musée du Caire datant du Nouvel Empire (vers 1550-1069 av. J.-C.) sont présentées pour la première fois au public français. Ces chefs-d’œuvre reflètent une des plus brillantes périodes de l’Egypte antique. Le reste des pièces proviennent de douze musées internationaux, dont le Louvre. Zahi Hawas, secrétaire général du Conseil Suprême des Antiquités (CSA), parle d’un montant de 1 848 900 dollars pour l’assurance relative aux déplacements de ces pièces de collections en provenance d’Egypte. Pour lui, cette exposition est aussi un moyen d’attirer les touristes français en Egypte.

Les amateurs d’égyptologie découvriront, entre autres, le colosse de Toutankhamon, impressionnante statue de trois mètres de hauteur et pesant près de 4 tonnes. Selon Zahi Hawas, les visiteurs pourront également admirer les objets originaux provenant de la tombe de Toutankhamon et redécouvrir les trésors de Tanis, un des plus grands ensembles de bijoux et d’orfèvrerie jamais exhibé. Il estime à plus d’un demi-million le nombre de visiteurs de l’exposition et à au moins 6 millions d’euros les revenus. « C’est un apport culturel et un gain économique ». L’exposition de l’IMA vise à explorer l’univers des souverains aux pouvoirs surhumains dont le mythe survit encore avec force et vivacité quelque deux mille ans après leur disparition.

Le parcours de l’exposition se propose de retracer les grandes étapes de l’histoire de l’Egypte monumentale, fruit de la puissance des pharaons. En guise d’introduction, l’exposition débute par une galerie de portraits et d’effigies des pharaons dont la personnalité a marqué les différents empires et qui seront réunis là pour la première fois. Six sections regroupent des œuvres du Nouvel Empire. Elles mettent en lumière les diverses facettes du personnage du pharaon, souverain dont la royauté de nature divine est symbolisée par de multiples emblèmes et images, bâtisseur de temples, intercesseur entre les hommes et le divin, symbole de la justice et de la prospérité. Le pharaon est également un chef militaire garant de la sécurité et un guerrier victorieux et un chef d’un Etat hiérarchisé et centralisé.

Ch. A.
 

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